Cinquante ans après le début de la décolonisation, l’Afrique a connu une évolution économique, sociale et technologique considérable. La rapide diffusion du téléphone portable semble aujourd'hui témoigner du chemin parcouru. Mais en même temps le continent africain demeure le plus pauvre de la planète, périodiquement secoué par des crises politiques et des conflits, et rassemblant la plupart des pays les moins avancées (PMA).
Ce dossier s’attache à montrer la réalité africaine du début du XXIe siècle dans l’étendue de ses difficultés, amplifiées par la mondialisation et le changement climatique, mais aussi des espoirs qu’elle porte, à l’image de sa population dont 60 % a moins de vingt ans.
Serge Sur, dans le n° 33 de Questions internationales, pose en ces termes la problématique africaine : « L’Afrique dispose de sa richesse humaine, de sa jeunesse, de ses ressources mal exploitées, des potentialités immenses d’un continent qui est encore à l’aube de son histoire. Elle a déjà, tout au long du XXe siècle, apporté à l’Europe et au monde un enrichissement artistique, et donc intellectuel, considérable. Elle entend aujourd’hui prendre en main ses propres affaires, comme le montre notamment la constitution de l’Union africaine ou ses positions à l’Organisation mondiale du commerce. Il lui reste à trouver, avec la stabilité politique, la clé d’un développement économique et social qui bénéficie à tous ses habitants, et pas seulement à des catégories privilégiées ou à des intérêts extérieurs. »