1959-1975 : la mise en place du collège unique

6 janvier 1959 : Réforme Berthoin

Prolongation par une ordonnance (n°59-45) de la scolarité obligatoire de 14 à 16 ans et réforme par un décret du même jour (n°59-57) de l'organisation du système éducatif avec la création des collèges d'enseignement général (CEG).

3 août 1963 : Réforme Fouchet-Capelle

Par décret (n°63-793), extension des procédures d'observation et d'orientation à toutes les classes du premier cycle. Création des collèges d'enseignement secondaire (CES) et des collèges d'enseignement technique (CET).

11 juillet 1975 : Réforme Haby

Création par la loi n° 75-620, du collège unique.

1981-1984

1er juillet 1981

Alain Savary, ministre de l'Éducation nationale, créé par la circulaire n°81-238 des zones prioritaires. C'est une mesure de discrimination positive consistant à donner plus de moyens à ceux qui en ont le moins.

Décembre 1982-1er février 1983 : "la rénovation du collège unique"

En décembre 1982, remise par Louis Legrand , ancien directeur de l'Institut national de la recherche pédagogique, d'un rapport intitulé "Pour un collège démocratique" au ministre de l'Éducation Alain Savary. Il propose une nouvelle organisation des enseignements et des services des professeurs avec notamment l'instauration du tutorat.

Le 1er février 1983, à la suite de la remise du rapport Legrand, Alain Savary présente ses mesures en faveur d'une "rénovation des collèges" dont la mise en œuvre se fera à partir de la rentrée 1984 sur la base du volontariat des établissements et des enseignants. Il abandonne cependant la redéfinition du service hebdomadaire des enseignants et le choix du tuteur par les élèves ; annonce de prochaines discussions nationales sur le statut des enseignants.

22 juillet 1983

Dans le cadre de la politique générale de décentralisation menée depuis 1982 par le gouvernement, l'Éducation nationale procède, par la loi n°83-663, à la décentralisation de certaines compétences. Pour les collèges, les conseils généraux s'occupent dorénavant des investissements, de leur implantation, de leur capacité d'accueil et du mode d'hébergement des élèves.

1984-1986

19 novembre 1984

Présentation, au cours d'une conférence de presse, par Jean-Pierre Chevènement, ministre de l'Éducation nationale, de ses objectifs pour les collèges. Il souhaite renforcer la formation initiale et continue des enseignants et développer l'enseignement technologique et les disciplines sportives et artistiques.

6 septembre 1985

Jean-Pierre Chevènement modifie par décret (n°85-945) l'organisation du Brevet des collèges. Depuis 1977, le Brevet était attribué par un jury départemental au vu des notes obtenues pendant l'année scolaire. Désormais, à ce contrôle continu s'ajoute les résultats obtenus à un examen écrit se déroulant en fin de troisième et portant sur le français, les mathématiques et l'histoire-géographie.

14 novembre 1985

Jean-Pierre Chevènement modifie par un arrêté les programmes scolaires des collèges.

23 décembre 1985

Jean-Pierre Chevènement développe l'enseignement technologique et professionnel par une loi programme (n°85-1371) en créant notamment les lycées professionnels. Elle répond à l'objectif de 80% d'une classe d'âge atteignant le niveau du baccalauréat en l'an 2000.

1986

Le ministre de l'Éducation nationale, René Monory met fin au recrutement des professeurs d'enseignement général des collèges (PEGC) qui pouvaient enseigner plusieurs matières.

1988-1992

10 juillet 1989

Publication de la loi d'orientation sur l'éducation (n°89-486) de Lionel Jospin, ministre de l'Éducation nationale, de la Jeunesse et des Sports, établissant l'objectif de 80% d'une classe d'âge atteignant le niveau du baccalauréat, ce qui accentue la croissance des effectifs au collège et au lycée.

13 novembre 1991

Le Conseil national des programmes (CNP) rend publiques ses propositions pour la réforme de l'enseignement dans les collèges et préconise notamment le renforcement de la technologie, l'allégement des langues et un meilleur suivi des élèves grâce à l'instauration de postes à profil destinés à fidéliser les enseignants travaillant dans les collèges difficiles.

1993-juin 1997

8 novembre 1993-16 juin 1994 : réformer un collège unique mais pas uniforme"

Le 8 novembre 1993, François Bayrou, ministre de l'Éducation nationale, adresse à 160500 enseignants de collège une lettre les invitant à "exprimer librement" leurs "propositions et leurs analyses".

Le 18 janvier 1994, lancement par François Bayrou, après une importante manifestation pour l'école publique le 16 janvier, des "Assises pour l'éducation". C'est une consultation sur l'école incluant la réforme des collèges et portant sur quatre thèmes : les missions et les contenus de l'école, les relations avec la société, la vie des établissements, les métiers de l'éducation.

Le 3 février 1994, François Bayrou soumet au Conseil supérieur de l'éducation (CSE) le Livre blanc sur les collèges rassemblant les propositions des enseignants sollicités en novembre 1993. Ce Livre blanc est préparé par la commission présidée par Alain Bouchez, inspecteur général de l'Éducation nationale.

Le 16 juin 1994, François Bayrou présente, à la Sorbonne en présence d'Édouard Balladur, Premier ministre, les 158 propositions de son "Nouveau Contrat pour l'école" incluant des dispositions pour le collège, comme sa réorganisation en trois cycles et le développement de la pluridisciplinarité.

16 mars 1995

Le Conseil national des programmes (CNP) présidé par Luc Ferry rend publique un texte de cadrage concernant les nouveaux programmes du collège. Le CNP souhaite élaborer un socle commun de connaissances exigible à la fin de la scolarité obligatoire. Ce qui suppose de traiter en même temps les quatre années de collège.

Il suggère aussi que les contenus soient repensés à partir de trois grands pôles disciplinaires. Ces idées n'ont pas été retenues.

Septembre 1995

A la suite du " Nouveau Contrat pour l'école " de François Bayrou, la réforme des classes de 6ème est mise en place dans tous les établissements. Une grille horaire indicative laisse une large autonomie d'adaptation aux établissements ainsi qu'une liberté quant à l'organisation des dispositifs de consolidation pour les élèves en difficulté.

Les nouveaux programmes s'appliqueront à la rentrée 1996. 368 collèges expérimentaux bénéficient de diverses mesures prévues dans le "Nouveau Contrat pour l'école" en 5ème .

20 juin 1996

Remise officielle du rapport de la commission Fauroux, installée depuis le 11/09/1995, sur le système éducatif au Premier ministre Alain Juppé. Il formule vingt et une propositions dont les suivantes pour le collège : définir et garantir à tous les savoirs primordiaux, simplifier les programmes par la création d'un manuel scolaire de référence en un seul volume, mettre en place la bivalence des professeurs, informer les élèves dès la fin de la 5ème sur les filières de formation et les métiers, établir un livret de projet personnel de l'élève.

Mais certaines mesures, comme la déconcentration des procédures de recrutement des enseignants et le renforcement de l'autonomie des établissements, sont jugées excessives par Alain Juppé, qui charge François Bayrou de poursuivre la concertation.

30 janvier 1997

Parution au bulletin officiel des arrêtés organisant les nouveaux enseignements dans les classes de 5ème, 4ème, 3ème. La réforme du collège engagée en 1993 par François Bayrou s'achève.

Mai 1997

Un rapport de l'inspection générale sur la réforme du collège fait état des difficultés d'application : directives arrivées trop tard, résistance des enseignants à travailler en équipe, évaluation nationale en début de 6ème entrée dans les mœurs mais trop peu exploitée sur le plan pédagogique, difficulté face à la mise en place de l'éducation civique.

Juin 1997-avril 2000

25 juin 1997

Présentation par Claude Allègre, ministre de l'Éducation nationale, de la Recherche et de la Technologie, et Ségolène Royal, ministre déléguée chargée de l'enseignement scolaire, de leur plan d'action général pour l'éducation. Ce plan veut rompre avec la doctrine égalitariste d'un système qui doit désormais prendre en compte la diversité des élèves et s'attacher à la réussite de chacun selon ses compétences.

Il propose de réformer les structures grâce à plus de déconcentration notamment pour les mutations des enseignants, de promouvoir la technologie, de combattre la violence, de modifier les programmes notamment au collège, de lancer une réflexion sur les savoirs, de redonner la priorité aux ZEP.

26 novembre 1997

Ségolène Royal présente en conseil des ministres plusieurs mesures destinées à généraliser l'enseignement de l'éducation civique de la maternelle au lycée. Pour le collège, elle maintient qu'une demi-heure par semaine doit lui être réservée et elle crée une épreuve d'éducation civique au Brevet.

1er septembre 1998

Conférence de presse de Claude Allègre et Ségolène Royal, consacrée à l'annonce de mesures gouvernementales concernant l'enseignement. Pour le collège, évaluation de la réforme Bayrou puis consultation nationale sur la question des collèges, création d'un nouveau module d'éducation à la sexualité et prévention contre le sida en classe de quatrième.

14 décembre 1998-25 mai 1999 : "le collège de l'an 2000"

Le 14 décembre 1998, au cours d'une conférence de presse, Ségolène Royal, lance officiellement un grand débat sur le collège. La direction des opérations est confiée au sociologue François Dubet assisté d'un comité de pilotage.

Le 18 mai 1999, présentation à la Sorbonne du rapport sur "le collège de l'an 2000" coordonné par François Dubet. Il juge le collège globalement efficace, réaffirme le principe de l'hétérogénéité des classes et refuse une orientation précoce.

Le 25 mai 1999, devant la presse, présentation par Ségolène Royal de la réforme des collèges élaborée à la suite du rapport Dubet. Elle répond à trois objectifs : prendre en compte la diversité des élèves, diversifier les méthodes d'enseignement et améliorer la vie au sein du collège.

Avril 2000-juin 2001

5 septembre 2000

Jack Lang, ministre de l'Éducation nationale, précise dans une communication la politique de son ministère concernant notamment les collèges : poursuite de la réforme du collège avec l'introduction en classe de 4ème, à titre expérimental, de "travaux croisés" interdisciplinaires, réforme de l'enseignement professionnel avec l'instauration de "projets pluridisciplinaires à caractère professionnel", amélioration des conditions d'encadrement des périodes de formation en entreprise.

5 mars 2001

Lors d'une conférence à Toulouse devant des cadres de l'académie, Jean-Luc Mélenchon, ministre délégué à l'enseignement professionnel présente ses positions concernant le collège unique. Il plaide en faveur d'une revalorisation de la voie technologique et professionnelle et fait état de la nécessité d'orienter vers elle davantage d'élèves.

7 mars 2001 - 5 avril 2001 : "pour un collège républicain"

Le 7 mars, Philippe Joutard remet son "rapport sur l'évolution du collège" à Jack Lang. Il propose notamment la mise en place de parcours de découverte et souhaite favoriser les "orientations positives" vers les voies technologiques et professionnelles.

Le 5 avril 2001, sur la base des propositions du rapport de Philippe Joutard, Jack Lang présente ses orientations destinées à "bâtir un collège républicain" qui soit à la fois un collège pour tous et pour chacun. Il veut lutter contre l'échec scolaire, le manque de motivation des élèves et la difficulté de gérer leur hétérogénéité.

16 mai 2001

Jack Lang annonce que les enseignants volontaires pour être affectés dans un des 101 collèges difficiles de banlieue parisienne bénéficieront d'un bonus de carrière. Cette mesure vise à stabiliser les équipes pédagogiques pour lutter contre la violence et l'échec scolaire dans ces établissements connaissant de nombreux problèmes.

Mis à jour le 01/09/2001

 

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