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Quelle banque après la crise ?

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Année d'édition :2008
Réf. : 3303332029600
48 pages, 21x27cm

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Papier
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Problèmes économiques
No 2.960
10 décembre 2008


DOSSIER :
Quelle banque après la crise ?

Les banques : un secteur frappé par la crise
Conjoncture BNP-Paribas
Laurent Quignon
Le secteur bancaire traverse une crise profonde. Les difficultés qui avaient, dans un premier temps, touché essentiellement les banques américaines, se sont progressivement étendues à l'ensemble du secteur et du monde. Le scénario est partout le même : exposées aux produits structurés à risque, les établissements bancaires sont pris en étau entre l'accroissement des pertes et les fortes tensions sur le marché interbancaire, entraînant partout des problèmes de liquidité. Depuis la faillite de Lehman Brothers, le 15 septembre 2008, la résolution de la crise est guidée par le principe " too big to fail ". Le sauvetage des établissements à court de liquidité a nécessité l'intervention des banques centrales, ainsi que des gouvernements qui ont élaboré des plans nationaux reposant sur des garanties publiques et la nationalisation (totale ou partielle) de certains établissements.

Où en sont les banques françaises ?
La Vie financière
Marie-Jeanne Pasquette
Sur fond de crise de liquidité, le secteur des banques et des assurances a amorcé un vaste mouvement de consolidation. Moins touchés que leurs homologues anglo-saxons, certains établissements financiers français ont néanmoins rencontré d'importantes difficultés, tandis que d'autres ont pu profiter de la crise. Pour l'instant, trois restructurations bancaires ont eu lieu en France avec l'aide des pouvoirs publics : BNP-Paribas-Fortis, Dexia et Natixis-Caisse d'Épargne. En rachetant une partie des activités de Fortis, BNP-Paribas est devenue la première banque de dépôts de la zone euro. Quant à Dexia, elle est renationalisée à hauteur de 52 %, avec les Etats français et belge désormais à parité dans son capital. Enfin, compte tenu des problèmes de la Caisse d'Epargne et de Natixis, les Banques Populaires et les Caisses d'Epargne ont annoncé le rapprochement de leurs organes centraux.

La note des subprimes se règle au guichet
L'Expansion
Marc Michaud
Malmenées sur les marchés, les banques sont obligées de revoir leur business model. Elles redécouvrent les bienfaits de la banque universelle et notamment ceux de la banque de détail. Ainsi, pour se refaire une santé, les banques développent leurs forces commerciales et se focalisent sur des activités à marges élevées, comme les ventes d'assurance. En parallèle, elles élargissent leur offre à des produits et services non financiers, en particulier les services à la personne ou les activités immobilières. L'autre stratégie adoptée pour restaurer les marges consiste pour les banques à limiter certaines activités jugées non rentables (retraits et versements d'espèces au guichet) et à réduire leur exposition au risque (en diminuant notamment les montants autorisés de découvert). Enfin, la concurrence pour attirer la clientèle aisée va s'intensifier à l'avenir avec le risque de voir se développer une banque à deux vitesses (une pour les clients patrimoniaux et l'autre pour la clientèle de masse).




A quoi vont servir les banques d'investissement ?
La Tribune
Patrick Artus
Les banques d'investissement ont été durement touchées par la crise financière de 2007-2008. Jusque-là, leur business model reposait essentiellement sur deux activités : la première consiste à détenir des actifs financés par la dette ou à constituer ce type d'actifs et à les vendre à d'autres investisseurs - ces deux activités utilisant le levier d'endettement -, la deuxième activité est celle du conseil en fusions-acquisitions. Si celle-ci reste fleurissante, la première en revanche est fortement compromise car le recours au levier de l'endettement va être de plus en plus difficile. Dans ce contexte, l'avenir de la banque d'investissement sera davantage dans la transformation de l'épargne et des actifs financiers. Ainsi, un des rôles essentiels de la banque d'investissement sera à l'avenir de rendre possible l'utilisation d'une épargne sans risque pour financer les entreprises, l'autre sera la transformation de l'épargne des grands pays industrialisés en épargne en actions, ainsi que le transfert des revenus des pays d'Asie et des pays producteurs de pétrole vers l'Occident.

Comment encadrer les risques bancaires ?
Conseil d'analyse économique
Jézabel Couppey-Soubeyran
L'évolution de la réglementation bancaire représente un processus discontinu dans lequel alternent les phases d'innovation financière et de contournement des règles. Ainsi, face aux inquiétudes concernant des risques de crédit et les engagements hors bilan, le régulateur a introduit en 1989 une norme de solvabilité, le ratio Cooke, appelé aussi Bâle I. Cependant, celui-ci s'est rapidement révélé insuffisant, notamment face aux mutations de la finance dans les années 1990 (comme l'investissement en titres à compte propre et la création et la revente de produits structurés, en particulier la titrisation). Le régulateur a cherché à améliorer le dispositif en place en proposant un nouvel accord : Bâle II. Ce dernier prévoit une modulation des exigences de fonds propres en fonction de la notation attribuée, des exigences de fonds propres pour certains engagements hors bilan et davantage de transparence dans les opérations de titrisation. Entré en vigueur au Japon en 2007, en Europe au début de 2008 - les Etats-Unis appliqueront l'accord à partir de 2009 -, Bâle II fait aussi l'objet de critiques, car il s'agit seulement d'une recommandation qui ne s'applique qu'aux banques, bien que des risques financiers soient également supportés par d'autres institutions financières.

Les enjeux d'avenir des banques
Option finance
Michel Pébereau
Les banques sont de gigantesques centrales de risques (risque de crédit, de liquidité, risques opérationnels…) qui exigent non seulement une régulation et une surveillance, mais aussi de la discipline et une éthique. La crise actuelle est la conséquence d'une série de dysfonctionnements du système. Les actions d'urgence des banques centrales et des pouvoirs publics ont visé à rétablir la confiance. Mais afin que celle-ci s'installe durablement, d'autres mesures seront nécessaires. Outre le problème de la rémunération de certaines opérations bancaires, les banques devraient s'interroger sur leur portefeuille d'activité et leur politique de risque. Afin de rendre la régulation plus efficace, les pouvoirs de ceux qui en sont chargés devraient être renforcés. Enfin, l'auteur souligne le danger des normes comptables internationales qui, selon lui, ont un effet procyclique.





Egalement dans ce numéro

GOUVERNANCE
Réformer l'ONU : mission impossible ?
Revue française d'administration publique
Jean-Marc Châtaigner
La question de la réforme de l'Organisation des Nations unies (ONU) est rarement évoquée dans les débats nationaux. La marginalisation depuis quelques années de l'institution internationale dans les domaines économiques et sociaux est de plus en plus évidente. Deux rapports, présentés en 2006, ont proposé une révision de la structure de l'ONU qui est inchangée depuis la signature de la Charte régissant l'Organisation, à San Francisco, en juin 1945. Si les intérêts contradictoires entre le Nord et le Sud constituent notamment de sérieux obstacles à la réforme, il n'en reste pas moins qu'en l'absence d'une profonde refonte de la coordination entre les 17 agences spécialisées et les 14 fonds et programmes, le rôle de l'ONU dans la régulation de l'économie mondiale est voué à disparaître.

HISTOIRE ECONOMIQUE
Soixante ans d'économie française : des mutations structurelles profondes
INSEE Première
Gérard Bouvier et Charles Pilarski
Au cours des trente glorieuses, la croissance de l'économie française reposait de façon équilibrée sur la valeur ajoutée dégagée par l'industrie et la construction d'une part, les services d'autre part. Au fil des décennies, la part des services n'a cessé d'augmenter. Au cours des soixante dernières années, l'emploi est devenu majoritairement tertiaire et salarié. Concernant la croissance, le premier choc pétrolier de 1974 marque une véritable cassure. Jusqu'à cette date, celle-ci était plus forte et s'appuyait sur des gains de productivité beaucoup plus soutenus. Dans la période qui suit le premier choc pétrolier, le ralentissement de la productivité s'est transmis aux gains salariaux. Quant au taux de marge des entreprises, il a, sous l'impact des deux chocs pétroliers des années 1970, reculé plus rapidement dans l'industrie que dans les services. Il a ensuite, au cours de la décennie 1980, amorcé progressivement son redressement.

INNOVATION
Brevets : quelles nouvelles stratégies ?
Reflets et perspectives de la vie économique
Nicolas Van Zeebroeck
Le nombre de brevets a, depuis une vingtaine d'années fortement augmenté en Europe. Le volume des éléments nécessaires à la constitution d'un dossier de dépôt a également été fortement accru. Cette évolution reflète-t-elle pour autant le dynamisme de l'innovation ? Il semble qu'elle tende au contraire à provoquer une augmentation du délai moyen de dépôt des brevets. Ce phénomène entraîne, selon l'auteur, une augmentation, de l'incertitude et de l'insécurité juridique pour les entreprises. A terme, on peut redouter que cette évolution ne se traduise par un sous-investissement dans les activités de recherche et développement (R&D) ainsi que dans la commercialisation des brevets.



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