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Le « poids économique » de la culture

[Économie de la culture], pour plus d'information, consulter la description longue en dessous de cette illustration

Théâtre André Malraux. Rueil-Malmaison.
© Jean-Pierre Bilem

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Mesurer la part des activités culturelles dans l’économie nécessite de définir le périmètre de ces activités puis de réussir à résumer en un seul indicateur macroéconomique l’activité d’acteurs culturels pour le moins divers.

Le "PIB culturel"

L'Église Saint Thibault, à Saint Thibault (Côte d'Or - Bourgogne).

L'Église Saint Thibault, à Saint Thibault (Côte d'Or - Bourgogne).

© Gunda et Georges Lehovetzki

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Dans un article intitulé "La culture : quel poids dans le PIB ? " (n°382 de la revue Cahiers français, La Documentation française, septembre-octobre 2014), Yves Jauneau affirme que « le poids de la culture dans le PIB n’a pratiquement pas cessé de progresser depuis le début des années 1960 jusqu’au début des années 2000. Ainsi, la proportion de la valeur ajoutée consacrée aux branches culturelles est passée d’environ 1,7 % en 1960 à 2,6 % en 2003, année où ce poids a atteint sa valeur maximale en plus de cinquante ans. De 1960 à 1980, la hausse du poids de la culture est à relier au fort développement des sorties au spectacle ou de certaines pratiques audiovisuelles (écoute de musique),  alors même que la généralisation de l’équipement  télévisuel dans les foyers a peu à peu compensé le recul des sorties au cinéma. Après quelques années de repli, le poids économique de la culture a connu sa plus forte période de progression dans les années 1980, encouragé par une hausse notable des dépenses publiques pour la culture, avec notamment le quasi-doublement du poids de la culture dans le Budget de l’État à cette époque. (…)

L'Hôtel de Ville de Paris - Journée du Patrimoine, 2013

L'Hôtel de Ville de Paris - Journée du Patrimoine, 2013.

© Joël Galeran Wikimedia Commons

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En 2012, la valeur ajoutée de l’ensemble des branches culturelles peut être estimée à 44 milliards d’euros, ce qui correspond à un poids de la culture dans le PIB de 2,4 %. (…) Depuis le début des années 2000, l’audiovisuel (cinéma, radio, télévision, disque, vidéo) est devenu la première branche culturelle, devançant le livre et la presse, dont l’activité n’a cessé de reculer depuis 1995. En quinze ans, le poids du spectacle vivant et du patrimoine – activités majoritairement non marchandes – a régulièrement augmenté du fait notamment de hausses de prix soutenues. (…)

Si les Français lisent de moins en moins, ils sortent de plus en plus : ainsi, en 2012, un ménage consacre 20 % de ses dépenses culturelles aux activités de spectacle ou de patrimoine (musées, monuments historiques), contre 8 % en 1995. Pour les spectacles (…) la diffusion des pratiques s’est accompagnée d’une hausse des prix plus marquée dans le spectacle vivant. En ce qui concerne le patrimoine, on a pu observer depuis dix ans une forte hausse de la fréquentation dans les musées : 62 millions de visiteurs ont ainsi été accueillis dans les musées labellisés Musées de France en 2012, au lieu de 45 millions en 2004, soit une hausse annuelle moyenne de 4 %. Ce dynamisme semble toutefois plutôt être le fait des visiteurs étrangers que des visiteurs vivant en France. Ainsi, dans les quatre premiers musées français en termes de visiteurs (Louvre, Château de Versailles, Centre Pompidou, Orsay), qui concentrent plus de 40 % de la fréquentation des Musées de France, deux visiteurs sur trois sont étrangers.

La culture, génératrice d’emploi

Bibliothèque - Château de Chantilly

Bibliothèque - Château de Chantilly.

© Gunda et Georges Lehovetzki

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Selon un rapport public intitulé "L'apport de la culture à l'économie en France" (Inspection générale des Finances,  Inspection des affaires culturelles, ministère de la Culture et de la Communication, janvier 2014), « l’emploi dans les entreprises culturelles [670 000 personnes] d’une part, et les professions culturelles [870 000 personnes] d’autre part, correspondent à deux mesures différentes de l’emploi : la première constitue à retracer les emplois dans les entreprises culturelles (que ces emplois soient de nature culturelle ou non),  par l’intermédiaire des données issues des enquêtes sur les entreprises de chaque code NAF [la nomenclature d'activités française, ou code NAF, est l’un des codes Insee. Il permet la codification de l’APE, c'est-à-dire de l'activité principale exercée dans une entreprise. Note de la rédaction) ; la seconde vise à retracer les emplois culturels dans toutes les entreprises, à travers les déclarations des ménages à l’occasion du recensement (il s’agit par exemple du designer de l’industrie automobile, ou bien de l’interprète d’une entreprise pharmaceutique.

(…) Les activités culturelles (spécifiquement et indirectement) employaient près de 670 000 personnes en 2010, qu’il s’agisse de fonctions culturelles ou non culturelles. L’emploi dans les activités culturelles représente donc  2,5 % de l’emploi total en France (26 700 000 actifs en emploi en 2010).

Façade de l'entrée du théâtre A.Malraux. Rueil-Malmaison

© Jean-Pierre Bilem

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Le secteur culturel le plus pourvoyeur d’emplois est le spectacle vivant (150 000 emplois, soit 22 % du total de ces emplois), devant la publicité (100 000) et la presse (87 000). L’emploi dans les activités culturelles a progressé  de 2,0 % entre 2008 et 2010, soit 13 000 emplois créés : cette création nette a été particulièrement forte de l’ordre de 3 000 ou 4 000 emplois créés en deux ans pour chacun des secteurs) dans la publicité, l’accès aux savoirs et à la culture, les arts visuels et le spectacle vivant. À l’inverse, certains secteurs ont supprimé des emplois comme le livre ou la restauration du patrimoine et, surtout, le secteur des industries de l’image et du son (800 emplois perdus entre 2008 et 2010) et celui de la presse 6 000 emplois). » 

Mis à jour le 02/04/2015

 

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