Logo des JO de Pékin 2008

Logo des JO de Pékin 2008.

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Les Jeux olympiques de Pékin suscitent de nombreux débats, tant en Chine que dans le monde. Pour certains, c’est la nomination même de Pékin comme ville olympique qui est discutable avec les questions du respect des droits de l’Homme et du déficit démocratique ; pour d’autres, c’est le non respect des engagements pris qui est source de vives critiques.
 Ces lacunes portent préjudice, à court terme, à la Chine pour l’organisation des Jeux olympiques en 2008, mais elles affaiblissement aussi, à plus long terme, sa puissance.

« Le grand malentendu des Jeux olympiques de Pékin »

Alexandre Schœpfer, dans l’encadré « Les Jeux olympiques : célébration sportive et arène politique » dans Questions internationales n°32 « La Chine dans la mondialisation » (juillet-août 2008), souligne aussi les nombreux malentendus (chinois et occidentaux) autour de cet événement.

Le choix de Pékin pour organiser les Jeux olympiques d’été en 2008 marque incontestablement la reconnaissance par la communauté internationale du rang de grande puissance de la Chine. Lors de la candidature, les autorités chinoises s’étaient engagées à faire d’importantes avancées en matière de droits humains et sociaux, ce qui avait été rappelé par le Comité international olympique (CIO) lors de sa nomination. La Chine devait aussi améliorer ses services et promouvoir un urbanisme et un environnement durables.

« Les lacunes organisationnelles relatives à la pollution des villes et des sites olympiques, les promesses faites en matière de droits humains et sociaux ont été occultées, ce qui a créé un "grand malentendu" avec les pays occidentaux dont certains ont menacé de boycotter les Jeux.

La question du boycottage des Jeux olympiques de Pékin a vu le jour avec la question du Darfour, quand la Chine fut accusée, dès 2006-2007, de soutenir activement le gouvernement soudanais d’Omar al-Béchir, désigné par la communauté internationale comme le principal responsable de la crise humanitaire au Darfour. En Europe et aux États-Unis, de nombreuses voix – athlètes, artistes, intellectuels, responsables politiques - se firent alors entendre pour dénoncer l’organisation des Jeux à Pékin et réclamer leur boycottage [...].

Ce débat s’est superposé à la question de la pollution en Chine, les ONG environnementales dénonçant le danger encouru par les athlètes de concourir dans un pays où les conditions atmosphériques sont calamiteuses et n’ont fait qu’empirer depuis la désignation de Pékin en 2001. L’opinion internationale s’est également émue du problème des dissidents politiques chinois qui sont de plus en plus nombreux à être persécutés pour leurs positions ou pour leur soutien à des causes politiques. Blogueurs, journalistes, reporters, intellectuels, étudiants sont encore actuellement emprisonnés ou enfermés en hôpital psychiatrique en Chine [...].

Le débat s’est déplacé sur la question du Tibet en mars 2008, à la suite des émeutes intervenues dans cette région autonome de la Chine. »

La question tibétaine

Le lundi 10 mars 2008 marque le 49e anniversaire de l'échec du soulèvement pacifique contre l'administration chinoise, qui avait conduit le 14e dalaï-lama à fuir le Tibet et à trouver exil à Dharamsala, en Inde. À cinq mois des Jeux olympiques, des Tibétains ont saisi cette occasion pour dénoncer la domination et les répressions chinoises dans la région du Tibet. Le lundi, 500 moines participaient à cette marche ; le mercredi, ils étaient 600. Des heurts violents ont éclaté entre la population tibétaine et les policiers chinois, qui ont procédé à de nombreuses arrestations. Pour beaucoup d’observateurs, comme pour le dalaï-lama, la réaction des autorités chinoises au Tibet permet de rappeler le déficit démocratique de la Chine et les lacunes dans le respect des droits de l’Homme.

Ces événements ont suscité de vives réactions en Occident et des appels au boycott (des Jeux olympiques ou de la cérémonie d’ouverture). Des personnalités ont annoncé qu’elles ne feraient pas le voyage en Chine, telles la Chancelière allemande Angela Merkel et le Premier ministre britannique Gordon Brown. Le dalaï-lama s’est quant à lui prononcé dès le 16 mars 2008 contre le boycott des Jeux olympiques : « Je souhaite ces Jeux. Le peuple chinois [...] a besoin de se sentir fier. La Chine mérite d'accueillir les Jeux olympiques. »
Le 6 avril 2008, lors du passage de la flamme olympique à Londres, le cortège a été fortement perturbé, notamment par des manifestants pro-tibétains ou critiques vis-à-vis des autorités chinoises. Des protestations similaires ont eu lieu à Paris, à San Francisco et dans d’autres villes, lors du passage de la flamme.

À la suite de ces manifestations, les autorités et populations chinoises ont vivement critiqué les Occidentaux, plus particulièrement la France. Pour beaucoup le Tibet est avant tout une affaire interne qui ne concerne que la Chine ; il s’agirait d’une action de déstabilisation de la part des Tibétains pour nuire à la Chine, au moment où elle devait être consacrée. Les appels au boycott des produits et des services français ont alors fleuri et de nombreux rassemblements se sont déroulés le 1er mai 2008, devant les enseignes Carrefour.
Le paroxysme de la crise passé, la Chine multiplie les gestes pour désamorcer les critiques internationales avant le début des Jeux olympiques. Fin juin 2008, des envoyés du dalaï-lama se sont rendus à Pékin pour rencontrer les autorités chinoises, en réitérant leurs demandes pour une autonomie culturelle plus large. Pour le gouvernement chinois, c’est l’occasion de montrer que Pékin reste ouvert à des pourparlers avec le chef spirituel des Tibétains et de calmer les opinions publiques étrangères.

Mis à jour le 07/08/2008

 

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