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Faits de société

Les jeunes européens, premières victimes de la crise

Problèmes économiques
N°2972 - 27 mai 2009

Auteur(s) :

Editeur :

Année d'édition : 2009
Réf. : 3303332029723
48 pages, 21 x 27 cm

4,70

 

Problèmes économiques
No 2.972
27 mai 2009


DOSSIER :
Les jeunes Européens, premières victimes de la crise

Les difficultés d'insertion des jeunes sans qualifications s'accroissent
Alternatives économiques
Philippe Frémeaux et Naïri Nahapétian
Si les détenteurs d'un diplôme de niveau bac + 2 continuent à s'insérer rapidement sur le marché du travail, les débutants sans qualifications restent les plus pénalisés par la conjoncture. Les enquêtes Génération du Centre d'études et de recherches sur les qualifications (Céreq) révèlent en effet que 32 % des jeunes sans diplôme étaient au chômage trois ans après la fin de leur scolarité, en 2004, contre 25 % en 1998. L'obtention d'un diplôme semble accélérer l'accès au marché du travail. Les conditions de l'insertion varient toutefois selon le niveau d'études et les filières suivies. Les jeunes issus de formations professionnelles industrielles ont souvent un accès à l'emploi plus rapide mais la stabilité de celui-ci n'est ensuite pas toujours garantie.

Les jeunes diplômés n'échappent pas à la crise…
Enjeux Les Echos
Tatiana Kalouguine
Les jeunes diplômés de l'enseignement supérieur entrés sur le marché du travail au cours des années 2000, après l'éclatement de la bulle Internet, ont été rattrapés par la crise économique. Les contrats à durée indéterminée (CDI) qui leur sont offerts se font en effet de plus en plus rares, les missions proposées ne correspondent pas toujours au cursus suivi et les stages débouchent plus rarement sur une embauche. Cet éloignement prolongé des jeunes diplômés de l'emploi stable risque de les démotiver, d'accroître l'absentéisme ainsi que le free floating (le désir de " zapper " entre plusieurs emplois) et d'affaiblir leurs performances. Ce sort fait aux jeunes recrues est paradoxal car les entreprises sont aujourd'hui vieillissantes. Depuis l'année 2000, l'Union européenne a en effet perdu 2,5 millions d'actifs de moins de 25 ans et ils seront 20 millions de moins en 2025.

Portrait d'une " tiers-jeunesse " précarisée, dominée par les seniors
Vacarme
Entretien avec Louis Chauvel
Les générations se succèdent mais ne se ressemblent pas. La cohabitation des baby-boomers, aujourd'hui âgés de 55 à 65 ans - qui ont grandi dans un contexte de plein-emploi, de boom économique et de libéralisation des moeurs - avec la nouvelle génération, beaucoup plus inquiète quant à son avenir, est, selon Louis Chauvel, maintenue par la domination des premiers sur la seconde, instaurant ce que le sociologue nomme " la paix des vainqueurs ". Mais une fraction de cette nouvelle génération, la plus fragilisée, s'est récemment révoltée en Grèce, en Espagne et en Italie pour dénoncer sa situation de plus en plus précaire. Cette " tiers-jeunesse ", jusque-là réduite au silence, rappelle qu'il est désormais urgent d'affronter la question des générations et de faire de la jeunesse l'objet d'une réflexion et d'un investissement collectifs.

Le " déclassement " des jeunes : crainte individuelle ou réalité sociale ?
La Vie des Idées
Vincent Chabault
La lente augmentation de l'emploi qualifié par rapport à l'offre croissante de diplômés a conduit à une première forme de déclassement : de nombreux jeunes diplômés de l'enseignement supérieur occupent un emploi pour lequel ils sont surqualifiés. A partir de la notion de génération, Camille Peugny, dans son ouvrage Le déclassement (2008), revient sur une deuxième forme de déclassement et compare les situations des jeunes entre eux dans le temps. Ainsi, si les nouvelles générations sont sensiblement plus diplômées que leurs aînés, la dégradation des perspectives de stabilité et de mobilité sociales est beaucoup plus fréquente qu'auparavant. Le déclassement est vécu comme un sentiment d'injustice et de crainte exprimé individuellement et qui renvoie à une réalité sociale vécue par des milliers de jeunes en France et en Europe.

Les jeunes en Europe : des visions contrastées sur l'avenir
Fondation pour l'innovation politique
Olivier Galland
Selon les définitions officielles du Bureau international du travail (BIT) et de l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), la jeunesse désigne les individus âgés de 15 à 24 ans. Cependant, la plupart des enquêtes réalisées auprès des jeunes de divers pays, notamment celle de la Fondation pour l'innovation politique, montrent que les visions sur l'avenir diffèrent selon le milieu culturel, institutionnel et géographique dans lequel l'individu évolue. Si les jeunes partagent généralement un faible sentiment d'appartenance à un même groupe - ici une société nationale - quatre tendances se dessinent en Europe : les pays méditerranéens dans lesquels les jeunes cherchent à échapper aux modèles familial et sociétal traditionnels ; la Russie et l'Estonie où les jeunes aspirent également au changement mais où ils subissent des pressions en faveur du conformisme plus fortes que leurs voisins ; la France, le Royaume-Uni et l'Allemagne où les jeunes sont particulièrement pessimistes et peu confiants dans l'avenir ; enfin, les pays scandinaves dans lesquels au contraire l'optimisme et l'ouverture sur l'extérieur l'emportent.

L'autonomie des jeunes adultes, une affaire d'Etat ?
Informations sociales
Cécile Van de Velde
Les chemins qui mènent les jeunes à l'indépendance sont différents d'un pays à l'autre. Alors qu'en Italie on quitte le foyer parental à 28 ans en moyenne, au Danemark on le fait à 20 ans. Mais quitter ses parents est une chose. Devenir autonome en est une autre. De ce point de vue, en Europe, les politiques publiques consacrées à la jeunesse laissent apparaître de profondes disparités en ce qui concerne les rôles respectifs accordés à la famille et à l'Etat dans la prise en charge financière des jeunes adultes. Le montant des aides de l'Etat est, avec la plus ou moins grande facilité à s'insérer sur le marché du travail, un facteur déterminant de " défamilialisation ". L'auteur propose ici une cartographie des voies conduisant à l'indépendance, dont les clivages ne se réduisent pas aux facteurs financiers mais sont également conditionnés par les héritages culturels et religieux.


Egalement dans ce numéro

MARCHE DU TRAVAIL
Chômage partiel et licenciements économiques
Connaissance de l'emploi - Le 4 pages du CEE
Oana Calavrezo, Richard Duhautois et Emmanuelle Walkowik
Le chômage partiel correspond à la réduction des heures de travail de tous les travailleurs d'une entreprise dont la production a dû être temporairement diminuée. Il permet à une entreprise de réduire son temps de travail ou de suspendre momentanément son activité. Conçu pour éviter les licenciements économiques, le chômage partiel représente un des outils légaux de protection de l'emploi. Face à la crise économique actuelle, le dispositif a été réformé. Dans le passé, l'apparition du chômage partiel était annonciatrice de licenciements, comme le montre une étude empirique récente. Compte tenu de ces observations, les auteurs suggèrent d'inciter les entreprises à profiter de la période de chômage partiel pour augmenter l'employabilité de leurs salariés.


ENVIRONNEMENT
La filière bois en Europe et dans le monde
Responsabilité environnement - Annales des Mines
Daniel Guinard
Les travaux du Grenelle de l'environnement ont placé la filière forêt-bois au centre des enjeux qui permettront de relever le défi du changement climatique. Le bois apparaît comme substance par excellence d'un développement durable, car il est un des principaux matériaux écologiques renouvelables permettant de stocker le carbone absorbé par les forêts. Malgré ces atouts, la forêt, en croissance dans les zones tempérées, continue à disparaître dans les zones tropicales et équatoriales. Dans l'avenir, le développement de plantations d'essences à croissance rapide devrait modifier les circuits d'approvisionnement. En ce qui concerne les utilisations, la demande pour le bois-énergie et le bois-matériau connaîtra une forte croissance.

HISTOIRE ECONOMIQUE
Les économies-monde et leur histoire
Le Débat
Entretien avec Immanuel Wallerstein
Le sociologue américain Immanuel Wallerstein, qui a fondé et dirigé le Centre Fernand Braudel pour l'étude de l'économie des systèmes historiques et des civilisations de l'université de l'Etat de New-York à Binghamton, est considéré aujourd'hui comme l'un des inspirateurs du mouvement altermondialiste. Spécialiste de l'histoire du capitalisme mondialement reconnu, ce grand savant revient sur les concepts de Modern World-System et d'économie-monde qui sont au cœur de son œuvre et constituent la clé de voûte des travaux qu'il conduit depuis plusieurs décennies.



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  • de rendre accessible au plus grand nombre l'information économique et sociale ;
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