"La Convention permet la manifestation, au grand jour, de la tension récurrente qui existe au sein du débat européen depuis 1973 entre les tenants d'une organisation institutionnellement souple (dont les chefs de file sont les Britanniques, même si leur position s'est complexifiée depuis cette époque) et ceux qui souhaitent une plus forte structuration politique et institutionnelle communautaire et européenne (dont les tenants ont longtemps été les Français). Les travaux qui ont abouti au traité de Nice ont montré que l'Union ne pourrait plus avancer sans trancher ce débat et sortir de l'ambiguïté maintenant le système communautaire à égale distance des deux camps. Mais le débat actuel n'est pas aussi simple, chacun des tenants ayant emprunté des éléments au système de l'autre. Le produit de la Convention pourrait bien être une synthèse de qualité comme notre Union européenne en crée souvent. Le blocage actuel ne serait alors que la dernière crise de ce "système à secousses" qui a besoin de la douleur etdes gesticulations pour avancer."

Source : Questions sur la Convention sur l'avenir de l'Europe à Jean-Luc Sauron, Maître des Requêtes au Conseil d'état, professeur associé à l'Université Robert Schuman de Strasbourg, 6 juin 2002 http://www.vie-publique.fr

Les alliances entre les Etats se sont multipliées pour donner lieu à des regroupements possibles :
Les pays qui sont favorables à une intégration européenne plus poussée, notamment les pays fondateurs de l'Union européenne rencontrent de fortes réticences de la part de la Grande-Bretagne qui, avec les pays scandinaves, demande le maintien du droit de veto des Etats en matière de politique étrangère, de défense, de fiscalité et de contrôle des frontières. Car pour les pays scandinaves, l'UE est d'abord un projet économique et un marché.
Quant aux nouveaux pays adhérents de l'Est qui viennent de recouvrer leur indépendance, ils appréhendent la configuration d'une Europe dominée par le couple franco-allemand.
Le Présidium de la Convention a fait ses propres propositions ; ces propositions étaient déjà des compromis, mais elles ont souligné le gouffre entre les plus grands pays européens et les plus petits.

La religion a été elle aussi, un pierre d'achoppement lors de la Conférence intergouvernementale. Dans un long document rendu public nommé "Ecclesia in Europa", le 29 juin 2003, le Pape Jean-Paul II rappelle l'Europe à son héritage religieux et dénonce la montée de l'indifférence religieuse. Le mécontentement du Vatican a été relayé au sein de la Convention par les représentants de l'Italie, de l'Espagne, de la Pologne, de l'Allemagne, du Danemark et des Pays-Bas qui plaident pour l'intégration d'une référence religieuse dans la Constitution. Dans le camp des laïcs, dont la France est leader, on soutient que la religion relève exclusivement de la sphère privée et ne doit pas apparaître dans le domaine politique ou institutionnel.

Mis à jour le 01/10/2007

 

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