Musée du Louvre. Les trois grâces de G. Pilon. XVIè siècle

Musée du Louvre. Les trois grâces de G. Pilon. XVIè siècle.

Photo : Patrick Dewarez © La Documentation française

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La dépendance des personnes âgées et les soins de longue durée représentent un nouveau défi pour les systèmes de protection sociale dans les différents pays européens, ce défi étant à la mesure du vieillissement de la population européenne. Les réponses à ce phénomène sont multiples.

Dans un article "Quelles politiques pour la dépendance en Europe ?" paru dans la revue Regards sur l'actualité n°366 (décembre 2010, La Documentation française), Blanche Le Bihan et Claude Martin notent que :

« Si l'on se réfère aux typologies des régimes d'Etat-providence, on peut déduire quatre principaux types de réponse publique aux besoins croissants des personnes âgées dépendantes, correspondant aux quatre principaux régimes de protection sociale [...].

Dans le modèle libéral, le principe dominant de solidarité est le marché, auquel s'ajoute la solidarité familiale, complétée par l'assistance pour les plus pauvres, avec une forte stigmatisation. Le principe de fonctionnement est la responsabilité individuelle. Les personnes âgées qui en ont la possibilité peuvent se protéger contre ce risque en recourant à la désépargne (la vente de son patrimoine immobilier principalement) et à l'assurance privée. Le Royaume-Uni correspond à cet idéal-type.

Dans le modèle familialiste dominant des pays du sud de l'Europe, la famille reste le principe de solidarité privilégié, avec une obligation alimentaire qui pèse sur de larges pans du système de parenté. Les réponses complémentaires à cette aide de la parenté sont initiées au plan local, de manière très inégalitaire, principalement au niveau du tiers secteur et de l'action sociale bénévole.

Dans le modèle corporatiste ou assurantiel, le principe dominant est la solidarité professionnelle, visant à donner au travailleur et à sa famille un niveau de vie et de rémunération indexé sur ses revenus antérieurs. La dépendance peut alors être conçu comme un nouveau "risque social" donnant lieu à une nouvelle assurance sociale, financée par une cotisation et gérée dans le cadre du pacte social paritariste par les employeurs et les employés. La difficulté réside ici principalement dans la déconnexion entre le risque dépendance et les situations de travail, le besoin de soin de longue durée se faisant en général ressentir longtemps après la fin de l'activité professionnelle. Ce modèle a été adopté avec quelques nuances en Allemagne et au Luxembourg.

Dans le modèle social-démocrate, le principe de solidarité repose sur la citoyenneté sociale, c'est-à-dire la promotion pour chaque citoyen de droits sociaux à un ensemble de services publics permettant de faire face à ces situations de dépendance. Le financement est assuré par des impôts nationaux et locaux, gérés au plan des municipalités et donnant accès à des prestations de soins et d'aide en nature. »

Mis à jour le 19/05/2011

 

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