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Union européenne : politiques communes

Crise de l'euro, regards extérieurs

Problèmes économiques n° 3045

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Année d'édition :2012
Réf. : 3303332030453
64 pages, 21x27cm

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De la Grande récession à la crise de la dette souveraine, puis à celle de l’euro – les crises sont devenues des poupées russes. Le projet phare de l’Europe a ainsi été mis à mal par un ensemble de facteurs : les imperfections institutionnelles de la zone euro, les déséquilibres structurels internes, les erreurs de politiques macroéconomiques - toutes mises en exergue par le retournement du cycle mondial du crédit. Si pour les organisations internationales comme le FMI et l’OCDE, la crise peut être maîtrisée avec les moyens mis en œuvre par les dirigeants européens, les avis de nombreux économistes et éditorialistes étrangers sont nettement plus partagés. Pour certains, l’avenir même de l’euro paraît de plus en plus incertain.

La rançon du succès
Finances et développement
Florence Jaumotte
Au cours des années qui ont suivi son lancement, l’euro a semblé très bien fonctionner. Les réformes lancées avant son entrée en vigueur, puis la suppression du risque de change et la baisse du coût du crédit une fois la monnaie européenne en circulation, ont accéléré l’intégration économique et financière des États membres de la zone euro. Les perspectives de forte croissance dans les pays périphériques ont drainé d’abondants flux de capitaux. Cumulées à la faiblesse des taux d’intérêt, elles ont donné l’impression que certaines économies européennes avaient enregistré des progrès sur le plan structurel. Mais en réalité, les crédits ont essentiellement alimenté des investissements immobiliers et la consommation, stimulant ainsi la demande intérieure et la hausse des salaires. D’importants déséquilibres se sont ainsi créés au sein de l’Union, montrant que la zone euro ne sera pas une union monétaire optimale tant qu’une meilleure surveillance et coordination des politiques économiques ne seront pas réalisées.

Rigueur financière et réformes structurelles
Études économiques de l’OCDE
OCDE
Pour l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), l’origine de la crise de la zone euro se trouve dans l’accumulation de déséquilibres économiques, budgétaires et financiers excessifs et dans le retournement du cycle mondial du crédit. Des mesures décisives ont dû être prises pour stabiliser les marchés de la dette souveraine européenne. L’OCDE salue dans ce contexte la mise en place du Mécanisme européen de stabilité (MSE). Pour les experts du château dela Muette, l’assainissement budgétaire est indispensable et doit s’accompagner d’une politique monétaire accommodante, mais qui continue à préserver la stabilité des prix. Outre la réforme des finances publiques et de la gouvernance économique et financière au sein de l’Union européenne, les chefs d’État et de gouvernement doivent surtout mener d’ambitieuses réformes structurelles. Elles permettront de pallier les nombreuses insuffisances des marchés des biens et services, du travail et des systèmes fiscaux et relanceront ainsi la croissance.

Stiglitz : mettre fin aux politiques d’austérité
Les Échos
Gabriel Grésillon
Pour l’économiste américain Joseph Stiglitz, les réponses apportées par les responsables européens à la crise de la zone euro ne sont pas à la hauteur des problèmes et aggravent la situation plutôt qu’elles ne l’améliorent. La cure d’austérité imposée à la Grèce par l’Union européenne (UE) et le Fonds monétaire européen (FMI) n’a fait ainsi qu’augmenter le poids de la dette et accélérer la récession. À l’échelle de l’UE, l’accent mis sur les politiques de rigueur est en train d’étouffer la croissance. Le "prix Nobel" d’économie préconise plutôt de relever les impôts pour permettre aux États d’augmenter les dépenses afin que s’enclenche un effet multiplicateur. Au-delà de la politique d’austérité, J. Stiglitz voit dans les dérégulations des années 1980 la véritable cause de la crise de la dette souveraine. Repenser l’architecture financière mondiale serait ainsi une condition sine qua non pour résoudre la crise à long terme.

Le grand défi des déficits extérieurs
Financial Times
Martin Wolf
Martin Wolf, éditorialiste au Financial Times, estime que si la première partie de la crise est derrière nous, le pessimisme reste néanmoins de mise concernant l’avenir de l’euro. Il fonde son scepticisme sur l’analyse suivante : quand bien même la zone euro ferait à l’avenir le choix du fédéralisme financier, les déséquilibres structurels au sein de l’Union ne disparaîtront pas pour autant. Cette évolution était pourtant prévisible – les déficits extérieurs enregistrés avant la crise (et non pas les déficits budgétaires comme le veulent les traités en vigueur) étaient de parfaits indicateurs des perturbations. Plus ces déficits perdurent, plus ils façonnent la structure et la compétitivité de l’économie et pèsent ainsi sur l’avenir du continent. Dans ce contexte, l’ajustement par les taux de change étant devenu impossible depuis la création de l’euro, les corrections s’opèrent désormais par le biais des crises économiques et de la faillite des États.

Le problème est autant financier que démographique
The Atlantic
Megan McArdle
Pour sortir l’Europe de la crise, les politiques d’austérité sont insuffisantes si la rigueur n’est pas relayée par la croissance. L’Union européenne est cependant confrontée à un problème particulier : où trouver des moteurs de croissance sur un continent confronté au déclin démographique ? Le magazine américain The Atlantic attire ainsi l’attention sur un problème structurel, celui du vieillissement. Dans tous les pays, les systèmes sociaux sont sous pression. Le dividende démographique des baby boomers étant largement entamé sur le Vieux Continent, l’âge de plus en plus avancé de la plupart des salariés rend difficiles des progrès substantiels de productivité. Il est certes en théorie envisageable qu’un pays enregistre en même temps une diminution de son produit intérieur brut (PIB) global  et une augmentation de son PIB par tête – le bien-être individuel augmenterait ainsi. Le poids considérable de la dette rend cependant cette option très peu probable.

La Chine se tourne vers l’Europe
Real Instituto Elcano
Alicia Sorroza
La Chine entretient depuis longtemps une relation privilégiée avec les États-Unis. L’Europe, quant à elle, ne se trouvait pas vraiment jusqu’à présent au centre des préoccupations des dirigeants chinois. La situation a évolué très rapidement depuis le déclenchement de la crise économique et financière. Les difficultés de la zone euro permettent désormais à l’Empire du Milieu de réduire son exposition à l’économie américaine et  d’accroître son influence en Europe. Outre l’achat d’obligations européennes, la Chine mise surtout sur l’investissement. Pékin qui autrefois s’intéressait principalement aux grands États se tourne aujourd’hui vers les petits pays en difficulté  de la périphérie européenne. De ces nouvelles relations avec l’Europe, la Chine espère obtenir rapidement le statut d’économie de marché et la levée de l’embargo sur les ventes d’armes. En revanche, du côté européen, l’élaboration d’une politique commune vis-à-vis de Pékin devient dans ce contexte de plus en plus difficile.

 ÉGALEMENT DANS CE NUMERO

Augmenter l’impôt sur les hauts revenus ?
Projet
Gaël Giraud et Cécile Renouard
La fiscalité sur les hauts revenus a été l’un des thèmes importants de la dernière campagne présidentielle. Notamment de celle du candidat du Parti socialiste, qui a proposé de créer deux nouvelles tranches d’impôt sur le revenu. L’une concernerait les revenus supérieurs à 150 000 euros annuels et serait associée à un taux d’imposition de 45 %, l’autre les revenus au-delà d’un million d’euros, avec un taux d’imposition de 75 %. Cette réforme ne génère pas énormément de recettes (500 millions au total), mais elle a le mérite, selon les auteurs, d’aller dans le sens d’une réduction des inégalités de revenu. Les deux économistes saisissent l’occasion pour combattre quelques idées reçues, comme celles qui assimilent un taux d’imposition élevé à une spoliation ou qui pointent le risque d’exil fiscal des contribuables les plus fortunés.

Le devenir incertain des théories économiques
Le Débat
Robert Boyer
La revue Le Débat a publié dans son numéro de mars-avril 2012 un dossier intitulé : « La science économique sur la sellette ». Dans ce dernier, plusieurs économistes français  de renom exposent leur vision de l’évolution et de l’avenir des théories économiques. Ainsi, pour Christian de Boissieu, la science économique a besoin d’un véritable aggiornamento, c’est-à-dire d’une mise à jour de son corpus théorique. Jacques Mistral revient, lui,  sur la place prise ces dernières années par la théorie de la finance. Christian Sautter fait, quant à lui, l’éloge des économistes marginaux. Robert Boyer qui avait ouvert le dossier en pointant l’urgence d’une réforme de la discipline répond aux points de vue exposés par ses commentateurs. Pour lui, l’avenir des théories économique et financière est plus que jamais incertain.

Quel coût du travail en France ?
INSEE Première
Dominique Demailly, Diane Marlat et Laurence Rioux
Dans les entreprises de dix salariés et plus de l’industrie et des services marchands, le coût horaire du travail – qui comprend le traitement, les cotisations sociales ainsi que les frais de formation – est, en 2008,  inférieur à 32 euros. C’est dans les activités financières et d’assurance, où la proportion de cadres est forte, qu’il est le plus élevé. En revanche, la main-d’œuvre étant peu qualifiée dans les secteurs de l’hébergement et de la restauration, le coût horaire du travail y est le plus bas. Les écarts entre, d’un côté, l’industrie manufacturière et, de l’autre, les services marchands et la construction, tendent en outre à s’accroître en raison, ces dernières années, d’une augmentation annuelle plus importante du coût horaire du travail dans l’industrie manufacturière.

 

 

 

 

 

 

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