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Faits de société - Vie économique

Inégalités : quels effets sur la croissance ?

Problèmes économiques
N°3105 - Deuxième quinzaine 02/2015

Auteur(s) :

Editeur :

Année d'édition : 2015
Réf. : 3303332031054
64 pages, 21 x 27 cm

4,90

 

Le creusement généralisé des inégalités de revenu au cours des dernières années  a donné lieu à la publication de nombreux travaux de recherche qui tous cherchent à évaluer les conséquences potentielles pour nos sociétés et nos économies. Une aggravation des inégalités de revenu aurait une incidence négative  sur la croissance à moyen terme. Un nouveau consensus se dessine autour de l’idée que la redistribution n’est pas en soi un frein à la croissance économique.

Les inégalités se creusent dans les pays de l’OCDE
Focus
OCDE
Les inégalités  de revenu n’ont cessé d’augmenter depuis trente ans dans les pays de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), comme le montre une étude récente de Federico Cingano. Les recherches menées par cet économiste de l'OCDE révèlent que la croissance est pénalisée avant tout par les écarts entre les faibles revenus et la moyenne. Le problème ne se situe donc pas au niveau des foyers  les plus pauvres. Ce sont plutôt les 40 % de ménages qui gagnent le moins qui freinent la croissance. Ces derniers tendent en effet à renoncer à financer une éducation de qualité pour leurs enfants  restreignant ainsi leurs chances de mobilité sociale et professionnelle. L'auteur suggère de combiner mesures économiques et lutte contre les inégalités. Il propose également de recourir aux politiques de redistribution qui peuvent être efficaces à condition qu'elles soient centrées sur les publics pertinents.

Redistribution, inégalités et croissance
FMI Staff Discussion Note
Jonathan D. Ostry, Andrew Berg et Charalambos G. Tsangarides
La lecture de la littérature académique en sciences économiques montre que, depuis quelques années, un consensus est en passe de se dessiner autour de l’idée que davantage d’égalité peut contribuer à soutenir la croissance. Ce consensus entre chercheurs ne conduit pas pour autant à plaider la cause de la redistribution. Les inégalités pourraient en effet entraver la croissance parce qu’elles aboutissent précisément à un effort de redistribution par l’impôt. On sait aussi toutefois que certaines dépenses publiques, en particulier les investissements dans les infrastructures, les dépenses de santé, d’éducation ou de protection sociale, sont susceptibles non seulement de favoriser l’égalité mais également la croissance. Cette note rédigée par des économistes du Fonds monétaire international (FMI) analyse simultanément les effets des transferts de redistribution et des inégalités sur la croissance.

Bonnes et mauvaises inégalités
Project Syndicate
Dani Rodrik
La science économique n’est pas une science exacte. Les incertitudes entourant la question de la relation entre la croissance et les inégalités viennent le rappeler à juste titre. Le lien entre l’inégalité et la performance économique semble en effet moins relever de la constance que d’une évolution aléatoire. Dani Rodrik, professeur d’économie à l’université Princeton, regarde ainsi avec autant de méfiance, exemples historiques à l’appui, le nouveau consensus qui émerge aujourd’hui sur les effets néfastes de l’inégalité que le compromis qui longtemps s’était imposé parmi les économistes autour de l’idée qu’il faut sacrifier l’efficacité économique pour parvenir à l’égalité.

À propos du Capital au XXIe siècle
Commentaire
Robert M. Solow
Best-seller aux États-Unis, où il est sorti au printemps 2014, Le Capital au XXIe siècle de Thomas Piketty a suscité, de part et d’autre de l’Atlantique, un débat intellectuel d’une grande intensité notamment dans les cercles académiques américains mais également dans la presse anglo-saxonne. Les titres les plus prestigieux, comme le Financial Times, The Economist ou le Wall Street Journal, ont abondamment rendu compte de l’ouvrage de l’économiste français certainement le plus connu dans le monde aujourd’hui. Robert M. Solow, professeur émérite au Massachusetts Institute of Technology, lauréat du Prix Nobel d’économie en 1987, a de son côté, dans un article publié par le magazine The New Republic, rendu hommage au travail accompli par Thomas Piketty, dont il partage très largement les analyses sur le problème posé par l’aggravation des inégalités, en particulier aux États-Unis depuis les années 1970.

Comment peut-on défendre les 1 % ?
OFCE – Les notes
Guillaume Allègre
À la suite de la crise économique mondiale de 2008, un mouvement baptisé Occupy Wall Street dont l’objectif vise à dénoncer l’explosion des inégalités et la concentration des revenus et du patrimoine, a vu le jour  aux États-Unis. En désaccord avec les mots d’ordre lancés par les activistes de ce mouvement citoyen, Greg Mankiw, célèbre professeur d’économie de l’université Harvard, a présenté dans un article intitulé « Defending the One Percent », paru en 2013 dans le Journal of Economic Perspectives,  les raisons pour lesquelles il juge nécessaire de défendre les fameux 1 %. Greg Mankiw recourt à une théorie de la justice qui met en avant le principe de « l’équité méritocratique » pour défendre les revenus des 1 % et critiquer l’idée de les imposer à des taux qu’il juge confiscatoires.

Les inégalités nous rendent malades
Revue Projet
Richard Wilkinson
L’idée que les inégalités finissaient par bénéficier à l’ensemble de la société a longtemps  imprégné les esprits d’une manière forte. Dans un ouvrage, devenu un best-seller au Royaume-Uni, The Spirit Level (Penguin, 2009),  traduit en 2013 en français sous le titre : Pourquoi l’égalité est meilleure pour tous (Les Petits Matins/Institut Veblen), Richard Wilkinson, professeur d’épidémiologie à l’université de York et Kate Pickett, montrent en s’appuyant sur des données sociales et sanitaires abondantes, qu’au contraire plus une société est inégalitaire, plus elle est malade. Selon Richard Wilkinson, les sociétés les moins inégalitaires sont non seulement en meilleure santé mais elles sont également  plus innovantes.

 ÉGALEMENT DANS CE NUMERO

La religion, un phénomène économique ?
Idées économiques et sociales
Réseau Canopé
Le premier économiste qui aborde la question de la relation entre religion et économie est, au XVIIIe siècle, l’Écossais Adam Smith, dans son célèbre ouvrage Recherches sur la nature et les cause de la richesse des nations (1776). Il faut attendre ensuite plus de deux siècles, dans les années 1990, pour que la religion retrouve une place de choix dans les débats économiques. En revanche, dès le début du XXe siècle, des sociologues, comme Émile Durkheim et Max Weber – auteurs respectivement des célèbres Formes élémentaires de la vie religieuse (1912) et Éthique protestante et l’Esprit du capitalisme (1905) –, se sont emparés du sujet pour mettre en évidence le rôle que jouent les valeurs religieuses sur un certain nombre de comportements économiques. Des différentes analyses existantes sur le lien entre la religion et le développement économique, il ressort que si la religion, en renforçant la confiance entre les individus, favorise le développement économique, elle peut également – lorsque les pressions exercées par les communautés religieuses sont jugées trop fortes – devenir un handicap.

La contrefaçon dans le monde
Accomex
Catherine Quatravaux
La contrefaçon considérait comme un fléau mondial n’a cessé de se développer au cours des dernières années. Ce phénomène atteint désormais une ampleur inédite, se propageant à travers le monde grâce aux nouveaux réseaux de transports et de communication, notamment l’internet. La contrefaçon affecte l’ensemble de l’économie mondiale et a des répercussions considérables  en particulier en matière fiscale, sociale et environnementale.  Les revenus qu’elle génère alimentent abondamment  des réseaux parallèles illicites qui s’organisent au plan international pour la gestion des marchandises contrefaites et le contrôle de leur circulation en dehors de toute légalité.

Les carrières des hommes hauts fonctionnaires
Connaissance de l’emploi
Alban Jacquemart
En dépit du développement des politiques d’égalité qu’illustre le vote de la loi du 4 août 2014 qui vise à combattre les inégalités entre femmes et hommes dans les sphères privée, professionnelle et publique, ces dernières persistent, la fonction publique ne faisant pas exception. Majoritaires au sein de la fonction publique d’État, les femmes n’étaient en 2011 que 26,5 % des cadres à y occuper des fonctions d’encadrement et de direction. Une étude de la Direction générale de l’administration et de la Fonction publique a cherché à mieux mesurer le chemin restant à parcourir sur la voie de l’égalité professionnelle. Il en ressort qu’assumer l’exclusivité des charges familiales et se désinvestir de sa vie professionnelle, sont en effet les conditions nécessaires pour devenir une de ces « femmes exceptionnelles » louées par leur conjoint qui peuvent ainsi satisfaire aux exigences de leur poste.

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