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Baisse de l'aide publique au développement (APD)

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Baisse de l'aide : état des lieux

Selon James Wolfensohn, président de la Banque mondiale, "un monde où l’aide publique, à 56 milliards de dollars par an, est au plus bas niveau depuis quarante ans, alors que les pays riches dépensent 300 milliards en subventions à leur agriculture et 600 milliards pour leur défense, est "un monde sans équilibre" (Assemblée annuelle de la Banque et du FMI, Dubaï, septembre 2003).

Montant net de l'aide publique au développement reçue, par région, en 1990 et 2001 (en dollars de 2000)

Région Par habitant des régions destinataires Par habitant des régions destinataires En pourcentage du PIB En pourcentage du PIB
  1990 2001 1990 2001
Total pays en développement 15 10 1,61 0,81
Pays les moins avancés 33 20 12,92 8,45
Pays arabes 59 18 2,85 1
Asie de l'Est et Pacifique 5 4 0,77 0,32
Amérique latine et Caraïbe 13 12 0,48 0,32
Asie du Sud 6 4 1,18 0,84
Afrique subsaharienne 34 21 6,13 4,55
Monde 14 10 1,28 0,77

 

Source : OCDE, Comité d'aide au développement, 2003

Cependant, alors que l’économie mondiale tourne au ralenti, et malgré les bonnes intentions affichées depuis trois ans par les bailleurs de fonds, l’aide au développement est de plus en plus concurrencée par la lutte contre le terrorisme international et les dépenses militaires.
Le secrétaire général de l’ONU, Kofi Annan, a pour sa part dressé un vif réquisitoire fin octobre 2003, devant l’Assemblée générale des Nations unies, concernant les promesses non tenues au moment où le VIH-sida touche 40 millions de personnes, dont 26,6 millions en Afrique subsaharienne, et où l'Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l'agriculture (FAO) estime que la faim dans le monde regagne du terrain.
Il a affirmé que l’APD demeurait insuffisante pour atteindre les objectifs de développement du Millénaire et les engagements de la Conférence de Monterrey de mars 2002 sur le financement du développement, malgré un léger accroissement, avec 57 milliards de dollars en 2002, contre 52 milliards de dollars en 2001.
Il a constaté que le transfert net de ressources en 2002 s’était effectué, pour la sixième année consécutive, au bénéfice des pays développés et non des pays en développement, atteignant le niveau record de 200 milliards de dollars.

Pour en savoir plus

> La Conférence des Nations unies sur le financement du développement, Monterey (Mexique), 18-22 mars 2002

> le site du Comité d'aide au développement (CAD) de l'OCDE

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Critiques de l'aide publique au développement

L'aide publique au développement a été mise en place afin de permettre l'accompagnement de la période de décolonisation, puis de la guerre froide. La fin de la guerre froide verra la diminution de l'aide publique au développement, qui n'avait cessé de croître de 1945 à 1990. Elle n'est plus, en effet un enjeu géostratégique, ni pour l'Est, ni pour l'Ouest.
A partir de 1992, le montant des flux de capitaux privés dépasse celui des flux de capitaux publics, mais se dirigent principalement vers les pays dits "émergents", et pour une bonne part, sous forme de capitaux à court terme.
Face à cette baisse ou au mieux cette stagnation de l'aide, un débat sur son efficacité a été lancé.
La Banque mondiale tente de donner une nouvelle légitimité à l'aide publique, basée sur une sélection des "bons élèves", et qui étendrait la "conditionnalité" du champ économique à de nouveaux domaines : l'environnement, la "gouvernance", la gestion sociale....

"C’est la récupération des critiques faites aux institutions, notamment à la Banque mondiale, qui a été à l’origine de l’institutionnalisation de nouvelles formes de conditionnalités.
Ces critiques concernent la protection de l’environnement, les aspects sociaux et les conditions politiques de l’ajustement. (...)
- Si des projets sont trop polluants, ils mettent en cause la viabilité de la planète et s’ils se traduisent par des déplacements forcés de populations, ils deviennent source de contestations. Les organisations multilatérales devront donc s’attacher à ne financer que les projets respectueux de l’environnement local, géographique, humain, et mondial.
- Si l’ajustement à moyen-long terme se fait au détriment des populations les plus pauvres, un trop grand déficit social peut créer les conditions d’une remise en cause des programmes structurels. Devraient être aidés en priorité les gouvernements qui font l’effort de se préoccuper des conditions sociales de leur population, en établissant par exemple des filets de sécurité pour des populations cibles particulièrement touchées par l’ajustement, et qui portent attention aux questions relatives à l’éducation, à la santé.
- Enfin, si le pouvoir en place laisse peu de place à la démocratie, aucun consensus politique n’est possible pour un ajustement et un développement à long terme. Ne devraient être favorisés que les pays qui respectent ce consensus démocratique."

Source : Chavagneux Christian, Tubiana Laurence, Bourguignon François, Développement, Conseil d'analyse économique, n° 25, 2000

Les années 2000 voient l'émergence du thème "trade, not aid..." (le commerce, pas l'aide...). C'est ainsi que l'agenda du développement adopté par l'OMC (Organisation mondiale du commerce) lors de la conférence de Doha en novembre 2001, est chargé de mettre en oeuvre l'intégration des pays en développement au commerce mondial.

Sur l'agenda de Doha sur le développement, consulter le dossier en ligne de la Documentation française :

> OMC : Conférence de Doha, novembre 2001

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D'autres financements : le microcrédit

Microprojet de développement, Mali
Microprojet de développement, Mali
© AIF

Créée en 1983 au Bangladesh par Mohammed Yunus, la Grameen Bank, qui possède aujourd'hui 1 200 bureaux dans le monde et emploie 12 000 personnes est désormais citée en exemple dans le monde entier pour son système de microcrédit. Le système, qui a vu le jour dans le village de Jabra, en 1976, au Bangladesh, a été reproduit dans près de 60 pays.
La Grameen Bank a initié d'autres modes de financement, avec l'instauration du "microcrédit", prêt de petites sommes d'argent à des personnes jusque là exclues du système bancaire, car non solvables.

La Banque mondiale encourage, à partir des échecs d'ambitieux programmes de développement, ce type de financement plus en phase avec le terrain et souvent géré par des ONG.
Ce crédit s'adresse en priorité aux personnes vivant dans "l'extrême pauvreté", seuil que la Banque mondiale fixe à moins d'1 dollar par jour et par personne.

Les Nations unies ont décrété l'année 2005, Année internationale du microcrédit.

Pour en savoir plus

> le site du Sommet du microcrédit

> Le site de la Grameen Bank

 

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