Mai 1958 : le retour du général de Gaulle

Portrait du général de Gaulle, chef de la France libre, en mai 1940

Portrait du général de Gaulle, chef de la France libre, en mai 1940.

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Depuis 1954, la rébellion contre la présence française enflamme les départements de l’Algérie. "Les événements", comme on dit alors pour désigner pudiquement de véritables opérations militaires, se traduisent par des milliers de victimes. L’envoi du contingent, l’enlisement, les attentats, l’emploi de la torture, l’impuissance des gouvernements qui se succèdent à Paris sont le signe du crépuscule de la IVe République, contestée dès sa mise en place en 1946. Pour sortir de cette crise un sursaut s’impose. Il viendra d’un homme, le général de Gaulle, retiré des affaires publiques, aidé de quelques collaborateurs audacieux et d’une circonstance particulière : la rébellion contre Paris, le 13 mai 1958, de Français d’Algérie qui s’emparent du siège du gouvernement à Alger avec l’aide des officiers supérieurs responsables du maintien de l’ordre.L’armée a pris le pouvoir en Algérie, elle est incarnée par des officiers républicains, combattants de la Seconde Guerre mondiale. Pour les Français, elle a un visage : le général Jacques Massu. Pour ces officiers, seul le général de Gaulle peut maintenir la présence française en Algérie.Revenir au pouvoir dans un contexte de coup d’Etat militaire est un dilemme pour de nombreux partisans du retour du général de Gaulle. Le 15 mai, dans l’Express, François Mauriac fait part de son trouble : "Nous espérons toujours en de Gaulle, mais non en un de Gaulle qui répondrait à l’appel d’un Massu. La grandeur de De Gaulle, c’est d’appartenir à la nation tout entière. Puisse-t-il ne pas dire un mot, ne pas faire un geste qui le lierait à des généraux de coup d’Etat". Le même jour le général de Gaulle se dit "prêt à assumer les pouvoirs de la République". Le 24 mai, l’insurrection algéroise atteint la Corse. Le 29, le Président de la République René Coty annonce qu’il se tourne « vers le plus illustre des Français ». Le général de Gaulle accepte de devenir Président du Conseil. Il est investi par l’Assemblée nationale le 1er juin et les pleins pouvoirs sont accordés au nouveau gouvernement avec pour mission d’établir un nouveau projet de Constitution. Seuls le Parti communiste, une minorité de la SFIO et quelques personnalités isolées comme Pierre Mendès-France et François Mitterrand refusent ce qu’ils considèrent être un coup de force. Le 4 octobre 1958, la nouvelle Constitution est promulguée, elle s’inscrit dans le droit fil des conceptions institutionnelles du général de Gaulle, celles du discours de Bayeux de 1946. Le 21 décembre 1958, le général de Gaulle est élu Président de la République, il prend officiellement ses fonctions le 8 janvier 1959, charge qu’il exercera jusqu’au 27 avril 1969. Pour en savoir plus, se reporter au Document d’étude 1.04. Constitution du 4 octobre 1958

Charles de Gaulle, Président de la République

Les nouvelles institutions ne remettent pas en cause le mode d’élection du Président de la République, ni la durée du mandat présidentiel. Par rapport aux institutions de la IIIe et de la IVe Républiques dans lesquelles seuls les parlementaires élisaient le chef de l’Etat, le collège électoral présidentiel est seulement élargi aux conseillers généraux, aux membres des assemblées des territoires d’outre-mer et aux représentants élus des conseils municipaux. Le 21 décembre 1958, ce collège représente 81 764 grands électeurs.

Résultats de l’élection présidentielle du 21 décembre 1958

Résultats de l’élection présidentielle du 21 décembre 1958

inscrits

81 764

votants

81 290

Suffrages exprimés

79 470

Charles de Gaulle

62 394

Georges Maranne (*)

10 355

Albert Chatelet (**)

6 721

(*) candidat présenté par le Parti communiste.
(**) candidat présenté par la fraction de la gauche non communiste hostile au général de Gaulle.
> Proclamation des résultats par le Conseil constitutionnel (décision du 8 janvier 1959). Elu, le général de Gaulle nomme Michel Debré Premier ministre. Le gouvernement comprend outre des représentants de l’Union pour la nouvelle République (UNR), le parti gaulliste victorieux aux élections législatives de novembre 1958, des socialistes de la SFIO (jusqu’en 1960), des démocrates-chrétiens et des indépendants. En 1959, le gaullisme doit encore composer avec les représentants des partis de la IVe République. Règlement du problème algérien, entente franco-allemande, assainissement des finances publiques et modernisation de l’économie française seront les dossiers prioritaires des premières années du septennat.  

Mis à jour le 29/03/2012

 

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