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Systèmes financiers

Fin de règne pour le dollar ?

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Année d'édition :2010
Réf. : 3303332029877
48 pages, 21x27cm

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Problèmes économiques
No 2.987
20 janvier 2010

Fin de règne pour le dollar ?


Le dollar face à la crise : un refuge pas très sûr
La Lettre du Cepii
Agnès Bénassy-Quéré
Depuis le début de la crise financière en 2007, le dollar a connu une évolution erratique. Deux phases de dépréciation/appréciation se sont succédé, mais à la fin de 2009, le niveau du taux de change du dollar n'était pas très éloigné de celui du début de la crise. Cette évolution du billet vert a surpris, car la crise qui a débuté aux Etats-Unis, jette un doute sérieux sur la stabilité du système financier et le dynamisme de l'économie américaine. L'observation des composantes de l'offre et de la demande d'actifs en dollar permet de mieux comprendre la situation. Ainsi, si les titres du Trésor américain ont joué leur rôle traditionnel de valeur refuge surtout au début de la crise, les investisseurs internationaux ont nettement réduit leurs placements dans des titres privés américains. En revanche, les Américains ont massivement rapatrié des capitaux. L'évolution future du dollar reste l'une des grandes incertitudes de l'après-crise, même si, compte tenu de la persistance des équilibres de balances de paiement dans le monde, l'hypothèse d'un dollar faible paraît la plus probable.

La versatilité du modèle américain et le dollar
Revue d'économie financière
Jacques Mistral
Dans le passé, on a pu constater une certaine corrélation entre les fluctuations du dollar et le succès du modèle économique américain. Ainsi, on peut formuler l'hypothèse selon laquelle les variations du taux de change du dollar sont le reflet de la versatilité du succès de l'économie américaine et constater que la tendance longue du modèle américain est baissière en raison de l'affaiblissement des paramètres fondamentaux de son insertion internationale. En même temps, les Etats-Unis sont dotés d'une capacité de rebond sans égale qui conduit, en fin de compte, les investisseurs internationaux à miser à chaque fois sur la supériorité du modèle américain. La crise actuelle suggère que nous sommes arrivés à la fin d'un tel cycle et qu'à court et moyen termes, le billet vert restera faible.

Le dollar : pivot du système monétaire international
Géopolitique
Michel Aglietta
Depuis plus d'un demi-siècle, le dollar est le pivot du système monétaire international (SMI). Le fait que le SMI repose sur une devise clé s'explique par les avantages qu'elle procure en termes d'externalités de réseau et de liquidité. Par contre, l'hégémonie du billet vert est contestée par des facteurs qui lui sont propres, mais également par des éléments liés à la construction du SMI. Ainsi, les Etats-Unis ont tendance à créer de la monnaie en fonction de leurs propres besoins qui n'ont aucune raison de coïncider avec ceux du reste du monde. Par ailleurs, le SMI est hétérogène : il est composé de monnaies évoluant dans des systèmes de change fixe ou de change flexible. Cette dernière caractéristique, combinée à la polarisation des déséquilibres financiers (Chine/Etats-Unis), conduit à l'instabilité de l'ensemble du système. La crise actuelle peut avoir une influence positive, car elle a attiré l'attention sur la nécessité de repenser la gouvernance du SMI.

Vers la double guerre des taux de changes
Les Echos
Patrick Artus
La crise économique mondiale semble toucher à sa fin et on discute maintenant des scénarios de sortie de crise. Compte tenu du mouvement de désendettement du secteur privé dans les pays industrialisés, le retour à la croissance ne peut venir ni de leur demande intérieure, ni des exportations vers les autres pays de l'Organisation de développement et de coopération économiques (OCDE), mais plutôt des pays émergents. Cependant, la plupart des pays occidentaux partent avec un handicap en termes de compétitivité dans cette relance des marchés. Cette situation conduit, selon l'auteur, à une double guerre des changes : entre les pays de l'OCDE, d'une part, et entre les Etats-Unis et la Chine ainsi que les pays exportateurs de pétrole, de l'autre.

La fin du dollar n'est pas pour demain
Le Monde
Pierre-Antoine Delhommais
Le dollar est aujourd'hui affaibli par la crise économique et plusieurs pays, dont la Chine, ont exprimé le souhait de le voir remplacé par une nouvelle monnaie internationale. Cependant, il semble qu'il ne s'agisse pas de signes, au moins directs, annonçant la fin du dollar. Aucun signal concret ne laisse présager un tel scénario. Par ailleurs, les nombreux avantages liés à la devise américaine maintiennent le statu quo. Cette inertie du système monétaire international (SMI) est aussi liée à l'absence d'alternatives réalistes : les Droits de tirage spéciaux (DTS) du Fonds monétaire international (FMI) sont loin d'être prêts à devenir une véritable monnaie, le yuan chinois n'est pas convertible, l'euro n'est pas porté par de solides ambitions politiques et un retour vers l'or, personne ne l'envisage.

EGALEMENT DANS CE NUMERO

FINANCE
Comment fonctionne un hedge fund ?
Le Débat
Donald Mac Kenzie
La crise financière de l'automne 2008 a provoqué un regain d'intérêt concernant les pratiques des principaux acteurs intervenant sur les marchés. Parmi ces derniers figurent les hedge funds qui, bien que très souvent décriés dans les médias, n'en restent pas moins relativement méconnus. En 1998 déjà, la faillite du fonds LTCM avait mis en péril le système financier international. La dernière crise en date a provoqué la chute de nombreux hedge funds, mais ceux qui ont survécu à la tourmente vont pouvoir saisir les opportunités offertes par la décision de certaines banques de se désengager du marché des instruments financiers risqués.

MONDIALISATION
La montée du Sud ravive les tensions économiques entre les pays
Accomex
Nicolas Meunier
Si les économies qui répondent au terme générique " Sud " sont très diverses, elles semblent, dans leur ensemble, peser plus lourd dans l'économie mondiale depuis quelques années. Ainsi, le produit intérieur brut (PIB) du Sud représente désormais 30 % du PIB mondial. Le nombre de capitalisations boursières émanant du Sud a, en outre, doublé en dix ans et la part des investissements directs à l'étranger (IDE) réalisés par les pays émergents sur le territoire de leurs semblables représentait, en 2005, 40 % du total des IDE (contre 20 % en 1995). Le poids politique des pays émergents et en développement s'est également accru : le G7 a cédé sa place au G20 et les organisations internationales, comme le Fonds monétaire international (FMI) et la Banque mondiale, ont accepté de revoir la répartition entre leurs membres des quotas de décision. Cette nouvelle configuration géopolitico-économique tend à raviver les tensions entre les pays, notamment entre ceux du Nord et du Sud, ainsi qu'autour des ressources naturelles.

PROTECTION SOCIALE
Agences régionales de santé : vers une meilleure gouvernance du système de santé ?
Droit social
Pierre-Louis Bras
Depuis plus d'une décennie, les réformes mises en œuvre dans le domaine de la santé ont toutes eu pour objectif de modifier la gouvernance du système de soins et d'assurance-maladie. La loi portant réforme de l'hôpital et relative aux patients, à la santé et aux territoires (loi HPST) s'inscrit dans ce processus à travers la création des agences régionales de santé (ARS). Ces dernières visent à rassembler dans un organisme unique, à l'échelon régional, les administrations en charge d'assurer la régulation et la supervision des différentes composantes du système de santé. Pour comprendre les raisons qui ont présidé à la mise en place de cette nouvelle organisation et en saisir les limites, l'auteur resitue la genèse des ARS dans la globalité de l'histoire de la Sécurité sociale.








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