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La peine de mort dans le monde

[L'abolition de la peine de mort en France], pour plus d'information, consulter la description longue en dessous de cette illustration

Exécution des "chauffeurs de la Drôme", Valence, le 22 septembre 1909.
© Musée national des prisons

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Si de nombreux États ont aboli la peine de mort, d’autres recourent toujours à la sentence capitale. En 2016, au moins 1 032 personnes ont été exécutées selon Amnesty International. Cinq pays sont responsables de la plupart des exécutions : la Chine, l’Iran, l’Arabie saoudite, l’Irak et le Pakistan. Pour la première fois depuis 2006, les États-Unis ne font plus partie de ce quintet de tête.

La peine capitale pays par pays en 2017

Plus des deux tiers des États dans le monde ont aboli, en droit ou en pratique, la peine de mort. A ce jour, selon le ministère chargé des affaires étrangères, 106 pays ont aboli la peine capitale pour tous les crimes, 7 l’ont aboli pour les crimes de droit commun et 29 respectent un moratoire sur les exécutions capitales, soit 142 pays au total. La peine de mort demeure appliquée dans 57 États et territoires dans le monde.

  • Pays totalement abolitionnistes

Afrique du Sud, Albanie, Allemagne, Andorre, Angola, Argentine, Arménie, Australie, Autriche, Azerbaïdjan, Belgique, Bénin, Bhoutan, Bolivie, Bosnie-Herzégovine, Bulgarie, Burundi, Cambodge, Canada, Cap-Vert, Chypre, Colombie, Congo (République du), Costa Rica, Côte d’Ivoire, Croatie, Danemark, Djibouti, Équateur, Espagne, Estonie, Fidji, Finlande, France, Gabon, Géorgie, Grèce, Guinée-Bissau, Haïti, Honduras, Hongrie, Îles Cook, Îles Marshall, Irlande, Islande, Italie, Kirghizistan, Kiribati, Kosovo, Lettonie, Liechtenstein, Lituanie, Luxembourg, Macédoine, Madagascar, Malte, Maurice, Mexique, Micronésie, Moldavie, Monaco, Mongolie, Monténégro, Mozambique, Namibie, Nauru, Népal, Nicaragua, Niue, Norvège, Nouvelle-Zélande, Ouzbékistan, Palaos, Panama, Paraguay, Pays-Bas, Philippines, Pologne, Portugal, République dominicaine, République tchèque, Roumanie, Royaume-Uni, Rwanda, Saint-Marin, Saint-Siège, Salomon, Samoa, Sao Tomé-et-Principe, Sénégal, Serbie, Seychelles, Slovaquie, Slovénie, Suède, Suisse, Suriname, Timor oriental, Togo, Turkménistan, Turquie, Tuvalu, Ukraine, Uruguay, Vanuatu, Venezuela

  • Pays abolitionnistes pour les crimes de droit commun

Brésil, Chili, Guinée-Conakry, Israël, Kazakhstan, Pérou, Salvador

  • Pays respectant un moratoire sur les exécutions

Algérie, Birmanie, Brunéi, Burkina Faso, Cameroun, Corée du Sud, Érythrée, Ghana, Grenade, Kenya, Laos, Liberia, Malawi, Maldives, Mali, Maroc, Mauritanie, Niger, Papouasie-Nouvelle-Guinée, République centrafricaine, Russie, Sierra Leone, Sri Lanka, Swaziland, Tadjikistan, Tanzanie, Tonga, Tunisie, Zambie

  • Pays appliquant la peine de mort

Afghanistan, Antigua-et-Barbuda, Arabie saoudite, Autorité palestinienne, Bahamas, Bahreïn, Bangladesh, Barbade, Biélorussie, Belize, Botswana, Chine, Comores, Corée du Nord, Cuba, Dominique, Égypte, Émirats arabes unis, États-Unis, Éthiopie, Gambie, Guatemala, Guinée équatoriale, Guyana, Inde, Indonésie, Iran, Irak, Jamaïque, Japon, Jordanie, Koweït, Lesotho, Liban, Libye, Malaisie, Nigeria, Oman, Ouganda, Pakistan, Qatar, République démocratique du Congo, Sainte-Lucie, Saint-Christophe-et-Niévès, Saint-Vincent-et-les-Grenadines, Singapour, Somalie, Soudan, Soudan du Sud, Syrie, Taiwan, Tchad, Thaïlande, Trinité-et-Tobago, Viêt-Nam, Yémen, Zimbabwe

Faits et chiffres marquants sur la peine de mort en 2016

Selon le dernier rapport d’Amnesty International sur la peine de mort publié le 11 avril 2017, au moins 1 032 personnes ont été exécutées dans le monde en 2016. Ce chiffre est supérieur à la moyenne annuelle des dix dernières années, même si les exécutions ont baissé de 37% par rapport à 2015.

En 2016, comme en 2015, le pays responsable du plus grand nombre d’exécutions est la Chine. Cependant les données sur les exécutions dans ce pays étant classées "secret d’État", Amnesty International a décidé de ne pas publier de chiffres estimatifs. L’organisation non gouvernementale (ONG) considère ainsi que les 1 032 exécutions qu’elle a dénombrées au niveau mondial ne reflètent qu’une partie de la réalité de la peine de mort dans le monde car plusieurs milliers d’exécutions secrètes auraient eu lieu en Chine.

Hormis la Chine, quatre pays sont responsables de 87% des exécutions recensées dans le monde. Il s’agit de l’Iran (pour 55%), de l’Arabie saoudite, de l’Irak et du Pakistan.

Les États-Unis, pour la première fois depuis 2006, ne font plus partie de ce quintet de tête. Avec 20 exécutions en 2016, ils se retrouvent au 7e rang du classement d’Amnesty international, derrière l’Égypte. Ce chiffre est le plus faible enregistré depuis 1991. Il s’explique en partie, selon l’ONG, par les recours judiciaires et les difficultés liées à l’obtention des produits chimiques pour les injections létales. Cinq États dans le pays ont procédé à des exécutions en 2016 (contre 6 en 2015), dont la Géorgie et le Texas qui sont responsables de 80% des exécutions recensées.

La situation de la Malaisie et du Viêt-Nam est soulignée dans le rapport 2016. Les exécutions sont classées secret d’État au Viêt-Nam. Amnesty International considère que ce pays fait désormais partie de ceux qui ont exécuté le plus de condamnés depuis 2013.

Au total, 23 pays dans le monde ont recouru aux exécutions capitales en 2016 (contre 40 en 1997). Les modes d’exécution (pendaison, injection létale, peloton d’exécution et décapitation) et les délits passibles de la mort (orientation sexuelle, trafic de drogue, blasphème, crimes de droit commun, etc.) sont variables d’un pays à l’autre. Certains États procèdent à des exécutions en public (Iran et Corée du Nord). D’autres exécutent des personnes qui étaient mineures au moment des faits ou qui souffrent d’un handicap mental ou intellectuel (comme les États-Unis et le Japon).

Si les exécutions au niveau mondial ont diminué en 2016, les condamnations à mort ont en revanche fortement augmenté (près d’un tiers par rapport à 2015). 3 117 condamnations à mort ont été recensées dans 55 pays, un chiffre qui dépasse celui relevé en 2014 (2 466) et qui était déjà le plus élevé jamais enregistré.

En Asie et en Afrique, douze pays connaissent de fortes hausses. Selon Amnesty International, ces hausses s’expliquent, pour certains d’entre eux, par un changement d’attitude des autorités qui s’engagent à fournir des chiffres plus précis que les années précédentes. C’est par exemple le cas de la Thaïlande qui a fait état de 216 condamnations à mort prononcées.

A la fin de l’année 2016, au moins 18 848 personnes dans le monde étaient sous le coup d’une condamnation à mort (dont 2 832 aux États-Unis et 141 au Japon, seuls pays du G8 à pratiquer la peine de mort).

Dans de nombreux pays condamnant ou exécutant à mort, la peine a été prononcée à l’issue d’une procédure non-conforme aux normes internationales en matière d’équité des procès (par exemple aveux extorqués sous la torture).

Réagissant à la publication du rapport d’Amnesty International, le ministère chargé des affaires étrangères a précisé dans un communiqué :
"La France est préoccupée par le grand nombre d’exécutions, notamment en Chine, en Iran et en Arabie Saoudite.
La France rappelle son opposition constante à la peine de mort, en tous lieux et en toutes circonstances.
Elle appelle tous les États appliquant encore ce châtiment injuste, inhumain et inefficace à établir un moratoire en vue d’une abolition définitive, et en particulier les États-Unis à poursuivre le chemin vers l’abolition".

Le 19 décembre 2016, l’Assemblée générale des Nations unies a adopté sa 6e résolution appelant à un moratoire sur le recours à la peine de mort (PDF, 226 Ko).

L’adoption de cette résolution confirme et soutient la tendance mondiale vers l’abolition. Sur les 193 États membres de l’Organisation des Nations unies (ONU), 117 ont voté en faveur de la résolution. Seuls 40 États ont voté contre et 31 se sont abstenus.

Mis à jour le 15/09/2017

 

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