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Un soft power à la française ?

[Quelle place pour la France dans le monde ?], pour plus d'information, consulter la description longue en dessous de cette illustration

Patrouille de France, 2011.
Photo : Jeffrey Pardoen Wikimedia Commons

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L’émergence de nouveaux acteurs internationaux, et surtout d’une société mondiale ayant un accès direct à l’information et à l’expression grâce aux nouvelles technologies numériques, rend l’adaptation de l’outil diplomatique nécessaire. La France est désormais de plus en plus soucieuse de développer son « soft power », c’est-à-dire une politique d’influence systématique dans le monde.

La culture, outil de séduction ?

Dans un texte intitulé "Des atouts culturels et intellectuels à réinventer" (publié dans le numéro spécial "La France dans le monde", Questions internationales, n°61-62, mai-août 2013, La Documentation française), François Chaubet rappelle que « traditionnellement, depuis la fin du XIXe siècle, l’Hexagone a régulièrement joué de l’arme du soft power culturel pour compenser ses lacunes politico-militaires. Par le caractère séducteur et le retentissement de ses messages idéologiques, par le brio de ses écrivains et artistes, par la patiente mise en place d’un vaste réseau extérieur (instituts et lycées français, Alliances françaises), la France a su influencer les préférences des élites mondiales des cinq continents au XXe siècle».

Anne Goscinny, fille de René Goscinny, dévoile une sculpture de son père devant le lycée français de Varsovie, septembre 2013.

Anne Goscinny, fille de René Goscinny, dévoile une sculpture de son père devant le lycée français de Varsovie, septembre 2013.

Photo : Janek Skarzynski © AFP

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Mais qu’en est-il en 2013 ? Avec ses 445 Alliances françaises conventionnées dans le monde et ses 96 Instituts français en juillet 2013, le réseau culturel extérieur reste imposant et se modernise de façon constante et souvent fructueuse. « Il a été complété très utilement, ces trente dernières années, par le réseau hertzien des médias de masse (RFI, France 5 et France 24, la chaîne d’information en continu créée en 2006) ».

F. Chaubet souligne néanmoins que « prétendre assumer un statut de grande puissance culturelle nécessite de se revêtir en partie de nouveaux atours. L’un concerne le numérique, l’autre la dimension d’une politique culturelle d’expertise. (…) La mise en œuvre d’une politique numérique nationale permettant de rivaliser avec Google et Facebook dans les décennies à venir constitue un défi majeur pour maintenir des activités éditoriales ou universitaires françaises indépendantes. (…) L’autre grande politique à suivre serait la recherche d’une action en faveur de l’influence intellectuelle. (…) Proposer également des capacités d’ingénierie dans le domaine de la santé ou de l’éducation à travers le monde représente aussi une nouvelle frontière intellectuelle et économique pour une puissance culturelle "classique" telle que la France. Le premier pas a d’ailleurs été franchi victorieusement avec le succès de l’expertise muséale que symbolise le Louvre Abou Dhabi ».

Promouvoir la francophonie

Avec 220 millions de francophones, le français est présent sur tous les continents. Dans son article "La Francophonie : survivance du passé, outil diplomatique d’avenir", Bruno Maurer souligne ainsi que « le français reste la langue officielle de nombreux pays africains, … il est l’une des six langues officielles et l’une des deux langues de travail des Nations Unies. Il est également l’une des deux langues officielles de la Cour internationale de justice de La Haye ».

Les Jeux de la Francophonie sont organisés tous les quatre ans et mettent aux prises les représentants des pays membres de la Francophonie

Les Jeux de la Francophonie sont organisés tous les quatre ans et mettent aux prises les représentants des pays membres de la Francophonie, Nice, 2013.

Photo : Valery Hache © AFP

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Pour Marie-Christine Kessler, la promotion de la francophonie est un « référentiel constant en matière de politique étrangère ». Elle permet à la France de maintenir et de développer des liens privilégiés avec d’autres pays francophones. La francophonie est en effet une réalité linguistique mais aussi politique.

Il convient de rappeler à cet égard que « le terme de Francophonie désigne également le dispositif institutionnel organisant des relations politiques et de coopération entre les 77 États et gouvernements actuellement membres de l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF). La démarche d’adhésion à cette organisation, qui a pris le nom d’OIF en 2005, repose sur la base du volontariat – ainsi l’Algérie n’est-elle pas membre de cet espace alors même que de nombreux Algériens parlent ou comprennent la langue française. (…) À la culture et à l’éducation, domaines de prédilection de la coopération francophone, se sont ajoutés au fil des sommets les sujets politiques (paix, démocratie et droits de l’homme), le développement durable, l’économie et les technologies numériques. Ces enjeux constituent dorénavant les principales orientations de l’action de l’OIF » ("L’outil diplomatique français, le temps des concurrences",  numéro spécial "La France dans le monde", Questions internationales, n°61-62, mai-août 2013, La Documentation française).

Mis à jour le 04/10/2013

 

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