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Communication, médias

Le numérique, créateur d'emplois ?

Problèmes économiques
N°3042 - 25 avril 2012

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Année d'édition : 2012
Réf. : 3303332030422
64 pages, 21 x 27 cm

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Si un géant du numérique comme Apple compte 43 000 salariés aux États-Unis, on en dénombre 20 000 à l’étranger, essentiellement en Chine. Les compétences ainsi que la flexibilité des salariés chinois semblent jouer un rôle décisif dans le choix de la délocalisation des activités de production. Si les start-up de l’industrie numérique continuent aujourd’hui de représenter les deux tiers de la création d’emplois aux États-Unis, l’emploi manufacturier dans ce secteur, n’est que d’environ 166 000 emplois, soit moins que ce qu’il était avant la conception et la fabrication, en 1975, du premier PC.

Les start-up favorisent-elles l’emploi ?
Kauffman Foundation
Dane Stangler et Robert E. Litan
Aux États-Unis, la crise de 2008 est la plus grave en termes d'emplois détruits (plus de huit millions). Si, en janvier 2012, l’emploi non agricole a augmenté de 243 000 postes, la situation demeure inquiétante : selon certains analystes, en effet, le pays devrait créer plus de 263 000 emplois chaque mois pour sortir de l'impasse. Les chercheurs de la Fondation Kauffman se sont intéressés à la nature des entreprises qui embauchent le plus. Jusqu'en 2005, pratiquement toutes les créations nettes d'emplois aux États-Unis provenaient d'entreprises créées il y a moins de cinq ans. Ceci montre qu’au cours de cette période, sans les start-up, les destructions d’emplois auraient été, chaque année, supérieures aux créations. L’étude de la Fondation Kauffman révèle qu’aujourd’hui les jeunes entreprises comptent encore pour environ les deux tiers dans la création d'emplois.

Informatique : délocaliser n’est pas une fatalité
Bloomberg Businessweek
Andy Grove
Selon Andy Grove, ancien président directeur général (PDG) et co-fondateur de l’entreprise américaine Intel, il existe un mythe selon lequel les entreprises innovantes du secteur de l’informatique, considérées comme l’avenir de l’économie moderne, pourraient, à elles seules, régler définitivement le problème du chômage. Or, au cœur de la crise économique, le taux de chômage dans la région de San Francisco, berceau de la Silicon Valley, était plus important que la moyenne nationale. On évalue, en outre, le nombre d’emplois manufacturiers dans l’industrie informatique aux États-Unis à 166 000, soit un niveau inférieur à ce qu’il était avant l’invention du premier PC (personal computer) en 1975. Pourquoi le secteur informatique ne crée-t-il pas plus d’emplois ? L’auteur apporte une partie de la réponse en analysant le rôle négatif joué par la délocalisation des emplois.

L’impact de l’internet sur l’économie française
McKinsey & Company
Si des études, menées notamment par l’Institut national des études économiques (INSEE) et par l’Autorité de régulation des communications électroniques et des postes (ARCEP), ont déjà cherché à mesurer l’impact de l’internet sur l’économie française, aucune d’entre elles n’était parvenue à apporter une vision globale intégrant les effets directs et indirects de l’internet sur les dynamiques de croissance et de développement économiques. C’est chose faite avec le travail mené par McKinsey & Company. L’étude du cabinet de conseil américain montre que l’internet a, en 2010, contribué pour un quart de la progression du produit intérieur brut (PIB) français. En outre, le web a, depuis le début des années 2000, permis la création nette de 700 000 emplois, soit un quart du total. À cela s’ajoutent les emplois indirects et induits. Si, en matière de développement numérique, la France se situe dans la moyenne des pays de l’Organisation de développement et de coopération économiques (OCDE) – au 17e rang –, des progrès sont encore possibles : notre voisin britannique, par exemple, occupe la quatrième place.

Pourquoi Apple ne fabrique pas l’iphone aux États-Unis
The New York Times
Charles Duhigg et Keith Bradsher
« Que faire pour que l’iPhone soit fabriqué aux États-Unis ? », c’est la question qu’avait posée au patron d’Apple, Steve Jobs, début 2011 lors d’une rencontre dans la Silicon Valley, le président américain, Barack Obama. Si le géant informatique américain ne compte « que » 20 000 salariés à l’étranger contre 43 000 aux États-Unis, les Américains se souviennent qu’ils étaient 400 000 à travailler pour le constructeur automobile General Motors dans les années 1950. Sans oublier le nombre d’employés sous-traitants d’Apple qui s’élève à 700 000. L’enquête – ayant fait l’objet d’un article polémique – qu’a menée le New York Times pour comprendre pourquoi l’iPhone n’est pas fabriqué aux États-Unis conduit à penser que le choix de la délocalisation des activités d’assemblage en Chine s’explique avant tout par une recherche de flexibilité plutôt que par un souci de réduction des coûts.

Numérique : la fin des emplois de masse ?
Technology Review
David Talbot
L’automatisation, les nouvelles technologies et l’insertion du numérique dans les processus de production semblent être les principaux facteurs explicatifs du processus de délocalisation. Ce n’est pas la première fois que l’on assiste, dans l’histoire économique, à la destruction de certaines tâches et en contrepartie à la création de nouveaux types d’emplois. Mais cette dynamique de destruction/création n’a, selon une série d’études menées par le Massachussetts Institute of Technology (MIT) dont la Technology Review fait état, jamais été aussi rapide et intense qu’aujourd’hui. La révolution technologique a cela de nouveau qu’elle concerne autant les emplois des classes moyennes que ceux des salariés à bas revenus. Les recherches du MIT montrent également que l’adaptation à ces nouveaux modes de production sera plus longue encore et plus difficile que celle qu’ont nécessitée les précédentes révolutions. Et que les générations à venir n’y sont pas encore préparées…

 ÉGALEMENT DANS CE NUMERO

Carburant cher, un mal nécessaire ?
Lettre de l’OFCE
Céline Antonin
Les prix de l’essence affichent à nouveau des records. Ils ont atteint - et dépassent même - leur pic de 2008. Deux facteurs expliquent l’essentiel de cette hausse : la dépréciation de l’euro par rapport au dollar et l’augmentation des cours du pétrole, accentuée par l’instabilité politique au Moyen-Orient. Mais même en l’absence de ce deuxième facteur géopolitique, les experts estiment que les prix du pétrole devraient rester durablement élevés car ils  sont structurellement orientés à la hausse. Celle-ci aura des conséquences importantes sur le pouvoir d’achat des ménages. Cependant, une baisse des prix des carburants via une diminution des taxes risquerait d’être coûteuse économiquement et écologiquement. La mise en place de mesures transitoires et ciblées comme  les « chèques transports » semble être une meilleure solution.

Marché unique : peut-on aller encore plus loin ?
Lettre du CEPII
Vincent Aussilloux, Charlotte Emlinger et Lionel Fontagné
La crise des dettes souveraines a fragilisé le projet d’intégration européen. Au cours des dernières décennies, grâce au Marché unique, des progrès substantiels ont pourtant été réalisés dans l’intégration des marchés des États membres. Ce processus lancé dans les années 1980 est loin d’être achevé puisque demeurent de nombreuses barrières non tarifaires ainsi que des barrières aux échanges dans le secteur des services. Le modèle de simulation économique utilisé par les auteurs montre que l’élimination de toutes les barrières au commerce subsistant au sein de l’Union européenne (UE) apporterait des gains deux à trois fois supérieurs à ceux déjà obtenus. Si cet objectif reste une hypothèse quasiment irréaliste, il n’en demeure pas moins que la poursuite de l’intégration européenne constitue pour l’UE l’un des principaux leviers de croissance.

Hayek, l’euro ou la concurrence des monnaies
Sociétal
Gérard Dréan
En 1976, le célèbre économiste autrichien Friedrich Hayek s’opposa au projet d’une monnaie européenne unique. Il rédigea en trois semaines un ouvrage intitulé Denationalisation of Money, the Argument Refined,  proposant comme alternative au projet européen la libre concurrence entre monnaies. Hayek imagine un système de monnaies fiduciaires concurrentes, plus souple qu’un système d’étalon-or, mais où la discipline monétaire est garantie par la libre concurrence mieux que par un monopole étatique. À l’heure où d’aucuns se demandent si « la création de l’euro était une bonne idée ? », le livre de Hayek, plus de trois décennies après sa rédaction, retrouve une belle actualité.

 

 

 

 

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Archimag

2012-06-01

«S'appuyant sur une remarquable diversité de points de vue, l'économie numérique s'en trouve efficacement décryptée.»