En comparaison internationale, la France a un faible taux d'emploi, et ceci recouvre essentiellement
un «déficit» d'emplois dans les services. En effet, au cours des dernières
décennies, la baisse de l'emploi industriel n'a pas été plus marquée en
France que chez ses partenaires ; en revanche, la création d'emplois dans les services a
été plus limitée. Par ailleurs, l'exemple américain montre que
l'expansion de certains services peut s'accompagner de gains de productivité
élevés. Partant de ces constats, les auteurs nous mènent au cœur des
problèmes de l'emploi. Michèle Debonneuil souligne que les services aux particuliers
sont sous-développés en France alors qu'ils répondent à de nouveaux
besoins, en rapport avec le vieillissement de la population, la généralisation du travail
des femmes, etc. Leur développement à grande échelle est aujourd'hui rendu
possible grâce aux nouvelles technologies de l'information, celles-ci permettant la
création de véritables « plates-formes » où une offre diversifiée peut
être mise en adéquation avec la demande. Il suppose aussi la mise en place de
systèmes de formation adaptées. Il existe là un gisement important d'emplois
productifs. Pierre Cahuc analyse la situation du commerce, de la restauration et de l'hôtellerie. Si
la France avait le même taux d'emploi que les Etats-Unis dans l'ensemble de ces trois secteurs,
elle aurait 3,4 millions d'emplois supplémentaires ; la comparaison avec l'Allemagne aboutit
à 1,2 million d'emplois. La « remise à niveau », compte tenu des
spécificités de ces secteurs, suppose une amélioration du fonctionnement du
marché du travail : allégements de charges plus ciblés, réglementation
de la protection de l'emploi mieux adaptée, encouragement au temps partiel ; mais
également une réglementation plus favorable à la concurrence.