L’élection présidentielle de 2002 restera dans l’histoire celle du « tremblement de terre » ou encore du « séisme » du fait de la qualification inattendue de Jean-Marie Le Pen pour le second tour. Elle fait aussi de Jacques Chirac, réélu à 82,2%, le titulaire d’un record difficile à battre.

Affiche Jacques Chirac - Jean-Marie Le Pen

Première estimation des résultats du second tour retransmise à la télévision.

Photo : Daniel Julien © La Documentation française

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C’est une élection qui peut paraître paradoxale à plus d’un titre.

Elle voit le triomphe du Président sortant pourtant malmené dans les sondages et les médias, et qui recueille au premier tour le plus mauvais résultat d’un Président sortant, 19,9% des suffrages exprimés (en 1981, Valéry Giscard d’Estaing avait recueilli 28,3% et en 1988 François Mitterrand 34,1%).

Le premier tour de cette élection voit aussi la consécration du candidat de la « droite nationale » ou de « l’extrême droite », dont on s’est demandé jusqu’au dernier moment s’il possédait les 500 signatures de parrainage pour pouvoir se présenter et dont la campagne électorale fut relativement discrète, mais servie par le thème d’information dominant dans les médias : l’insécurité. La défaite du Premier ministre sortant, éliminé au premier tour au terme de cinq années de responsabilités gouvernementales a profondément marqué la gauche.

La dispersion des suffrages de l’électorat de gauche sur huit candidats et une abstention importante au premier tour (28,4%, record de la Ve République pour une présidentielle) expliquent la configuration exceptionnelle apparue le soir du 21 avril 2002 qui provoque un vif émoi dans l’Hexagone et au-delà.

« Election ambiguë » du fait du report massif des voix de gauche au second tour sur Jacques Chirac comme le mentionne Hugues Portelli un article de la revue Regards sur l’actualité n° 284 : « Au soir du second tour, la large victoire de Jacques Chirac ne peut masquer l’ambiguïté de l’élection présidentielle. Celle-ci ne permet pas de donner de signal politique clair en faveur d’un des camps en présence. C’est donc des élections législatives et de leur capacité à désigner une majorité, favorable ou non au président, que dépend désormais l’évolution du régime ».

Les 9 et 16 juin, les élections législatives se traduisent par une majorité absolue des sièges à l’Assemblée nationale pour l’Union pour un mouvement populaire (UMP), le parti du Président qui vient de se créer.

Résultats de l’élection présidentielle de 2002

Résultats de l’élection présidentielle de 2002
 

1er tour 21 avril 2002

% des inscrits

% des exprimés

2nd tour 5 mai 2002

% des inscrits

% des exprimés

Inscrits

41 194 689

100,0

41 191 169

100,0

Votants

29 495 733

 71,6

32 832 295

79,7

Suffrages
 exprimés

28 498 471

 69,2

100,0

31 062 988

75,4

100,0

J.Chirac

5 665 855

13,8

19,9

25537956

62,0

82,2

J.-M.Le Pen

4 804713

11,7

16,9

5 525032

13,4

17,8

L.Jospin

 4 610113

11,2

16,2

     

F.Bayrou

1 949170

4,7

6,8

     

A.Laguiller

1 630045

4,0

5,7

     

J.-P.
 Chevènement

1 518528

3,7

5,3

     

N.Mamère

1 495724

3,6

5,2

     

O.Besancenot

1 210562

2,9

4,2

     

J.Saint-Josse

1 204689

2,9

4,2

     

A.Madelin

1 113484

2,7

3,9

     

R.Hue

960480

2,3

3,4

     

B.Mégret

667026

1,6

2,3

     

Ch.Taubira

660447

1,6

2,3

     

C.Lepage

535837

1,3

1,9

     

Ch.Boutin

339112

0,8

1,2

     

D.Gluckstein

132686

0,3

0,5

     

Cartes des résultats des principaux candidats au premier tour de l’élection présidentielle de 2002 (départements métropolitains)

Carte des résultats de F. Bayrou

Carte des résultats de J. Chirac

Carte des résultats de l'extreme gauche

Carte des résultats de R. Hue

Carte des résultats de L. Jospin

Carte des résultats de JM. Le Pen

Carte des résultats de A. Madelin

Carte des résultats de N. Mamère

Carte des résultats de B. Mégret

Mis à jour le 01/05/2007

 

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