Centre pénitentiaire de Perpignan

Centre pénitentiaire de Perpignan (Pyrénées orientales).

Photo : Bertrand Desprez/Vu © La Documentation française

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En milieu fermé, certaines activités sont plutôt orientées vers une amélioration de la vie quotidienne : elles peuvent être sportives, culturelles ; "cantiner" en fait partie. Vieille tradition de la vie carcérale, la cantine pose cependant des problèmes d’égalité de traitement entre les détenus et d’harmonisation des règles pratiquées entre les établissements pénitentiaires. Elle reste une des premières raisons avancées par les détenus pour vouloir travailler.

D’autres activités sont plus orientées vers l’insertion, il s’agit, en principe, de préparer la sortie. Avoir une activité professionnelle répond à cet objectif.

Si le taux d’emploi dans les prisons a connu une nette amélioration à partir de 1997 (en 2001 47,6 % des détenus étaient employés), dès 2002 il a de nouveau baissé reflétant les variations de la population pénale et la conjoncture économique peu favorable (40 % en 2003). Même si le taux d’emploi varie selon les établissements, la totalité des demandes des détenus ne peut être satisfaite.

Le travail dans les prisons n’est pas obligatoire (la loi du 22 juin 1987 a dénoué le lien entre travail et peine en supprimant le caractère obligatoire du travail pour les condamnés à des peines criminelles ou correctionnelles) et aucun texte ne fixe avec précision les règles applicables au travail en prison.

Bien qu’il s’exécute pour le compte d’entreprises, le travail en prison ne procède, en fait, que de décisions unilatérales de l’administration. A partir des souhaits exprimés par les détenus, l’administration choisit ceux qui pourront effectivement travailler en les "classant", [dans chaque établissement une commission de classement examine les demandes des détenus et les classe soit au service général soit en emplois de production], fixe leurs rémunérations en publiant les grilles des salaires du service général ou en se mettant d’accord contractuellement avec les entreprises en production, et  se charge de les payer.

Les rémunérations sont soumises à des prélèvements qui ouvrent droit à des prestations d’assurance maladie et vieillesse ainsi qu’à des réparations en cas d’accident du travail. Mais aucune procédure n’existe en matière d’assurance chômage et le travail carcéral ne donne droit à aucune prestation à la sortie de prison.

Maintenir les liens avec l’extérieur et tout particulièrement avec la famille est essentiel pour la future réinsertion du détenu. Les articles D.402 et D. 404 du Code de procédure pénale précisent : "en vue de faciliter le reclassement familial des détenus à leur libération, il doit être particulièrement veillé au maintien et à l’amélioration de leurs relations avec leurs proches, pour autant que celle-ci paraissent souhaitables dans l’intérêt des uns et des autres." Et également : "sous réserve des motifs liés au maintien de la sécurité ou au bon ordre de l'établissement, le chef d'établissement ne peut refuser de délivrer un permis de visite aux membres de la famille d'un condamné ou à son tuteur. Toute autre personne peut être autorisée à rencontrer un condamné, s'il apparaît que ces visites contribuent à l'insertion sociale ou professionnelle de ce dernier." Cependant rendre visite à un détenu pose souvent des problèmes d’espace, de temps et de coûts aux familles, et ne facilitent pas la régularité de ces liens souvent fragilisés par la détention.

Mis à jour le 28/08/2006

 

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