Depuis les années 1990, on assiste à une forte augmentation des catastrophes naturelles d'origine climatique dans le monde (inondations, orages tropicaux, sécheresses) notamment dans les pays du Sud. Plus de 200 millions de personnes par an ont été touchées par des fléaux naturels ou des accidents technologiques depuis 1990 et plus de 60 000 personnes ont été tuées chaque année selon la Croix-Rouge qui rappelle cependant que «les catastrophes naturelles ne sont pas les plus meurtrières, en 2003, le VIH/sida a tué 2,2 millions de personnes en Afrique subsaharienne».

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Sommet extraordinaire de l'ASEAN sur les conséquences du séisme et du tsunami en Asie du Sud. Djakarta, 6 janvier 2005.

Confrontées à cette nouvelle donne, les Nations unies ont renforcé les actions de prévention au plan international et mis en place des instruments internationaux destinés à protéger les populations et l'environnement.

Le système des Nations unies est présent sur deux fronts. D'un côté, il s'emploie à secourir au plus vite les victimes, principalement par l'intermédiaire de ses organismes d'exécution, et, d'un autre côté, il recherche des stratégies aux fins de prévenir les situations d'urgence.

Selon Salvano Briceno, directeur de la Stratégie internationale des Nations unies pour la réduction des catastrophes, «un des enseignements de la Décennie internationale pour la prévention des catastrophes qui s'est achevée en 2000, est qu'il faut abandonner le terme de "naturel". En effet les catastrophes ne sont pas naturelles : il y a une cause naturelle qu'on ne peut empêcher, mais c'est la vulnérabilité sociale et humaine qui transforme un phénomène naturel en catastrophe».

L'aide aux victimes, priorité des Nations unies 

Le Bureau pour la coordination des affaires humanitaires (OCHA, Office for the Coordination of Humanitarian Affairs).

Créé en 1998, afin de renforcer l'impact des Nations unies en matière de secours d'urgence et de catastrophes naturelles, il gère en 2005 un budget de 110 millions de dollars.

Le Coordinateur des secours d'urgence  :

le norvégien Jan Egeland (également Secrétaire général adjoint aux affaires humanitaires)
Il coordonne actuellement les opérations internationales d'aide à la suite du tsunami du 26 décembre 2004 en Asie du Sud : les Nations unies ont en effet reçu, à la mi-janvier 2005, des promesses de dons de plus de 3,5 milliards de dollars : 3 milliards offert par les gouvernements et entreprises, et 550 millions de la Banque mondiale et de la Banque asiatique de développement.

Une politique internationale de prévention des risques

La Stratégie internationale pour la réduction des catastrophes

La prévention des catastrophes naturelles a pour objet de réduire la vulnérabilité des sociétés aux catastrophes et de remédier aux causes dues à l'activité humaine. L'alerte rapide est particulièrement importante pour la prévention à brève échéance, et les organismes des Nations unies s'emploient à étoffer leurs capacités dans ce domaine, de la prévention des famines à l'observation des cyclones tropicaux et de la sécheresse.
La Décennie internationale pour la prévention des catastrophes naturelles, qui a couvert les années 1990-2000, correspond à une réflexion et à une mobilisation de la communauté internationale en matière de prévention et de réduction des risques naturels.
L'ONU a décidé de prolonger la décennie en lançant en 2000 la Stratégie internationale pour la réduction des catastrophes (ISDR, International Strategy for Disaster Reduction), dotée d'un secrétariat permanent basé à Genève, et s'appuyant sur des comités nationaux.

A consulter :

  • Fédération internationale Croix-Rouge Croissant-Rouge, Le Rapport sur les catastrophes dans le monde 2004 : les capacités locales, octobre 2004

L'action du PNUD (Programme des Nations unies pour le développement) 

Au sein du PNUD, le Bureau pour la prévention des crises et du relèvement a pour mission la prévention et le suivi des pays touchés par les catastrophes naturelles ou les conflits armés. Le PNUD est un acteur clé dans l'application de la Stratégie internationale pour la réduction des catastrophes naturelles . Il mène également une réflexion de fond sur la relation entre catastrophes naturelles et développement.

Un rapport du PNUD publié en novembre 2004, La réduction des risques de catastrophes : un défi pour le développementanalyse le double défi posé au développement par les catastrophes naturelles : anéantissement du développement par les catastrophes d'une part, nouveaux risques de catastrophes générés par le développement d'autre part.
Ce rapport est fondé sur la conviction que le processus de développement a un impact considérable - tant positif que négatif - sur le risque de catastrophe. En effet, les catastrophes naturelles mettent le développement en péril, et notamment la réalisation des Objectifs de développement du Millénaire (ODM) fixées en 2000. Parallèlement, les choix de développement peuvent générer de nouveaux risques de catastrophe (urbanisation rapide notamment dans les zones inondables et à risque sismique).
Le PNUD préconise que la planification du développement incorpore de manière systématique le risque de catastrophe. Il propose à cette fin une nouvelle approche des risques, et met au point l'Indice de risque de catastrophe (IRC).
L'Indice de risque de catastrophe, qui est le point central de ce rapport, fournit la première évaluation à l'échelle mondiale des facteurs déterminant les risques de catastrophe en comparant, pays par pays, la vulnérabilité humaine face aux trois types de catastrophes naturelles, les plus importants : tremblements de terre, cyclones tropicaux et inondations.
Il fournit également une identification des facteurs de développement qui contribuent à générer les risques de catastrophe .

L'action de la Croix-Rouge, des ONG

Dans l'urgence,

ce sont fréquemment les ONG qui prennent l'initiative, réagissant plus rapidement que les gouvernements et les institutions internationales. De même, la mise en œuvre des projets d'assistance est souvent déléguée aux ONG. Selon le Commissaire européen au développement et à l'action humanitaire, Louis Michel, «les Nations unies comme l'Union européenne ont besoin des ONG, car seules elles ne disposent pas des capacités logistiques et humaines conformes à leur ambition. L'Office humanitaire de la Commission européenne (ECHO) doit définir notre philosophie, notre stratégie. Mais la mise en oeuvre de nos choix passe par des ONG avec lesquelles nous avons établi des conventions.»

Dans le domaine de la prévention

  • La Croix-Rouge internationale a fait de la prévention des catastrophes une de ses priorités d'action, à travers sa Stratégie 2010 et le Mandat de Genève sur la prévention des catastrophes, adopté le 9 juillet 1999 : «Nous adopterons et mettrons en œuvre des politiques aux niveaux international, régional, sub-régional, national et local pour tenter de réduire la vulnérabilité de nos sociétés aux risques tant naturels que technologiques, à travers des approches proactives plutôt que réactives. Ces mesures auront pour objectifs essentiels de promouvoir des communautés résistant aux catastrophes et de protéger les gens contre ces phénomènes. Elles contribueront en outre à la sauvegarde de nos ressources naturelles et économiques, de notre bien-être social et de nos moyens d'existence».

«A ce jour, en dehors du Mouvement Croix-Rouge, quelques ONG anglo-saxonnes sont investies dans des programmes spécifiques de prévention des catastrophes (OXFAM, CARE, Handicap International, Save The Children).
Elles investissent dans les activités traditionnelles de la prévention mais s'attachent aussi à financer la mise en œuvre d'outils performants basés sur la technologie informatique ou spatiale, capables de répondre à la réduction des risques. Certaines ONG françaises ont mis en place des activités de prévention, de manière incidente, au travers de leurs programmes de sécurité alimentaire, d'eau et d'assainissement (Action contre la faim...). Si quelques ONG possèdent déjà une réelle expertise en matière de prévention des catastrophes, celles-ci sont encore minoritaires. Les lignes budgétaires ouvertes aux programmes de prévention des catastrophes restent limitées, ce qui ne les encourage pas à s'investir dans ce type de programmes. Essentiellement faute de crédits, mais aussi par manque de visibilité et de reconnaissance, les activités de prévention restent donc encore, pour la plupart des ONG, un domaine annexe, voire marginal.»

Source : Haut Conseil de la coopération internationale et Croix-Rouge française
La prévention des catastrophes naturelles juin 2004, 59 p.

Mis à jour le 21/01/2005

 

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