Il est très différent de celui de 2002 qui allait clore une période de cinq années de cohabitation entre un Président de la République et une majorité parlementaire de couleur politique opposée. Les deux têtes de l’exécutif se retrouvaient dans la même configuration que celle de 1988 : ils étaient face à face après avoir gouverné côte à côte.

2007, un contexte de changement

panneau d'affichage électoral

En premier lieu, un changement d’époque : c’est l’arrivée au sommet de l’Etat d’une nouvelle génération, celle des baby boomers de l’après-guerre, ralentis dans leur marche au pouvoir suprême par des personnalités à la longévité politique remarquable : François Mitterrand était né en 1916, Valéry Giscard d’Estaing en 1926, Jacques Chirac en 1932. 2007, c’est un passage de relais : Nicolas Sarkozy, Ségolène Royal, François Bayrou, Marie-George Buffet, José Bové sont nés entre 1951 et 1955 ; bien qu’entrés en politique depuis trois décennies, ils et elles revendiquent, chacun à leur manière, une autre façon de faire de la politique.

Rupture illustrée par le mécanisme de primaires internes et de débat au sein du Parti socialiste pour le choix de son candidat, l’UMP adoptant la même démarche. Cette forme de désignation pourrait, à l’avenir, être la règle de toutes les formations du fait d’une revendication de transparence des militants et des électeurs.

Rupture aussi du fait que pour la première fois, en France, une femme se trouve en situation éligible.

Rupture qui s’exprime aussi dans les offres programmatiques du fait des attentes de l’électorat, des défis économiques et sociaux à relever (déficits publics, chômage, retraites…), de la nécessité de redonner une lisibilité à la politique européenne et de moderniser les institutions.

Rupture par l’importance de la place que vont occuper dans la campagne électorale des thèmes sociétaux tels le mariage et l’adoption homosexuels ou encore le droit de mourir dans la dignité.

Rupture concrétisée aussi par un scrutin de véritable choix, comme en 1974 et 1981, aux enjeux clairement exposés par les candidats.

Une longue pré-campagne électorale

On peut du côté de l’UMP dater le début de la campagne le jour où Nicolas Sarkozy est devenu le président de l’UMP, le 28 novembre 2004. Déjà, il avait à plusieurs reprises annoncé son intention de se présenter tout en se démarquant sur plusieurs options importantes du Président de la République et du Premier ministre, Dominique de Villepin, qui était aussi un concurrent sérieux jusqu'aux événements qui signent l’échec du Contrat première embauche (CPE).

Au Parti socialiste, depuis 2002, les candidats potentiels sont connus : François Hollande, Dominique Strauss-Kahn, Laurent Fabius, Jack Lang, Lionel Jospin ; la vie interne du parti est rythmée par les positionnements des uns et des autres, ce qui apparaît en pleine lumière lors du référendum sur la Constitution européenne (mai 2005). Le résultat de ce dernier va aussi influer sur l’extrême gauche et l’hypothèse d’une candidature unique de la gauche anti-libérale. L’arrivée non prévue de Ségolène Royal à partir de l’automne 2005, fortifiée par une vague importante de nouveaux adhérents puis la campagne interne de désignation du candidat mobilisent toutes les énergies à partir du début 2006.

Du côté des autres postulants, de François Bayrou à Arlette Laguiller en passant par Jean-Marie Le Pen, le constat est le même, tous se mettent en mouvement au lendemain du référendum européen du printemps 2005.

A la mi-février 2007, une quarantaine de candidats se sont déclarés, combien auront recueilli les 500 signatures de parrainage s les autorisant à concourir ? Leurs noms seront connus le 6 avril, jour de la publication de la liste officielle des candidats par le Conseil constitutionnel.

Chronologie des candidatures

2005

29 mai
Victoire du non au référendum sur le projet de Constitution européenne.

1er juillet
Jack Lang fait part de son souhait d'être le candidat socialiste en 2007.

4 octobre
Confirmation par Jean-Marie Le Pen de son intention de se présenter.

15 octobre
Nicolas Dupont-Aignan annonce sa candidature.

18-20 novembre
Congrès socialiste du Mans, unanimisme derrière François Hollande.

4 décembre
Arlette Laguiller annonce sa candidature.

2006

10 janvier
Laurent Fabius confirme son intention de se présenter à la primaire interne au PS, le 15, c'est au tour de Dominique Strauss-Kahn.

7 février-10 avril
Journées de mobilisation des lycéens, des étudiants et des syndicats de salariés contre le projet de Contrat première embauche qui est voté et promulgué le 31 avril par J. Chirac qui demande de ne pas l'appliquer en attendant un nouveau projet.

11 avril
Ségolène Royal déclare qu'elle sera « probablement » candidate.

16 mai
François Bayrou vote la motion de censure déposée par le groupe socialiste à propos de l'affaire Clearstream.

29 mai
José Bové se déclare disponible pour être le candidat de la gauche anti-libérale.

25 juin
La Ligue communiste révolutionnaire désigne Olivier Besancenot.

26 juin
Jacques Chirac annonce qu'il prendra sa décision de se représenter ou pas au premier trimestre 2007.

28 juin
Lionel Jospin déclare qu'il n'exclut pas de se présenter.

18 juillet
Dominique Voynet choisie pour être la candidate des Verts.

28 septembre
Lionel Jospin annonce son retrait de la compétition interne au PS.

1er octobre
Jack Lang décide de ne pas se présenter et apporte son soutien à Ségolène Royal.

21 octobre
Les Radicaux de gauche décident de ne pas présenter de candidat et apportent leur soutien au candidat socialiste qui sera investi.

6 novembre
Jean-Pierre Chevènement se déclare candidat.

7 novembre
Présentant un pacte écologique, Nicolas Hulot n'exclut pas sa candidature.

16 novembre
60,6% des adhérents socialistes choisissent Ségolène Royal.

29 novembre
Nicolas Sarkozy annonce officiellement sa candidature.

2 décembre
François Bayrou prononce son discours de candidature.

10 décembre
Jean-Pierre Chevènement renonce et apporte son soutien à Ségolène Royal.

20 décembre
81% des adhérents communistes confirment la candidature de Marie-George Buffet.

Fin décembre
Affluence record dans les mairies pour l'inscription sur les listes électorales.

2007

13 janvier
Nicolas Dupont-Aignan quitte l'UMP et se présente en candidat indépendant.

14 janvier
Nicolas Sarkozy investi par 98,1% des adhérents de l'UMP.

20 janvier
Lancement de la campagne de Philippe de Villiers.

22 janvier
Nicolas Hulot renonce à se présenter et ne soutiendra aucun des candidats.

1er février
José Bové annonce sa candidature.

11 février
Ségolène Royal présente son programme.

Mis à jour le 01/05/2007

 

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