Carlos Menem

Carlos Menem.

© Ministère des Affaires étrangères

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Après les années de dictature militaire de 1976 à 1983, l'Argentine retrouve un régime démocratique avec l'élection du radical Raúl Alfonsín le 30 octobre 1983.

14 mai 1989
Large victoire du candidat péroniste, Carlos Menem contre Raúl Alfonsín, à l'élection présidentielle. Il impose un plan d'austérité pour tenter de juguler l'inflation (3000%), équilibrer le budget et rééchelonner la dette de la nation.

1990
Vaste programme de privatisations : Entel en juin ; Aerolinas argentinas en juillet ; le pétrole, le réseau routier, la télévision. Des milliers de fonctionnaires sont licenciés.

26 mars 1991
L'Argentine, le Brésil, le Paraguay et l'Uruguay signent le Traité d'Asunción, instituant le Mercosur (Marché commun du Sud), qui entrera en vigueur en 1995.

Avril 1991
La loi de convertibilité instaure la parité peso-dollar. Fuite des capitaux, les riches Argentins placent leur épargne à l'étranger (l'équivalent de la dette du pays).

22 août 1994
Le président Menem fait voter une révision constitutionnelle réduisant le mandat présidentiel à 4 ans et lui permettant de se porter candidat à sa propre succession. Dix ans de démocratie en Argentine.

Décembre 1994
L'hebdomadaire Pagina 12 publie une liste des soixante-dix personnalités faisant l'objet de procédures pour corruption. Les accusations de corruption se multiplient dans l'entourage de Carlos Menem.

10 décembre 1994
Lors du premier "sommet des Amériques", à Miami, les Etats-unis lancent un vaste projet de Zone de libre-échange des Amériques (ZLEA) pour 2005, avec l'ensemble des 34 pays américains, à l'exception de Cuba.

10 janvier 1995
Entrée en vigueur du Mercosur (Marché commun du Sud). Il lance une zone de libre-échange entre l'Argentine, le Brésil, le Paraguay et l'Uruguay.

3 mars 1995
Prêts à l'Argentine : le FMI prête 2 milliards de dollars, la Banque mondiale 1,3 milliard de dollars, la BID (Banque interaméricaine de développement) 1 milliard de dollars.

14 mai 1995
Réélection de Carlos Menem à la présidence de la République, avec 49,98% des suffrages.
Détérioration de la situation économique, politique de privatisations imposée par le FMI.

1996
Crise de confiance due aux vagues de licenciements, aux reculs sociaux. Réformes ultra-libérales visant à réduire les dépenses publiques, à augmenter les recettes fiscales, à renégocier un crédit auprès du FMI, le 12 avril 1996.
Mécontentement des Argentins et mobilisation des syndicats.

Octobre 1997
Crise sociale, manifestations contre le gouvernement. Le taux de chômage atteint 17,3%. Aux législatives partielles du 26 octobre, le Parti justicialiste de Carlos Menem perd la majorité au Congrès.

Janvier 1999
Crise du real brésilien, dépréciation de la monnaie du premier partenaire commercial de l'Argentine.

Avril 1999
Nouveau plan d'austérité, en accord avec le FMI.

24 pctobre 1999
Election présidentielle, Fernando de la Rúa, coalition de centre-gauche, est élu avec 48,7% des voix.

12 novembre 2000
Plan d'austérité drastique.

Janvier 2001
Le gouvernement argentin obtient des aides globales atteignant 39,7 milliards de dollars, soit 14 milliards du FMI, 5 milliards de la Banque mondiale et 20 milliards du secteur privé.

Mars 2001
Démission du gouvernement, nomination de Domingo Cavallo (à l'origine de la loi de convertibilité de 1991) au ministère de l'économie. Dégradation de l'économie, aggravée par l'épizootie de fièvre aphteuse (l'Argentine est le 5ème exportateur mondial de viande). Plan de redressement économique (loi de compétitivité du 23 mars).

30 juillet 2001
Politique et loi du "déficit zéro". La dette extérieure atteint 141 milliards de dollars. Le chômage touche 18,3% de la population en octobre, 14 millions de démunis sur 36 millions d'habitants.

Novembre 2001
7ème plan d'austérité en trois ans, une dette extérieure de 132 milliards de dollars, l'Argentine s'enfonce dans la crise.

La crise argentine : 2001-2003

Décembre 2001
Le 1er, limitation des retraits bancaires des particuliers, "el corralito", à 250 dollars par semaine.
Le 5, le FMI refuse à l'Argentine un prêt de 1,3 milliard de dollars.
Emeutes, pillages, état de siège déclaré le 19.
Les manifestations des 19 et 20 font trente-deux victimes.
Démission du ministre de l'économie Domingo Cavallo le 20.
Démission du président Fernando de la Rúa le 21 et nomination à la Présidence de Rodriguez Saà, qui démissionne le 31.

2 janvier 2002
Eduardo Duhalde est élu président par le Congrès.

6 janvier 2002
Loi d'urgence économique : dévaluation du peso (-20%). Suppression de la parité peso-dollar. Instauration d'un double taux de change, l'un officiel à 1,40 peso pour 1 dollar et l'autre libre.

3 février 2002
Plan économique anti-crise. Le gouvernement d'Eduardo Duhalde prévoit le rétablissement du peso en tant que monnaie nationale, le flottement de la monnaie, l'assouplissement des restrictions bancaires instaurées en décembre 2001.

5 mars 2002
Budget d'austérité approuvé par le Congrès. Il prévoit un déficit de 3 milliards de dollars. Eduardo Duhalde espère une aide du FMI de 20 à 25 milliards de dollars.

3 avril 2002
Domingo Cavallo, ancien ministre de l'économie, est placé en détention, pour une affaire de ventes d'armes, comme Carlos Menem en novembre 2001, pour les mêmes faits.

23 avril 2002
Le ministre de l'économie, Jorge Remes Lenicov, démissionne. Les négociations avec le FMI, le G7 et la Banque mondiale échouent. Le pays s'enfonce dans la récession pour la 4ème année consécutive.

2 décembre 2002
Levée des restrictions bancaires ou "corralito" mises en place en décembre 2001 pour freiner la fuite des capitaux argentins.

16 janvier 2003
Accord transitoire entre l'Argentine et le FMI ; il porte sur l'octroi d'un crédit de 2,9 milliards de dollars et sur le rééchelonnement de la dette, soit 6,6 milliards de dollars d'ici août 2003.

Nestor Kirchner

Nestor Kirchner.

© Presidencia de la Nación Argentina

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27 avril 2003
Election présidentielle : à l'issue du premier tour, l'ex-président Carlos Menem recueille 24,4% des voix. Nestor Kirchner, péroniste de gauche et gouverneur de la province de Santa Cruz obtient 22,24%. Après le désistement de Carlos Menem du second tour prévu le 18 mai, Nestor Kirchner est élu président et prend ses fonctions le 25 mai.

11 juin 2003
Voyage officiel du président Kirchner au Brésil. Les deux présidents annoncent leur intention de créer un parlement pour le Mercosur.

23-24 juin 2003
Visite du directeur général du FMI, Horst Köhler. L'accord de janvier entre le gouvernement argentin et le FMI arrive à échéance le 31 août 2003. La négociation d'un nouvel accord est envisagée avec le gouvernement de Nestor Kirchner.

12 août 2003
Vote par le Congrès du projet de loi sur l'annulation des lois de "point final" et de "devoir d'obéissance". Adoptées en 1986 et 1987, elles empêchaient les poursuites judiciaires pour les violations des droits de l'homme commises sous la dictature militaire de 1976 à 1983. Le texte est à son tour approuvé par le Sénat le 21 août.

14 septembre 2003
Elections locales. Anibal Ibarra, péroniste, est réélu à la tête de la municipalité de Buenos Aires. Felipe Sola, péroniste également, est confirmé à son poste de gouverneur de la province de Buenos Aires. Ces deux scrutins renforcent le président Nestor Kirchner dont la légitimité restait entachée par sa médiocre élection de mai 2003, où il n'avait remporté que 22% des suffrages après la défection de Carlos Menem.

20 septembre 2003
Accord entre l'Argentine et le FMI. Il doit permettre de financer pour les trois années à venir la dette de 15 milliards de dollars de l'Argentine envers les institutions de crédit multilatérales. Il prévoit également un engagement de l'Argentine à porter son excédent budgétaire à 30% en 2004. Le 22 septembre, le ministre de l'économie Roberto Lavagna annonce un plan de restructuration équivalent à une réduction de 75% du stock de sa dette.

19 novembre 2003
Le gouvernement argentin annonce le non-remboursement des emprunts d'Etat contractés par des milliers d'épargnants étrangers, principalement européens dont une majorité d'Italiens.

Manifestattion contre le non-remboursement des emprunts d'Etat

Novembre 2003
Réapparition des "piqueteros", ces milliers de pauvres et de chômeurs qui coupent les routes pour exiger du travail et du pain. Ce mouvement est apparu en 1996 pour protester contre la politique ultra-libérale du président Carlos Menem ; la privatisation de la compagnie pétrolière nationale YPF (Yacimientos petroliferos fiscales) avait alors jeté à la rue des milliers de travailleurs. Ces manifestations se multiplient et sont souvent durement réprimées.

3 décembre 2003
Négociations sur la dette privée à New York. Le secrétaire argentin aux finances, Guillermo Nielsen, rencontre l'ensemble des créanciers privés de son pays. Ces derniers demandent à l'Etat argentin de réduire la valeur faciale de sa dette de 35% et non de 75% comme l'avait proposé le président Kirchner à Dubaï lors de l'assemblée générale du FMI en septembre 2003.

10 janvier 2004
Le président Kirchner réaffirme, avant son départ pour le sommet des Amériques à Monterey, que l'Argentine ne modifiera pas son offre vis-à-vis de ses créanciers. Face au redressement de l'économie argentine, le FMI souhaite que Buenos Aires consacre une partie de ses rentrées fiscales 2004 à améliorer son offre sur la dette, tout en maintenant le versement de 3 milliards de dollars à l'Argentine en mars.

10 mars 2004
L'Argentine accepte de payer l'échéance de 3,1 milliards de dollars due au FMI, permettant au pays d'éviter d'entrer en défaut de paiement.

14 janvier 2005
Restructuration de la dette privée. Le ministre argentin de l'économie Roberto Lavagna annonce aux créanciers privés la somme envisagée pour le remboursement de leurs prêts : environ 35% de ce qui est dû, notamment aux 400 000 porteurs de titres italiens. La dette privée argentine est composée de 152 obligations distinctes, émises en 14 monnaies différentes et répondant à 8 législations, pour un montant de 81 milliards de dollars impayés depuis 2001.

25 février 2005
Fin du moratoire sur la dette privée argentine. Les trois quarts des détenteurs d'obligations, essentiellement des petits épargnants dans le monde entier, acceptent d'être remboursés à un taux très faible (0,32 dollars pour 1 dollar prêté); la restructuration de la dette privée argentine est un succès politique pour le président Nestor Kirchner.

Mis à jour le 25/02/2005

 

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