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Faits de société

Europe : richesse, inégalités et solidarité

Problèmes économiques
N°3076 - Première quinzaine 11.2013

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Année d'édition : 2013
Réf. : 3303332030767
64 pages, 21 x 27 cm

4,70

 

Le contraste entre les difficultés rencontrées par les Européens pour résoudre la crise de la dette souveraine et les richesses de l’Europe peut paraître paradoxal : d’un côté des États surendettés qui menacent l’existence même de la zone euro, de l’autre un continent qui demeure une région très riche avec un niveau de patrimoine privé le plaçant en haut du classement mondial. La crise a permis par ailleurs à l’Union européenne de se renforcer. Grâce au Mécanisme européen de stabilité (MES), l’UE a instauré une nouvelle forme de solidarité financière.

L’Europe demeure le continent le plus riche
Global Wealth Report 2012
Credit suisse
L’Europe est une des régions les plus riches au monde, si l’on prend comme référence la richesse privée. Selon le Global Wealth Report, publié annuellement par la banque Credit suisse, la valeur totale du patrimoine des ménages européens a même dépassé en 2012 – et pour la huitième fois consécutive - celle des autres régions du monde. Cependant, l’écart avec l’Amérique du Nord s’est réduit et atteint le niveau le plus faible depuis 2006. L’Europe continue de devancer l’Amérique du Nord seulement parce qu’elle est plus peuplée. L’ensemble États-Unis et Canada reste en effet la région où la richesse moyenne est la plus élevée au monde. D’autres données confirment la position insolite de l’Europe : non seulement on y trouve le pays comptant le patrimoine moyen le plus important (la Suisse),  mais également les pays ayant connu les plus grandes pertes absolues de patrimoine privé par rapport à 2011 : la France, l’Italie et l’Allemagne.

Répartition de la richesse en Europe
VoxEU.org
Paul de Grauwe et Yuemei Ji
Une étude de la Banque centrale européenne (BCE) publiée en avril 2013 montre des niveaux de patrimoines des ménages très différents selon les États membres de la zone euro. Les ménages les plus riches possèdent en effet jusqu’à huit fois plus que les ménages les plus pauvres. Il apparaît également qu’au sud de l’Europe, parmi les pays qui sont confrontés à de graves difficultés économiques, certains présentent des niveaux de richesses privés souvent élevés, voire supérieurs à la moyenne européenne et plus importants que ceux de l'Allemagne, de la France, de l’Autriche ou des Pays-Bas. En utilisant une définition plus large de la richesse qui englobe également celle des entreprises et de l’État, les auteurs relativisent nettement les données de la BCE et montrent que les pays du centre et du nord de l’Europe sont les plus riches en termes de capitaux par tête.

La solidarité financière face à la crise de l’euro
Notre Europe
Sofia Fernandes et Eulalia Rubio
La question de la solidarité au sein de l’Union européenne (UE) est revenue en force avec la crise de la dette souveraine. Outre les prêts bilatéraux, les pays de l’UE et de l’Union économique et monétaire (UEM) ont mis sur pied trois instruments de solidarité, afin d’aider les pays en difficulté et de garantir une meilleure stabilité financière : le Fonds européen de stabilité financière (FESF), le Mécanisme européen de stabilité financière (MESF) et le Mécanisme européen de stabilité (MES) dont le dernier représente l’instrument permanent de nature intergouvernementale en vigueur depuis 2012. Tous ces dispositifs entraînent des coûts budgétaires auxquelles s’ajoutent les implications potentielles des déséquilibres dans les soldes TARGET2 (le système de paiement et de compensation entre les banques centrales de la zone euro), ainsi que les actions exceptionnelles dela Banque centrale européenne (BCE).

Convergence ou divergence des économiques européennes ?
La note d’analyse du CAS
Mouhamadou Sy
La convergence économique des pays européens est un des objectifs principaux à l’origine de l’Union européenne (UE). Le traité de Maastricht a réaffirmé cette ambition, mais vingt ans après son adoption, la convergence réelle entre les États membres de la zone euro ne s’est pas réalisée selon le scénario initial. Au-delà des effets de la crise des dettes souveraines, on constate une polarisation des activités productives du fait des rendements d’échelle croissants et d’externalités liés à la constitution même du marché unique, ainsi qu’à l’euro. Les fonds structurels, prévus quant à eux pour atténuer les divergences, ont paradoxalement pu accroître l’hétérogénéité en facilitant les échanges des pays du centre avec la périphérie.

Quelle solidarité financière ?
Project Syndicate
Jean Pisani-Ferry
Quatre ans après le début de la crise des dettes souveraines, l’Union européenne ne ressemble plus à celle d’avant la crise. Le principe de la solidarité financière a été adopté et l’union bancaire est en bonne voie. L’Europe s’est ainsi dotée de puissants mécanismes de stabilité. Malgré ces réussites, une question fondamentale n’a pas encore trouvé de réponse: sur quel principe l’Europe va-t-elle baser sa solidarité financière : la mutualisation des dettes et des risques ou la responsabilisation individuelle. Dans ce dernier cas, les États cesseraient de secourir les banques en difficulté pour que cette dette privée ne soit  plus à la charge du contribuable. Tant que l’Europe hésitera entre ces deux approches, l’avenir de l’euro restera incertain.

ÉGALEMENT DANS CE NUMERO

Rémunération du haut management
Le nouvel Économiste
Jacques Secondi
La rémunération des dirigeants d’entreprise est une question particulièrement sensible à laquelle les entreprises  n’ont pas encore apporté de réponses satisfaisantes. Alors que les dirigeants n’engagent pas leur patrimoine dans l’entreprise et ne prennent guère de risque, ils se voient gratifiés d’une rémunération et d’avantages jugés excessifs par l’opinion publique. L’étroite communauté de destin qui lie hauts cadres dirigeants et actionnariat dans les grandes entreprises cotées explique ces dernières années l’évolution du niveau de rétribution des premiers. Donner plus de poids à l’actionnariat en matière de rémunération du haut management selon le principe du « say on pay » qui permet aux actionnaires de se prononcer sur le montant des émoluments du PDG de l’entreprise pourrait faire des émules en France. Ce système est en effet obligatoire dans toutes les grandes entreprises anglo-saxonnes et déjà mis en place dans une quinzaine de pays de l’Union européenne.

Le bien-être progresse-t-il moins vite que le PIB ?
Consommation et modes de vie
Régis Bigot et al
L'indicateur standard utilisé pour la mesure de l'évolution du bien-être a longtemps été le produit intérieur brut (PIB). Devant la montée des critiques contre la tentation de réduire à un simple indicateur économique les multiples dimensions que recouvre cette notion, la commission Stiglitz-Sen-Fitoussi a, en 2009, invité les chercheurs à renouveler leurs approches. Le Centre de recherche pour l’étude et l’observation des conditions de vie (CRÉDOC) s'appuyant sur les données de l'enquête « Conditions de vie et aspirations », qui examine chaque année depuis le début des années 1980 l'évolution des conditions de vie et des opinions des Français, montre, qu'au cours du dernier quart siècle, le bien-être de nos concitoyens aurait finalement augmenté moins vite que le PIB

Les nouveaux défis du trade finance
Accomex
Corinne Vadcar
En dépit des efforts des banques privées, des banques multilatérales de développement et des agences de garanties des exportations, la crise économique et financière de 2007 a fortement affecté le financement du commerce mondial (trade finance) qui a diminué de 22 % entre 2012 et 2013, provoquant par effet de ricochet une forte baisse du volume des échanges commerciaux internationaux (- 69 % sur la même période). Selon l’auteur, le financement du commerce mondial devra également relever certains défis notamment liés à l’application de la nouvelle réglementation bancaire induite par les Accords de Bâle III, à l’insertion des économies émergentes dans le commerce mondial, et à la fragmentation toujours plus accrue des chaînes de valeur mondiales.

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