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Accueil > Dossiers > L'abolition de la peine de mort en France > Déclarations de François Mitterrand, Jacques Chirac et Pierre Mauroy

Déclarations de François Mitterrand, Jacques Chirac et Pierre Mauroy

> François Mitterrand
> Jacques Chirac
> Pierre Mauroy

Interview de François Mitterrand, candidat du Parti socialiste (PS) à l’élection présidentielle de 1981, à l’émission "Cartes sur table" sur Antenne 2, le 16 mars 1981

- Extrait -

Pas plus sur cette question que sur les autres je ne cacherai ma pensée. Et je n'ai pas du tout l'intention de mener ce combat à la face du pays en faisant semblant d'être ce que je ne suis pas. Dans ma conscience profonde, qui rejoint celle des églises, l'église catholique, les églises réformées, la religion juive, la totalité des grandes associations humanitaires, internationales et nationales, dans ma conscience, dans le for de ma conscience, je suis contre la peine de mort. Et je n'ai pas besoin de lire les sondages, qui disent le contraire, une opinion majoritaire est pour la peine de mort. Eh bien moi, je suis candidat à la présidence de la République et je demande une majorité de suffrages aux Français et je ne la demande pas dans le secret de ma pensée. Je dis ce que je pense, ce à quoi j'adhère, ce à quoi je crois, ce à quoi se rattachent mes adhésions spirituelles, ma croyance, mon souci de la civilisation, je ne suis pas favorable à la peine de mort.

Conférence de presse de Jacques Chirac, candidat du Rassemblement pour la République (RPR) à l’élection présidentielle de 1981, devant les jeunes, à Paris, le 24 mars 1981

- Extrait -

Mais sur ce point de vue, il est difficile de se prononcer autrement que par des convictions personnelles. C'est pourquoi j'ai indiqué qu'à mes yeux l'important était le sentiment collectif d'une nation à cet égard (...). Et naturellement, on m'a demandé ce que je voterai moi, si un tel référendum était institué. Et jusqu'ici je n'avais pas répondu, considérant que je n'avais pas à influencer qui que ce soit dans un domaine qui relève de la morale de chacun. Mais au fond ce soir, il est naturel, parlant à des jeunes, que je me prononce. Et bien, en effet c'est que, si je ne ferais rien pour influencer quiconque, si je me rallierais naturellement à la décision qui serait prise par la personne France dans ce domaine, moi je voterais contre la peine de mort.

Déclaration de politique générale de Pierre Mauroy, Premier ministre, devant l’Assemblée nationale, le 8 juillet 1981

- Extrait -

Il faudra libérer la justice de l'Etat et la rapprocher des justiciables. Là aussi, l'héritage est lourd. On a assisté au déclin des libertés et de la confiance des Français dans leur justice. Pour la restaurer, le gouvernement engagera une série d'actions. Le 3 juin, il s'est prononcé pour l'ouverture du recours individuel au titre de l'article 25 de la Convention européenne des Droits de l'homme. Il vous présentera au cours de cette session un projet tendant à supprimer la cour de sûreté de l'Etat. (Vifs applaudissements sur les bancs des groupes socialiste et communiste). Il vous proposera de supprimer les tribunaux permanents des forces armées, d'abroger la loi du 2 février 1980 dite "sécurité et liberté" (Vifs applaudissements prolongés sur les bancs des groupes socialiste et communiste) et d'abolir la peine de mort (Applaudissements sur les mêmes bancs). Il présenta à votre vote la réforme tant attendue du Conseil supérieur de la magistrature. (Très bien sur les bancs du groupe socialiste).

Source : La Documentation française.

 

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