De nombreuses zones à risques dans le monde
Il existe de nombreuses zones d'aléas sur la planète, comme le montre cette carte. C'est dans les régions les plus peuplées que ces aléas représentent le plus de risques. Ces éléments sont expliqués dans le numéro de la Documentation photographique consacré à la «Géographie des risques naturels» (2001).
Les zones d'aléas sismiques, volcaniques et cycloniques
Une année 2004 particulièrement meurtrière et coûteuse
L'année 2004 restera marquée par le séisme et le tsunami du 26 décembre en Asie du Sud.
Provoqué par un séisme marin de 9 sur l'échelle de Richter, au large de l'Indonésie, un raz-de-marée déferle dans l'océan Indien sur huit pays d'Asie : Indonésie (nord de l'île de Sumatra), Sri Lanka, Thaïlande, Inde -notamment les archipels d'Andaman et Nicobar- Birmanie, Malaisie, Maldives, Bangladesh et la côte orientale de l'Afrique : Somalie, Tanzanie et Kenya. Il ravage les régions côtières, détruisant les villages de pêcheurs et les stations touristiques.
Destructions provoquées par le tsunami de décembre 2004 à Hambantota, ville côtière dans le sud du Sri Lanka.
Le bilan fait état d'environ 220 000 morts ou disparus : plus de 168 000 en Indonésie, 31 000 au Sri Lanka, 16 400 en Inde, 5 400 en Thaïlande dont 2 250 touristes étrangers, 300 en Somalie, ainsi que 5 millions de personnes démunies. Lors d'un sommet exceptionnel tenu le 6 janvier à Jakarta à l'initiative de l'Indonésie, et qui réunit, sous l'égide de l'ONU, 26 pays et organisations, les Nations unies chiffrent à près d'un milliard de dollars l'aide d'urgence nécessaire sur 6 mois. Ces besoins pourraient être satisfaits par les très nombreuses promesses d'aides publiques et privées qui affluent depuis la catastrophe et sont confirmées lors de ce sommet.
Rappelons cependant qu'avant même ce raz-de-marée, le bilan de 2004 paraissait déjà particulièrement lourd. Munich Re (Munich Reinsurance Company, une des premières compagnies mondiales de réassurance) rappelle que les catastrophes naturelles avaient déjà occasionné la mort de 15 000 personnes cette année. Les Caraïbes ont été fortement touchées, d'abord en mai avec des inondations qui ont fait 2 000 victimes en Haïti et en République dominicaine, puis en septembre avec le cyclone Jeanne qui a entraîné la mort de près de 2 000 personnes.
Munich Re estime ainsi que l'année 2004 était, dès avant le 26 décembre, la plus coûteuse de l'histoire de l'assurance en matière de catastrophes naturelles, avec des pertes de 40 milliards de dollars ; la deuxième année la plus coûteuse étant 1992, marquée par le cyclone Andrew, avec des pertes assurées de 26 milliards de dollars.
Les 10 plus grandes catastrophes naturelles en 2004
Classées en fonction du nombre de morts
Date | Pays/région | Evénement | Morts |
26 décembre | Indonésie, Sri Lanka, Inde, Thaïlande | Tsunami | > 220000 |
Juin-août | Bangladesh, Inde, Népal | Inondations | 2 200 |
25-26 mai | Haïti, Rép. dominicaine | Inondations | 2 000 |
15-29 septembre | Haïti, Rép. dominicaine | Cyclone Jeanne | 2 000 |
Juin-septembre | Chine | Inondations | 2 000 |
30 novembre-1er décembre | Philippines | Tempête tropicale Winnie | 775 |
24 février | Maroc | Séisme | 640 |
6-7 mars | Madagascar | Cyclone Gafilo | 237 |
19 mai | Birmanie | Cyclone tropical | 220 |
3-5 janvier | Bangladesh, Népal | Vague de froid | 200 |
Source : Munich Re, NatCatService (données au 28 décembre 2004).
2003 était pourtant déjà marquée par une forte aggravation des pertes humaines dues aux catastrophes naturelles : plus de 70 000 morts (près de 3 fois plus qu'en 2002), dont plus de 30 000 dus à la vague de chaleur sur l'Europe et 26 000 au séisme en Iran, selon la Croix-Rouge.
A consulter :
Fédération internationale des sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge
Le Rapport sur les catastrophes dans le monde 2004, octobre 2004
Les pertes humaines comme indicateurs de l'impact des catastrophes
«Au cours des deux dernières décennies, les catastrophes naturelles ont provoqué la mort de plus de 1,5 million de personnes dans le monde. Le nombre total des personnes sinistrées a doublé pendant les dix dernières années.
L'indicateur utilisé dans ce rapport pour mesurer les pertes humaines, est le nombre de décès tant il reste le moyen le plus faible dans ce domaine. Toutefois, ces décès ne représentent que la partie visible de l'iceberg au regard des pertes liées aux moyens de développement et des souffrances humaines. Chaque fois qu'une catastrophe provoque la mort d'une personne, elle affecte la vie de 3000 autres dans le monde.»
Source : Programme des Nations unies pour le développement (PNUD), «La réduction des risques des catastrophes : un défi pour le développement», 2004.
Des perspectives préoccupantes
A partir de ses constats et observations, le délégué aux risques majeurs, dans son rapport 2002, dégageait les tendances suivantes.
- «Le développement de phénomènes extrêmes, statistiquement difficile à observer aujourd'hui, sera probablement l'une des conséquences d'un réchauffement climatique dont les scientifiques affirment qu'il est déjà perceptible en ce qui concerne l'élévation des températures et du niveau des mers et qu'il va se poursuivre tout au long du XXIème siècle.
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Inondations en France, au nord de Lochrist, dans la vallée du Blavet (Morbihan), en 2001.
L'augmentation du coût des dommages se poursuit, d'une part parce que nos systèmes sont de plus en plus interdépendants, d'autre part parce que nous ne tenons pas suffisamment compte des risques naturels dans la conception et l'implantation de nos constructions et infrastructures. Cette évolution et ce constat de la vulnérabilité sont préoccupants.
- Le nombre de décès et de disparitions reste très aléatoire d'une année à l'autre selon la nature, le lieu et l'occurrence des phénomènes.
- Les inondations demeurent le phénomène le plus répandu.
- Les dommages non assurés représentent une part significative des dommages.
- Les "effets domino" occupent une place de plus en plus importante dans les conséquences des sinistres quand ils ne sont pas eux mêmes parties de ces derniers».