Le bilan du sommet de Montreux 2010

Du 22 au 24 octobre 2010, s'est tenu le XIIIe Sommet de la Francophonie à Montreux (Suisse).
3 000 représentants des 70 Etats membres de l'Organisation internationale de la francophonie (OIF) sont réunis autour du thème "Défis et visions d’avenir pour la francophonie".
Ils adoptent la Déclaration de Montreux ainsi que neuf résolutions, portant notamment sur les situations de crise, de sortie de crise et de consolidation de la paix, la situation en Guinée, la reconstruction d’Haïti, la lutte contre les faux médicaments, la criminalité transnationale organisée, la piraterie et les actes terroristes.
Les chefs d'Etat et de gouvernement présents plaident pour une plus grande place de l'Afrique dans les instances internationales, notamment au Conseil de sécurité des Nations unies.
Cinq nouveaux États observateurs sont admis à l’OIF : la Bosnie Herzégovine, la République dominicaine, les Émirats arabes unis, l’Estonie et le Monténégro.

L’organisation compte désormais 75 États dont 56 membres et 19 observateurs. Le secrétaire général de la Francophonie, Abdou Diouf, est réélu pour un nouveau mandat. Le 14ème sommet doit se tenir à Kinshasa en 2012.

Le bilan du sommet de Québec 2008

Discours du Secrétaire général de la Francophonie Abdou Diouf, lors de la cérémonie d’ouverture du sommet; 2008

Discours du Secrétaire général de la Francophonie Abdou Diouf, lors de la cérémonie d’ouverture du sommet (Québec, 17 octobre 2008).

© David Cannon/OIF

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Du 17 au 19 octobre 2008 s’est tenu à Québec (Canada) le XIIe sommet de la Francophonie.

C’est la seconde fois que les chefs d’État et de gouvernement ayant le français en partage se réunissent à Québec (la première fois en 1987). Ce sommet coïncide avec le 400e anniversaire de la fondation de la ville, berceau de la présence francophone en Amérique du Nord.

La crise financière internationale, sujet de préoccupation des États francophones

Le sommet intervenant en pleine crise financière mondiale, cette dernière s’est imposée à l’ordre du jour des chefs d’État et de gouvernement francophones. Se déclarant « convaincus que la transparence et une régulation efficace demeurent des bases fondamentales pour le bon fonctionnement des marchés financiers » et appelant de leurs vœux « une intervention urgente et coordonnée », ils s’engagent notamment à participer activement au renforcement du système financier international et soutiennent la tenue d’un sommet international à ce sujet.

Langue française

Le sommet a été l’occasion pour les chefs d’État et de gouvernement de relancer la défense et la promotion du français. Ils s’engagent notamment à renforcer la place de la langue française dans leurs systèmes éducatifs, à prendre les mesures nécessaires à l’application effective des dispositions nationales et internationales relatives à l’usage du français dans la vie internationale, et à veiller à faciliter la diffusion et l’accessibilité de TV5 Monde.

La paix, la gouvernance démocratique et l’État de droit

Constatant, en cette année de célébration du 60e anniversaire de la Déclaration universelle des droits de l’Homme, que « la paix, la démocratie et les droits de l’Homme constituent des valeurs fondamentales de la Francophonie », les chefs d’État et de gouvernement déclarent vouloir mettre en œuvre « de façon beaucoup plus vigoureuse » le dispositif des déclarations de Bamako et de Saint-Boniface [PDF, 132 Ko]. Ils entendent s’impliquer de façon concertée dans les débats sur la réforme des systèmes de sécurité à l’ONU et dans les organisations régionales et renforcer la coopération juridique et judiciaire entre les États francophones.
Une position commune est en outre exprimée sur plusieurs situations de crise ou de sortie de crise dans l’espace francophone : Mauritanie, Djibouti, Haïti, Côte d’Ivoire, Grands Lacs, Tchad, Centrafrique, Darfour, Liban...

La gouvernance et la solidarité économiques

Outre la question de la crise financière, les chefs d’État et de gouvernement francophones s’engagent notamment à renforcer la solidarité et la coopération économique entre les pays membres de l’OIF et à promouvoir la transparence, la responsabilité et la bonne gouvernance dans le secteur des industries d’extraction, pour prendre en compte la dimension des « ressources naturelles » dans les conflits. La crise alimentaire mondiale ressort également comme un sujet de préoccupation important pour la Francophonie.

L’environnement, le développement durable et les changements climatiques

Les chefs d’État et de gouvernement de l’OIF se montrent déterminés à coopérer pour que les pays francophones « puissent mettre au point des politiques nationales en vue de réaliser, entre autres, l’objectif commun de réduire d’au moins 50 % les émissions mondiales de gaz à effet de serre d’ici 2050, tout en poursuivant, dans le cadre des négociations sur les changements climatiques menées sous l’égide de l’ONU, la recherche d’un consensus global sur des objectifs chiffrés plus rapprochés sur la base des scénarios élaborés par le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) et l’atteinte d’objectifs nationaux et régionaux plus ambitieux ».

Technologies de l’information dans l’éducation et situation internationale : le bilan du Sommet de Bucarest 2006

Le Sommet s’est tenu au Palais du Parlement, à Bucarest

Le Sommet s’est tenu au Palais du Parlement, à Bucarest (Roumanie).

© Cyril Bailleul/OIF

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Les 28 et 29 septembre 2006, s’est tenu à Bucarest (Roumanie) le XIe sommet de la Francophonie. Si la rencontre était principalement consacrée aux technologies de l'information dans l'éducation, les chefs d’Etat et de gouvernement ont consacré une part importante de leurs échanges à la politique internationale.

Ce sommet coïncide avec le 20e anniversaire de ces conférences réunissant les chefs d'Etat et de gouvernement des pays ayant le français en partage. Le premier sommet s'était en effet tenu en 1986 à Paris.

C'est la première fois que le sommet se déroule en Europe hors de France. La Roumanie est membre de l'Organisation internationale de la Francophonie depuis 1993. Elle a été le premier des 13 pays francophones d'Europe centrale et orientale à y avoir été admise.

« La Francophonie vers la société du savoir »

Se déclarant «convaincus que les technologies de l’information et de la communication, sans se substituer au rôle fondamental de l’enseignant, peuvent constituer un outil important pour la réalisation de nos objectifs», les chefs d’Etat et de gouvernement affirment dans la Déclaration de Bucarest vouloir «contribuer ainsi à réduire la fracture numérique qui sépare les pays du Nord et du Sud afin de favoriser l’émergence et le développement d’une société de l’information inclusive». Ils formulent ensuite un certain nombre d’engagements pour la création d’une «société du savoir».

Un difficile consensus sur la politique internationale : Liban, Côte d’Ivoire, Darfour...

L’entrée de la salle des Conférences au Palais du Parlement, à Bucarest

L’entrée de la salle des Conférences au Palais du Parlement, à Bucarest.

© Cyril Bailleul/OIF

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L’examen de la situation au Liban, en Côte d’Ivoire et au Darfour a révélé certaines divergences d’appréciation entre les participants au Sommet.

Finalement, s’agissant du Liban, la Déclaration de Bucarest appelle «toutes les parties à œuvrer en vue de l’application intégrale de la résolution 1701 du Conseil de sécurité et à collaborer avec la Force intérimaire des Nations Unies au Liban afin de permettre l’exercice par le gouvernement libanais de sa pleine souveraineté sur l’ensemble du territoire national et d’aider à l’instauration de la sécurité dans le Sud-Liban». Les chefs d’Etat et de gouvernement réitèrent leur «ferme attachement à la souveraineté, à l’indépendance politique et à l’intégrité territoriale du Liban» et appellent à «l’instauration d’une paix globale juste et durable au Moyen-Orient».

En ce qui concerne la Côte d’Ivoire, ils constatent «que le processus de sortie de crise n’a pas progressé suffisamment dans les deux domaines clés que sont le désarmement des combattants et des milices, et l’identification des populations en vue de l’établissement de la liste électorale» et regrette le report de l’élection présidentielle. La Déclaration souligne que «l’objectif doit demeurer l’organisation d’élections libres et démocratiques, fondées sur un processus d’identification équitable, des listes électorales renouvelées et crédibles et le désarmement de toutes les forces combattantes, pour en assurer la sécurité et la régularité».

Les chefs d’Etat et de gouvernement francophones se déclarent également «vivement préoccupés» par la dégradation de la situation au Darfour. Ils demandent «instamment à toutes les parties de mettre fin immédiatement à toutes les attaques contre les civils».

Enfin, 5 résolutions  ont été adoptées concernant le Fonds mondial de solidarité numérique, le déversement des déchets toxiques à Abidjan, les migrations internationales et le développement, le positionnement d’une force onusienne en République centrafricaine et le changement climatique.

La Conférence ministérielle de la Francophonie a par ailleurs adopté quelques jours plus tôt un Vade-mecum relatif à l’usage de la langue française dans les organisations internationales.

Développement durable et situation en Côte d'Ivoire : le bilan du sommet de Ouagadougou 2004

Affiche du Xe sommet à Ouagadougou

Le thème retenu pour ce sommet était "La Francophonie, un espace solidaire pour un développement durable". La "Déclaration" adoptée à l'issue du sommet réaffirme la position de la Francophonie, tandis qu'un "Cadre stratégique décennal" définit les objectifs et perspectives qui doivent guider l'OIF dans son action pour 2005-2014. La crise en Côte d'Ivoire, Etat francophone et pays voisin du Burkina Faso, a également mobilisé les participants au sommet.

La Déclaration de Ouagadougou

La déclaration adoptée par les chefs d'Etat et de gouvernement "des pays ayant le français en partage" rappelle l'importance attachée par la Francophonie à une vision globale du développement durable. Les dirigeants francophones estiment que "le développement sera durable s'il repose sur cinq piliers, à savoir la gestion maîtrisée et saine des ressources naturelles, un progrès économique inclusif et continu, un développement social équitable faisant appel à la tolérance et s'appuyant sur l'éducation et la formation, des garanties de démocratie et d'Etat de droit à tous les citoyens et une large ouverture à la diversité culturelle et linguistique."

Le Cadre stratégique décennal (2005-2014)

Le sommet de la Francophonie a défini un "cadre stratégique décennal", destiné à faciliter la définition d'objectifs à long terme de pour la Francophonie. Il formule des orientations stratégiques et des principes directeurs qui s'imposent à la programmation, désormais quadriennale, des opérateurs.

La crise en Côte d'Ivoire

Dans une résolution adoptée à l'issue du sommet, les chefs d'Etat et de gouvernement francophones "condamnent fermement les attaques meurtrières provoquées par les FANCI [forces gouvernementales] au nord de la Côte d'Ivoire, y compris celles contre la force Licorne [forces françaises] agissant sous mandat des Nations unies en faveur de la paix en Côte d'Ivoire". En outre, ils "réaffirment leur conviction que les engagements consignés dans les Accords de Linas Marcoussis et d'Accra III constituent la seule voie pour une réconciliation durable en Côte d'Ivoire et exigent leur stricte application". Le président ivoirien Laurent Gbagbo n'a pas participé au sommet de Ouagadougou.

Affirmation politique et diversité culturelle : le bilan du sommet de Beyrouth 2002

Cérémonie d'ouverture du IXe sommet de la Francophonie

Cérémonie d'ouverture du IXe sommet de la Francophonie.

© Frédéric de La Mure, ministère des Affaires étrangères - service photographique

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Le IXème Sommet de la Francophonie, qui s'est tenu du 18 au 20 octobre dans la capitale libanaise, a été en grande partie dominé par l'actualité internationale et notamment la question irakienne. La conjoncture internationale a ainsi fourni un certain écho à la volonté d'affirmation politique de la communauté francophone.

Crise irakienne, conflit israélo-palestinien, terrorisme... : la voix de la Francophonie

Réunis pour la première fois en terre arabe, non loin de l'Irak et d'Israël, les chefs d'Etat et de gouvernement francophones se sont en effet saisis des principales crises internationales du moment, sur lesquelles ils ont entendu exprimer une position originale. Ils se sont d'ailleurs pour la première fois réunis à huis clos pour en débattre.

Irak

"Nous défendons la primauté du droit international et le rôle primordial de l'ONU et en appelons à la responsabilité collective pour résoudre la crise irakienne, et à l'Irak pour respecter pleinement toutes ses obligations", déclarent les chefs d'Etat et de gouvernement francophones, se démarquant ainsi de la position américaine.

Israël-Palestine

Le sommet de la Francophonie a apporté son appui à l'initiative du prince héritier Abdallah d'Arabie Saoudite, adoptée par le Sommet arabe de Beyrouth les 27 et 28 mars 2002. "L'initiative arabe de paix" est considérée "dans toutes ses composantes, notamment celles relatives à l'échange des territoires en contrepartie de la paix et celles relatives au problème des réfugiés palestiniens, comme le cadre le plus approprié pour arriver à une solution juste, durable et globale dans la région".

Terrorisme, droits de l'Homme

Sans surprise, les responsables francophones condamnent "énergiquement (...) tout recours au terrorisme" et soulignent "la nécessité d'une coopération étroite de tous nos Etats et gouvernements pour prévenir et contrer ce fléau".
Mais ils affirment dans le même temps "que toutes les mesures prises pour combattre le terrorisme doivent respecter les principes fondamentaux de la Charte des Nations unies et les instruments internationaux relatifs aux droits de l'Homme, au droit humanitaire et au droit des réfugiés".
En outre, le sommet invite "les États qui ne l'ont pas encore fait à ratifier le Statut de Rome sur la Cour pénale internationale ou à y adhérer dès que possible".

Côte d'Ivoire

Les chefs d'Etat et de gouvernement francophones condamnent "la tentative de prise de pouvoir par la force et la remise en cause de l'ordre constitutionnel en Côte d'Ivoire" et apportent leur soutien aux "efforts engagés, en particulier par la CEDEAO, pour favoriser le dialogue, seule voie d'une réconciliation durable".

Diversité culturelle : "ne pas laisser réduire les biens et services culturels au rang de simples marchandises"

Thème officiel du sommet, "le dialogue des cultures" sera lui aussi l'occasion pour les chefs d'Etat et de gouvernement francophones de faire valoir une position critique sur la scène internationale. Depuis les négociations entreprises en 1993 dans le cadre du GATT sur la libéralisation des produits culturels, la Francophonie a milité en faveur de "l'exception culturelle" (Sommet de Grand-Baie). La "diversité culturelle" constitue depuis un élément important de l'action de l'OIF.

Affiche officielle du sommet de Beyrouth

"Nous confirmons notre volonté de ne pas laisser réduire les biens et services culturels au rang de simples marchandises. Nous réaffirmons le droit qu'ont nos États et gouvernements de définir librement leur politique culturelle et les instruments qui y concourent. Nous sommes déterminés à faire aboutir ces positions au sein des divers forums internationaux". Et les dirigeants francophones d'estimer que "dans les conditions actuelles, (...) la préservation de la diversité culturelle implique de s'abstenir de tout engagement de libéralisation à l'OMC en matière de biens et services culturels, et ce afin de ne pas compromettre l'efficacité des instruments visant à la promotion et au soutien de la diversité culturelle".

Les chefs d'Etat et de gouvernement francophones se déclarent en outre "décidés à contribuer activement à l'adoption par l'UNESCO d'une convention internationale sur la diversité culturelle, consacrant le droit des États et des gouvernements à maintenir, établir et développer des politiques de soutien à la culture et à la diversité culturelle".

Election d'Abdou Diouf, nouveau Secrétaire général de la Francophonie

L'ancien président sénégalais Abdou Diouf a été élu Secrétaire général de la Francophonie par les chefs d'Etat et de gouvernement francophones. Il succède ainsi à l'Egyptien Boutros Boutros-Ghali, qui occupait ce poste depuis sa création en 1997.

Première participation de l'Algérie

L'Algérie, qui n'est ni membre ni observateur de l'OIF, a pour la première fois participé à un sommet francophone. Rompant avec une certaine réserve vis-à-vis de la Francophonie, qui s'explique notamment par la délicate question de la place du français en Algérie, le Président algérien a estimé "qu'après avoir été récupérée et renforcée, notre arabité est suffisamment affirmée, pour ne courir aucun risque". Abdelaziz Bouteflika a ainsi affirmé que l'Algérie a "conscience que l'usage de la langue française permet à nos jeunes d'élargir leur horizon, et de participer à l'évolution du monde moderne".

Mis à jour le 01/10/2010

 

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