arme (L') de l'intelligence économique (n.2864)
Auteur(s) :
Année d'édition :2004
Réf. :
3303332028641
48 pages, 21x27cm
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Problèmes économiques
No 2.864
8 décembre 2004
DOSSIER : L'arme de l'intelligence économique
Les leçons de l'étranger
Accomex
Jean- Daniel Gardère
Certes, le mouvement de globalisation à l'œuvre tend à gommer la notion de
nations, et partant de frontières. Il reste que « l'effet frontière » subsiste.
L'auteur passe en revue la manière dont l'intelligence économique est mise
selon les pays au service de l'influence. Deux grandes tendances se dégagent. D'une
part, le Policy — mix anglo-saxon avec le modèle dominant et exemplaire
américain et d'autre part, les expériences moins dirigistes et beaucoup plus
informelles pratiquées par l'Allemagne, le Japon, l'Espagne ou encore d'Italie. Ces
dernières attestent que des moyens plus modestes que ceux mis en œuvre par la
première économie mondiale sont loin d'être disqualifiants.
Quelques exemples d'affrontements France — États-Unis
Politique internationale
Ali Laïdi
Au cours des années 1990, l'offensive des sociétés
américaines en direction de la France s'est intensifiée. La CIA (Central
intelligence agency) multiplie ses activités dans les affaires économiques. Des
agences de sécurité sont réorientées vers le renseignement
économique. L'auteur revient sur l'affaire Airbus de 1994 où les
Français se sont fait doubler par les services d'espionnage américains ainsi que
sur l'affaire Thomson CSF. Avant le 11 septembre 2001, les ressources financières de
la CIA consacrées à l'intelligence économique atteignaient 40% de
son budget total? Par ailleurs, toutes les directions d'entreprises américaines de
dimension technologique internationale disposent d'une cellule solide en intelligence
économique ayant fait preuve à de multiples occasions de leur
capacité à s'infiltrer dans des sociétés françaises. Dans
ce contexte, la France paraît quelque peu à la traîne?
Les enseignements de l'affaire Gemplus
Diplomatie
Nicolas Moinet
En 1988, six ingénieurs de Thomson quittent l'entreprise pour tenter l'aventure de la
carte à puce. Le démarrage de Gemplus est foudroyant. Avec la mise sur le
marché financier quatre ans plus tard, d'une partie des actions de la
société française - aujourd'hui Luxembougeoise - le capital de cette
dernière s'ouvre à de nombreux étrangers. Le fonds d'investissement
américain TPG devient ainsi l'actionnaire principal du groupe. En 2002, le leader
mondial des cartes à puces nomme à sa tête un Américain,
administrateur de In-Q-Tel, le fonds de capital-risque crée par la CIA, chargé
de favoriser l'émergence des nouvelles technologies de l'information
intéressant la sécurité nationale. Le savoir-faire de Gemplus
intéresse grandement les Américains. L'auteur montre comment cette affaire
et tant d'autres posent la question de la maîtrise des technologies-clés pour la
sécurité nationale, notamment économique. Face à la
puissance américaine, la France manque de visibilité, et partant, demeure sur
une posture essentiellement défensive.
L'intelligence économique ou l'école de la guerre
Harvard Business Manager
Christian Harbulot
L'auteur montre comment évolue le contenu de l'intelligence économique. La
mise en place d'un système de gestion de l'information performant apparaît
aujourd'hui au cœur du concept. L'émergence, au cours des dix dernières
années, de la société de l'information s'est traduite par une
modification de la nature des affrontements économiques et concurrentiels. Les
attaques par le biais de l'information ont supplanté celles entreprises à travers
le renseignement ou le marketing traditionnel, selon Christian Harbulot. Les campagnes de
déstabilisation d'une entreprise au moyen d'attaques portées contre son image
ont un pouvoir de nuisance important. L'objectif consiste à identifier les failles et les
contradictions d'une entreprise cible, puis à émettre des informations
négatives sur cet adversaire, l'amenant ainsi dans une position où il sera
contraint de se justifier. Les entreprises doivent absolument se doter de moyens
spécifiques pour faire face à cette nouvelle forme de guerre
économique. A cet égard, le modèle français souffre d'un trop
grand colbertisme et d'une culture d'une culture profondément marquée par le
colbertisme et d'une sensibilisation insuffisante aux nouvelle stratégies
développées dans le cadre de la concurrence économique, estime ce
spécialiste en Intelligence économique.
Faible mobilisation des réseaux dans les PME - PMI
Humanisme et Entreprise
D. Phanuel
Dans un contexte où la concurrence se fait plus dure, et à l'heure où
de nombreuses grandes entreprises françaises se sont lancées dans la pratique
de l'intelligence économique, l'auteur s'interroge sur la place de cette activité
au sein des PME - PMI. Le concept de réseau interne (dirigeants, salariés,
experts?) et externe ( acteurs de marché et hors marché?) à
l'entreprise apparaît étroitement lié à celui d'intelligence
économique. D'après la théorie, de nombreux acteurs internes et
externes devraient être mobilisés. Or, les résultats d'une étude
de terrain menée dans un département français montrent que les PME-
PMI utilisent un réseau externe étendu et un réseau interne restreint et
centré sur le dirigeant qui joue le rôle d'acteur pivot.