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Introduction

[La Chine, puissance régionale et mondiale], pour plus d'information, consulter la description longue en dessous de cette illustration

Shanghai, l’une des plus grandes mégapoles de la Chine avec plus de 18,5 millions d'habitants.
© Gunda et Georges Lehovetzki - 2015

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La spectaculaire affirmation politique, économique et militaire de la Chine est le fait majeur des relations internationales contemporaines. De 1500 au milieu des années 1800, ce pays était la puissance dominante à l’échelle mondiale. Slogan politique évoqué par le président Xi Jinping en 2012, le "rêve chinois", traduit non seulement la volonté de réaliser un nouveau contrat social mais également celle d’élaborer un projet de puissance. Ce pari est-il en passe d’être tenu ?

Pays le plus peuplé du monde  avec 1,37 milliard d’habitants en 2015, la Chine s’affirme dans les relations internationales à la faveur d’une expansion économique exceptionnelle commencée dans les années 1980.

D’abord  l’"atelier du monde" grâce à une main-d’œuvre abondante et à faible coût, elle s’emploie désormais à s’affirmer comme une grande puissance industrielle en favorisant les activités de recherche-développement et en redéployant ses capitaux à travers le monde. L’Europe où, en 2015 pour la première fois, les investissements ont été plus élevés qu’aux États-Unis, est devenue une nouvelle destination. Par ailleurs, si la monnaie chinoise demeure encore en retrait par rapport au poids commercial de la Chine, elle s’internationalise peu à peu.

Le rythme de cette expansion économique demeure toutefois incertain et sera fonction des choix de la direction du Parti communiste chinois (PCC), de l’évolution politique du pays, y compris du succès ou de l’échec de la lutte anti-corruption débutée en 2014, et des contraintes démographiques d’une population vieillissante.

Première puissance asiatique, les aspirations affichées de la Chine sont élevées et considérées avec méfiance par certains pays voisins, notamment par ceux avec lesquels le pays entretient des litiges territoriaux. Pour eux, ce rêve d'une Chine forte aux ambitions régionales marquées est synonyme de menace. Les deux autres puissances régionales, à savoir le Japon et l'Inde, mais également le Vietnam, les Philippines et même l'Australie peuvent le sentir de manière palpable : les navires chinois croisent à proximité de leurs eaux territoriales. La Chine se heurte également à l’hostilité de Taïwan sur laquelle elle souhaite rétablir sa souveraineté. Les tensions sont fortes avec le Japon - notamment au sujet des îles Senkaku en mer de Chine - et la Corée du Sud en raison de l'installation d'un bouclier antimissiles américain prévu fin 2017 et du soutien apporté au régime nord-coréen dont le programme nucléaire inquiète. Pékin est également en conflit avec les pays riverains de la mer de Chine méridionale (Vietnam, Philippines (1), Indonésie) dont certains craignent une volonté chinoise de restaurer une domination et un retour au système de relations tributaires d’antan.

Puissance économique, puissance militaire et nucléaire, la Chine se heurte dans sa quête de grandeur aux États-Unis avec lesquels elle entretient des relations de rivalités et de coopérations. Elle est notamment confrontée à une présence américaine profondément ancrée en Asie et dont l’assise est confortée par la stratégie du "pivot" lancée par l’ancien président américain Barack Obama qui a placé l’Asie orientale au sommet des priorités de sa politique étrangère. L'élection de Donald Trump à la présidence des États-Unis en novembre 2016 pourrait entraîner, vu les déclarations très critiques du nouveau président à l'égard de la Chine, un refroidissement nettement plus accentué des relations entre les deux pays.

Si la forte croissance des dépenses militaires de la Chine induit un développement significatif de l’Armée populaire chinoise (APC), il demeure toutefois insuffisant pour rivaliser avec la puissance américaine. Le budget de l’APC représente encore moins d’un tiers de celui du Pentagone et la Chine accuse un retard matériel et technologique important. En outre, l’interdépendance économique entre les deux pays liée aux échanges commerciaux et au placement d’une part importante des excédents chinois dans la dette publique américaine est un facteur de coopération.

La Chine est de plus en plus présente dans le monde,  par ses investissements dans les pays en développement comme dans les pays riches, par une politique de soft power volontariste à travers les instituts culturels, la presse et les médias et par les nombreux Chinois vivant à l’étranger ou y séjournant dans le cadre de leurs études ou de voyages touristiques.

Le "rêve chinois" unit donc "prospérité et puissance". S'agit-il d'un simple "rêve" ou d'un projet fondateur pour l’avenir ? La Chine, veut-elle faire émerger une nouvelle vision universelle dont elle serait la référence ? L’adoption par Pékin d’une attitude diplomatique coopérative ou conflictuelle sera, de toutes les façons, un élément structurant du monde multipolaire dans les prochaines décennies.

(1) Mais le nouveau président élu en juin 2016 aux Philippines, Rodrigo Duterte, a opéré un rapprochement spectaculaire avec la Chine, illustré notamment lors de sa visite d'État à Pékin en octobre 2016.

Mis à jour le 27/01/2017

 

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