Problèmes économiques
No 2.981
28 octobre 2009
Sortie de crise à la chinoise
Les effets pervers du plan de relance chinois
Alternatives internationales
Zhang Hong
Avec la crise économique mondiale, les deux principaux " moteurs " de la croissance chinoise se sont mis à tourner au ralenti. Les exportations vers les marchés occidentaux et les investissements directs étrangers (IDE) en Chine ont en effet tous deux chuté de plus de 20 % au premier semestre 2009. Pour inverser la tendance, le gouvernement a investi quelque 600 milliards de dollars (13 % de son produit intérieur brut - PIB) destinés à la relance de l'économie. Mais ce plan de relance n'est pas sans danger. L'accroissement des dépenses publiques devrait, en effet, selon l'auteur, conduire à un excès d'offre que l'économie chinoise risque de ne pas résorber à court terme. La politique très agressive d'expansion du crédit pourrait en outre, au final, se solder par un important gâchis de ressources.
Crise économique et stabilité sociale en Chine
Lettre du Centre Asie
Hélène Le Bail
Depuis 2008, le climat social en Chine s'est dégradé. Le nombre total de chômeurs a fortement augmenté, surtout dans les villes où il a atteint 11 % au printemps 2009. Les diplômés de l'université de 2008 (12 % sont actuellement sans emploi) et les travailleurs migrants, que l'on estime à environ 130 millions d'individus (16 % d'entre eux sont au chômage) sont les populations les plus touchées. Plusieurs provinces ont rapidement mis en place un certain nombre de mesures pour prévenir d'éventuels mouvements sociaux. La hausse des revenus agricoles a stimulé le retour à la campagne d'un grand nombre de travailleurs migrants au chômage et permis de désengorger les villes. Les bourses à l'emploi locales ont également facilité le retour à l'emploi de plus d'un million d'entre eux.
Heureux comme un consommateur chinois
Topic - HEC Eurasia Institute
Jacques Gravereau et Héloïse Brière
Si les exportations chinoises ont été affectées par la crise économique mondiale qui a réduit les débouchés vers les pays occidentaux, la consommation intérieure, elle, semble pour le moment mieux résister. Les biens de consommation durable (automobile, produits électroniques et de luxe) bénéficient toujours d'une demande soutenue. Mais ils ne sont pas les seuls. Le secteur des services poursuit également son expansion. Les mesures mises en place, dans le cadre du plan de relance, par le gouvernement chinois, comme l'incitation au crédit à la consommation, la distribution à grande échelle de coupons de réduction et les subventions incitant à renouveler les voitures et les appareils électroménagers semblent avoir porté leurs fruits.
Quel rôle pour la Chine dans la quête de la stabilité économique mondiale ?
L'Economie politique
André Grjebine
Jusqu'à ce que la crise survienne, l'économie mondiale reposait sur la dépendance mutuelle entre les Etats-Unis et la Chine. Les consommateurs américains consommaient à crédit grâce à l'épargne chinoise placée dans les bons du Trésor émis par les Etats-Unis. Si cet équilibre s'est avéré instable, il semble cependant qu'il soit appelé à perdurer. Si la Chine se mettait en effet en tête de renoncer à cette dépendance, elle devrait changer son modèle de croissance jusque-là fondé sur les exportations, pour se recentrer sur son marché domestique. Or, l'absence de subventions versées aux chômeurs, aux malades et aux plus démunis constitue un frein au décollage de la demande domestique chinoise. Il semble de surcroît difficile de stopper dans son élan le développement des industries exportatrices, qui sont par ailleurs encore pourvoyeuses d'emplois.
La Chine face aux enjeux du réchauffement climatique
La note de veille
Centre d'analyse stratégique
Les émissions de gaz à effet de serre (GES) de la Chine, qui représentent désormais un quart de celles de la planète, pourraient doubler d'ici à 2030 et ainsi dépasser les quantités maximales fixées à l'échelle mondiale comme objectifs à atteindre d'ici à 2050. La Chine a néanmoins entrepris de réels efforts en matière d'environnement et entend prendre une part active aux négociations lors de la Conférence de Copenhague de décembre 2009 qui devrait constituer une étape importante dans la préparation de l'après-Kyoto. Si l'empire du Milieu, soucieux de préserver sa croissance économique, refuse pour le moment tout objectif contraignant de réduction de ses émissions, il pourrait toutefois accepter de participer au marché mondial de permis négociables d'émissions susceptible d'être mis en place par les pays développés et en transition.
Voiture électrique : le pari " branché " de la Chine
Time Magazine
Bryan Walsh
L'entreprise BYD, premier producteur mondial de batteries électriques et tout nouveau constructeur automobile chinois, dont l'homme d'affaires philanthrope et américain Warren Buffet détient, depuis septembre 2008, 10 % des parts, fait figure aujourd'hui de fer de lance de la Chine en matière de technologies vertes et de transports propres. Les voitures électriques devraient compter pour plus de la moitié du marché automobile en 2020 en Chine. La course à l'automobile électrique a déjà commencé notamment avec les constructeurs américains soutenus par des subventions budgétaires conséquentes.
La Chine sera-t-elle l'hyperpuissance du XXIe siècle ?
Géopolitique
François Lafargue
Le poids gigantesque de la Chine dans l'économie mondiale, en termes démographique, commercial et financier, n'est plus à démontrer. Le centre de gravité de l'économie mondiale se déplace-t-il pour autant vers l'Asie ? Selon l'auteur, la réponse est négative. La Chine n'est tout simplement pas encore prête à rivaliser avec les Etats-Unis. L'empire du Milieu ne devrait pas intégrer, d'ici à 2025, le club des pays riches, selon certains économistes comme Françoise Lemoine, si l'on retient comme critère le produit intérieur brut (PIB) par habitant. Le revenu moyen actuel d'un Chinois n'équivaut en effet aujourd'hui qu'à 18 % de celui d'un Américain. La hausse du coût de la vie et la montée du chômage risquent, en outre, d'aggraver la situation sociale en Chine. Pour des raisons davantage structurelles, le pays devrait également mettre du temps à devenir un foyer d'innovations technologiques, en raison notamment d'un environnement peu propice à l'entrepreneuriat.
EGALEMENT DANS CE NUMERO
MONNAIE ET FINANCE
La crainte du retour de l'inflation
L'Observateur immobilier du Crédit foncier
Eric Buffandeau
Alors que la crise économique mondiale a un temps fait ressurgir le spectre de la déflation, c'est désormais un retour de l'inflation qui est anticipé à moyen terme. Cette dernière pourrait en effet représenter une solution face au niveau très élevé de l'endettement public. Cette anticipation d'un retour de l'inflation se nourrit de la contraction de l'activité qui est finalement un peu plus faible qu'attendu, de la hausse des prix du pétrole et des stratégies de " reflation " adoptées par différents gouvernements, qui vont jusqu'à la monétisation des dettes publiques. Néanmoins, compte tenu de l'ampleur de la récession, la crainte d'un retour de l'inflation reste paradoxale, comme le souligne l'auteur, car la pression à la baisse des prix persiste. Globalement, le risque paraît très exagéré, et cela même à un horizon de cinq ans.
DEVELOPPEMENT
Les investissements étrangers et l'attractivité structurelle des pays du sud de la Méditerranée
Accomex
Marc Lautier
Les performances économiques décevantes des pays du sud de la Méditerranée (PM) depuis une vingtaine d'années sont mises sur le compte de leur insuffisante participation à la dynamique de la mondialisation. Cette marginalisation se traduit par un manque d'attractivité que semble illustrer le niveau relativement limité des investissements directs étrangers (IDE) qui entrent dans ces économies. En réalité, la lenteur de la croissance des PM est, selon l'auteur, surtout due aux faiblesses structurelles de leurs systèmes productifs. La faiblesse des flux d'IDE en serait le symptôme plus que la cause.
ECONOMIES ETRANGERES
Dubaï dans la tourmente
Variances
Elies Chitour
La mise en œuvre du plan stratégique de Dubaï, cité-Etat des Emirats arabes unis, entre 2000 et 2008, a permis à l'économie dubaiote de croître à un rythme de 16 % en moyenne par an, l'un des taux de croissance les plus élevés au monde. En outre, la formation de nombreux clusters, principalement des zones franches, a, en attirant les investissements directs étrangers (IDE), considérablement réduit la dépendance de l'économie vis-à-vis des hydrocarbures dont la part dans le produit intérieur brut (PIB) est passée de 10 à 3 %. Mais ce qui peut apparaître comme un processus de diversification s'avère être en réalité une nouvelle dépendance vis-à-vis, cette fois, de l'immobilier. Certains projets d'investissements atteignent des montants colossaux, jusqu'à 160 milliards de dollars, soit trois fois le PIB de la cité-Etat. Si les succès de Dubaï dans l'immobilier sont incontestables, ils ont fortement contribué à la formation d'une bulle immobilière dont les conséquences risquent d'être, à terme, douloureuses pour l'économie.