Une des difficultés du collège unique est de répondre au défi de la démocratisation et de l’égalité des chances des élèves. Cet objectif a constitué une des motivations fortes à l’ouverture du système éducatif. Mais qu’en est-il aujourd’hui ?

Une ouverture et une augmentation des effectifs du collège

Graphique 1 : Les évolutions des effectifs du second degré

Graphique des évolutions des effectifs du second degré

(source : repères et références statistiques, DEP, ministère de l'Éducation nationale, édition 2000)

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La mise en place progressive du collège unique à partir des années 1960 a permis une plus grande ouverture du système éducatif à des enfants issus de milieux modestes. Les effectifs des collèges ont donc nettement progressé jusqu’au milieu des années 1990. En effet, on passe de 1 453 000 collégiens en 1960/61 à 3 285 400 en 1994/1995.
Depuis, le nombre d’élèves stagne, voire régresse légèrement. En 1999/2000, 3 164 100 adolescents sont scolarisés dans un établissement du premier cycle.
La démocratisation s’est donc d’abord traduite par une massification des effectifs.

Graphique 2 : Obtention du baccalauréat selon le milieu social et les générations

Obtention du bac selon le milieu social et les générations

(Sources - Formation et qualification professionnelle (Calculs Marie Duru-Bellat et Annick Kieffer et enquêtes sur l'emploi (Calculs DP&D), INSEE
Lecture - Dans les générations nées entre 1974 et 1977, 91% des enfants de cadres sont bacheliers, contre 45% des enfants d'ouvriers. Dans les générations des années trente, ces taux atteignaient respectivement 41% et 2%)

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La démocratisation revêt aussi un caractère uniforme, c’est-à-dire qu’elle profite à tous les milieux sociaux. Le niveau moyen de formation s’est élevé quelque soit l’origine sociale des élèves. Cette progression a été possible par l’allongement de la scolarité obligatoire et par l’ouverture des collèges à un plus grand nombre d’élèves. Ainsi pour la génération née entre 1959 et 1963, au début des réformes visant à unifier les structures de l’école moyenne, seuls 70 % des enfants de cadres étaient bacheliers et environ 15 % des enfants d’ouvriers.
 Au contraire, 90 % des enfants de cadres nés entre 1974 et 1977 sont bacheliers, comme 45 % des enfants d’ouvriers nés aux mêmes dates.

L’ouverture du système éducatif et la mise en place du collège unique ont donc permis une massification des effectifs et une hausse générale du niveau moyen de formation.

...mais des inégalités demeurent...

Graphique 3 : Les différences de parcours scolaires (pourcentage d'élèves parvenant en 3ème sans avoir redoublé et par catégorie sociale)

Graphique des différences de parcours scolaires

(source : repères et références statistiques, DEP, ministère de l'Éducation nationale, édition 2000)

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Graphique 4 : Bacheliers en 1998 par catégorie sociale

Graphique des bacheliers en 1998 par catégorie sociale

(source : repères et références statistiques, DEP, ministère de l'Éducation nationale, édition 2000)

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Si le niveau moyen de formation a augmenté de façon générale, la hiérarchie scolaire respecte encore largement la hiérarchie sociale. Sur le graphique 2, on peut constater que ce sont toujours les enfants issus des mêmes catégories sociales qui sont les plus brillants ou les plus en difficulté.
Cette observation est renforcée par la différence des parcours scolaires des élèves entrés en 1995 en 6ème si l’on tient compte de la profession du chef de famille.
86 % des enfants de cadres et d’enseignants sont entrés en 3ème générale en 1999 contre seulement 62 % des enfants d’employés et 56 % des enfants d’ouvriers.
Cette différence s’accentue encore au niveau du baccalauréat comme l’illustre le graphique 4.
Si la démocratisation au sens quantitatif a réussi, la démocratisation qualitative connaît encore des difficultés de réalisation.

...tout en changeant de nature

Les dernières études traitant des inégalités devant l’école montrent que, si leurs origines demeurent à la fois socioéconomiques et culturelles, leur poids respectif dans la reproduction de la hiérarchie sociale a varié.
Si, autrefois, le niveau de revenu déterminait la longueur des études et donc le niveau de formation, il semblerait aujourd’hui que ce soit davantage la connaissance du système scolaire, la capacité à aider les enfants à réussir les examens et à choisir leur orientation.
Les inégalités ne sont plus inscrites dans l’institution scolaire elle-même puisque tous les enfants peuvent accéder au même enseignement, elles se construisent désormais au cours du cursus avec la multiplication des moments où se décident les orientations. Connaître le système scolaire devient donc primordial pour assurer à ses enfants une bonne scolarité. Or ce sont ceux qui ont réussi leurs propres parcours scolaires qui sont les plus compétents pour conseiller leurs enfants et non les parents peu ou pas diplômés.

Mis à jour le 01/09/2001

 

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