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Vie économique

Bilan de l'économie française 2013

Problèmes économiques
N°3074 - Première quinzaine 10.2013

Auteur(s) :

Editeur :

Année d'édition : 2013
Réf. : 3303332030743
64 pages, 21 x 27 cm

4,70

 

En 2012, avec une croissance nulle, le produit intérieur brut (PIB) a stagné. L’investissement des entreprises s’est inscrit à la baisse et la consommation des ménages a diminué pour la première fois en trente ans. La faiblesse  de l’activité économique a entraîné une dégradation du marché du travail. La réduction du déficit manufacturier a permis de ramener le déficit commercial de la France à – 67,2 milliards d’euros en 2012 contre – 74 milliards en 2011. En dépit d’un effort considérable pour réduire le déficit public, celui-ci n’a baissé que de 0,5 point pour atteindre 4,8 % du PIB. Quant à la dette publique, elle a augmenté de 4 points pour atteindre 90,2 % du PIB.

 

La crise n’a pas fait chuter la fécondité
Population et sociétés
Gilles Pison
Au 1er janvier 2013, la France métropolitaine compte 63,7 millions d’habitants auxquels s’ajoutent 2,1 millions d’habitants des départements d’outre-mer, soit un total de 65,8 millions. Alors que dans la plupart des pays développés, l’incertitude suscitée par la crise économique et la montée du chômage a fait chuter la fécondité, c’est le cas notamment aux États-Unis, la France a échappé jusqu’à présent à ce mouvement général. Passant de 2,02 en 2010 à 2,00 en 2011, la baisse de la fécondité est en effet restée très limitée. Cette évolution s’explique d’une part, par le fait que dans notre pays, la récession a été moins forte qu’ailleurs, l’économie française ayant relativement mieux résisté à la crise que certains de ses voisins. D’autre part, parce que les politiques sociale et familiale ont servi d’amortisseur au choc de la récession.

La dégradation du marché du travail se poursuit
DARES-Analyses
Claude Minni et al
Avec la contraction de l’activité économique, la dégradation du marché du travail  entamée au deuxième semestre 2011 s’est poursuivie en 2012. Plus de 50 000 emplois ont été détruits au cours de l’année en France métropolitaine. Le taux d’emploi des 15-64 ans a cependant augmenté de 0,2 point, s’inscrivant en baisse entre 15 et 54 ans et en forte hausse entre 55 et 64 ans. Le recul de l’emploi en 2012 s’explique d’abord par la perte de 61 000 postes d’intérimaires. Le taux de chômage en augmentation de 0,8 point en un an s’établit à 10,5 % pour l’ensemble dela France (10,1 % pour la Francemétropolitaine).  Avec respectivement, plus de 10 % et 25 %, les taux de chômage des hommes et des jeunes atteignent des pics historiques.

Le PIB stagne, le pouvoir d’achat recule
INSEE Première
Anne-Juliette Bessone, Vladimir Passeron et Hélène Soual
Alors que la croissance économique a été positive en 2011, celle-ci a été nulle en 2012 : en euros constants le produit intérieur brut (PIB) a en effet stagné. L’investissement des entreprises ainsi que leurs stocks ont diminué. Il en a été de même pour la consommation des ménages et cela pour la première fois depuis vingt ans. La demande intérieure étant atone, les importations ont décru tandis que les exportations ont continué de progresser. Le ralentissement des revenus d’activité et du patrimoine a provoqué un recul du pouvoir d’achat du revenu disponible brut des ménages. Quant aux sociétés non financières, leurs taux de marge et d’autofinancement baissent de nouveau.

Le revenu disponible brut des ménages reste stable
Note de conjoncture de l’INSEE
Selon l’Institut national de la statistique et des études économiques (INSEE), après avoir légèrement diminué (- 0,9 %) en 2012, le revenu disponible brut des ménages s’est en 2013 stabilisé, en partie grâce au ralentissement des prix à la consommation. Les revenus d’activité (+ 0,9 % en 2013 contre + 1 % l’année précédente) et les prestations sociales (+ 3,5 % en 2012 contre + 4 % en 2011) ralentissent. C’est le cas également des prélèvements obligatoires (+ 4, 6 % après + 7,4 % en 2011) permettant une légère progression du revenu disponible brut en termes nominaux.

Nouvelle dégradation des transactions courantes
Balance des paiements et position extérieure de la France
Banque de France
Le solde des transactions courantes dela France, qui résulte des flux économiques de biens, de services et de revenus entre résidents et non-résidents enregistre un déficit de 44,4 milliards d’euros soit 2,2 % du produit intérieur brut (PIB) contre 35 milliards (1,8 %) en 2011. Cette situation déficitaire perdure depuis 2005. Contrairement aux années précédentes, la détérioration du solde des transactions courantes en 2012 s’explique notamment par le repli du solde (excédentaire) des revenus. Les échanges de biens ont été plus dynamiques et l’excédent des services a même augmenté. Quant aux flux d’investissement directs, ils se soldent en 2012 par des sorties nettes de 28 milliards et des entrées de 18,6 milliards d’euros, soit une sortie nette de 9,4 milliards d’euros. Ce qui constitue une baisse significative par rapport à 2011.

Réduction du déficit commercial
Le Chiffre du commerce extérieur 2012
DGDDI
L’année 2012 a été marquée par l’essoufflement des échanges. La réduction du déficit manufacturier a permis de ramener le déficit commercial de la France à – 67,2 milliards contre – 74 milliards en 2011. Les contre-performances de l’industrie automobile et des produits agricoles ont affecté les exportations françaises. A contrario, l’industrie aéronautique et spatiale a réalisé des livraisons record, + 18,3 % contre + 0,6 % en 2011. De même, les ventes de produits liés à la santé, en particulier du secteur pharmaceutique ont repris vigoureusement, après un fléchissement l’année précédente. De leur côté, les exportations de produits de l’industrie du luxe sont restées bien orientées. Quant aux importations, elles ne progressent plus que faiblement, en raison du recul des achats automobiles, des produits métallurgiques et de machines et équipements.

Lente poursuite du redressement des finances publiques
Rapport sur la situation et les perspectives des finances publiques
Cour des comptes
Le redressement des finances publiques s’est poursuivi en 2012. Malgré un important effort pour le réduire, le déficit public n’a cependant baissé que de 0,5 point pour s’établir à 4,8 % du produit intérieur brut (PIB). Cette faible amélioration tient surtout à la faiblesse de l’activité économique – la croissance a été nulle en volume – et à l’accroissement de la composante conjoncturelle du déficit. Par conséquent, la dette publique n’a pas pu être stabilisée : elle a même cru de plus de 4 points pour s’établir à 90,2 % du PIB. Cette tendance à la hausse de l’endettement public risque de se reproduire en 2013. En ce qui concerne la ventilation du déficit, ce sont - comme les années précédentes - les administrations publiques centrales qui concentrent l’essentiel du déficit.

 ÉGALEMENT DANS CE NUMERO

Quand la voiture devient contrainte
Revue Projet
Jean-Pierre Orfeuil
La diffusion massive de l’automobile individuelle à partir des années 1930 a structuré l’espace urbain : construction d’hypermarchés en périphérie des villes, de voies à grande vitesse, de parking y compris à proximité des lieux historiques, multiplication des « banlieues-dortoirs », etc. La hausse importante de certaines charges (loyers, transports ou remboursement de prêts immobiliers), l’augmentation des prix pétroliers et la baisse concomitante des revenus ces dernières années constituent un goulot d’étranglement pour un nombre croissant de ménages. Autrefois symbole de liberté, l’utilisation de la voiture devient une dépendance qui rogne le budget des plus modestes. Les considérations écologiques récentes soulignent elles aussi la nécessité d’atténuer les méfaits voire d’imaginer un modèle alternatif au « tout voiture ».

Suisse : un franc succès
Conjoncture BNP Paribas
Catherine Stephan
Au cours de l’année 2011, le franc suisse a connu des variations inhabituelles à la hausse. Malgré les interventions massives de la Banque nationale suisse (BNS), l’appréciation de la monnaie s’est fortement accélérée durant l’été, notamment contre l’euro, pénalisant ainsi fortement les exportations. En septembre 2011, lorsque le franc a frôlé la parité contre l’euro, la BNS a décidé de fixer un taux plancher de 1,20 pour un euro. Dans l’immédiat, la menace de déflation qui planait sur la Suisse s’est éloignée. Mais cette stratégie n’est pas sans risque. Elle entraîne une expansion importante du bilan de la Banque nationale suisse qui expose le pays sur les marchés des changes et des taux. Par ailleurs, la Confédération helvétique s’est davantage liée à la zone euro : fin 2012, elle détenait près de 15 % des réserves de change en euro.

 

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