Le 1er mai 2004, l'Union européenne est passée de quinze à vingt-cinq Etats membres en accueillant Chypre, l'Estonie, la Hongrie, la Lettonie, la Lituanie, Malte, la Pologne, la République tchèque, la Slovaquie et la Slovénie. Puis, le 1er janvier 2007, la Bulgarie et la Roumanie ont rejoint l'UE, qui compte désormais vingt-sept pays. Cet élargissement de l'Union a bouleversé la donne : la superficie de l'UE a augmenté de plus de 25 %, sa population de plus de 20 %, mais sa richesse d'environ 5 % seulement. Le PIB moyen par habitant de l'Union européenne a de ce fait diminué de plus de 10 % et les disparités régionales sont deux fois plus grandes. Cependant, depuis l'adhésion, les écarts entre les anciens et nouveaux membres se sont réduits. Dans une étude publiée en février 2009 sur le bilan de l'élargissement, la Commission européenne souligne que le revenu par habitant dans les nouveaux Etats membres représentait, en 1999, 40 % du revenu moyen par habitant des anciens Etats membres. En 2008, il se situe à hauteur de 52 %. De même, la croissance dans les nouveaux Etats, qui atteignait 3,5 % en rythme annuel sur la période 1999-2003, s'est accélérée pour atteindre un taux de 5,5 % sur la période 2004-2008. Mais la crise économique mondiale, a durement frappé les nouveaux Etats membres de l'Union européenne à partir de 2009. Elle a stoppé net la croissance de ces pays et les a privés d'une bonne partie de leurs recettes d'exportation.

Sur son site, le ministère français des affaires étrangères fait le point sur ces douze nouveaux Etats membres, quelques années après leur entrée dans l'Union.

Chypre et Malte, deux pays méditerranéens europhiles

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Bâtiment de la représentation européenne à Malte.

« Pour beaucoup de Chypriotes, l'adhésion de la République de Chypre à l'Union européenne a apporté une garantie de sécurité dans le contexte de partition de l'île et de la présence de 40 000 militaires turcs au "Nord". Nicosie s'est immédiatement montré un partenaire actif au sein de l'UE. Les autorités chypriotes se sont fortement impliquées dans la reprise de l'acquis communautaire comme le démontre notamment le passage réussi à l'euro le 1er janvier 2008, quatre ans à peine après l'adhésion de l'île. Le sentiment europhile est encore très fort dans l'opinion, se traduisant ainsi par un taux élevé de participation lors des dernières élections pour le Parlement européen en juin 2009.

L'adhésion de Malte à l'Union européenne n'est pas allée de soi et a animé le débat politique national. Malte a, depuis, passé toutes les étapes avec succès : entrée dans l'espace Schengen en décembre 2007 pour la voie maritime et en mars 2008 pour la voie aérienne ; entrée dans la zone euro le 1er janvier 2008 ; ratification parlementaire à l'unanimité du traité de Lisbonne le 29 janvier 2008. Aujourd'hui, et surtout depuis la modernisation du parti travailliste devenu pro-européen, les Maltais affirment avec fierté leur identité européenne.

Les Etats baltes, bons élèves de l'UE

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Le Premier ministre estonien retire des euros au distributeur automatique, 1er janvier 2011.

Au sein de l'Union européenne, l'Estonie dispose de quatre voix au Conseil. Les députés estoniens au Parlement européen sont au nombre de six. Favorable à la poursuite de l'élargissement de l'UE, l'Estonie accorde une attention particulière à la politique de l'UE à l'égard de ses voisins de l'Est.
L'Estonie fait partie de l'espace Schengen depuis décembre 2007 et a rejoint la zone euro le 1er janvier 2011, au prix d'une politique de rigueur drastique, qui lui permet aujourd'hui d'afficher un respect de tous les critères de Maastricht : elle présente toujours la dette publique la plus faible de l'UE (7,2 % du PIB) et l'un des plus faibles déficits (-1,7 % en 2009).

La Lettonie a attaché une grande importance à son adhésion à l'UE, associée à la sécurité et à la prospérité. Riga, qui dispose de quatre voix au Conseil et de neuf députés au Parlement européen, a ratifié le traité de Lisbonne en mai 2008. Depuis décembre 2007, le pays est membre de l'espace Schengen.
 La Lettonie a connu jusqu'en 2007 une forte croissance économique accompagnée de facteurs d'instabilité (inflation élevée, déficit croissant de la balance commerciale). Le pays est à présent durement atteint par la crise financière et économique. Le gouvernement a obtenu en décembre 2008 une aide internationale (UE, FMI, pays nordiques) de 7,5 milliards d'euros liée à un programme de stabilisation et de relance de l'économie qui a pour objectif un rétablissement des grands équilibres d'ici à 2012 : ce programme s'est traduit par une très forte réduction de la masse salariale et des dépenses publiques. La Lettonie envisage d'intégrer la zone euro en 2014.

Au sein de l'Union européenne, la Lituanie dispose de sept voix au Conseil et de treize députés au Parlement européen (comme la Finlande et le Danemark). Membre de l'espace Schengen depuis décembre 2007, la Lituanie est chargée du contrôle d'une frontière extérieure de l'UE avec la Russie (Kaliningrad) et la Biélorussie. Le développement de la politique énergétique de l'UE est l'une de ses priorités.
Depuis son adhésion à l'UE et jusqu'en 2008, la Lituanie a connu une croissance annuelle comprise entre 7 % et 9 %. Elle a été durement touchée par la crise économique mondiale : la récession a été de -15 % en 2009. L'économie lituanienne devrait cependant renouer avec la croissance à partir de 2011.

Les PECO et la Slovénie : une situation contrastée

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Campagne d'affichage pour l'adoption de l'euro, Bratislava, octobre 2008.

En entrant dans l'Union européenne, la Hongrie a atteint ce qui était depuis 1990 l'objectif central et consensuel de sa politique étrangère. Budapest dispose de douze voix au Conseil de l'Union et envoie vingt-deux députés au Parlement européen. Entrée dans l'espace Schengen fin 2007, la Hongrie est favorable à l'élargissement de l'UE, en particulier aux pays des Balkans occidentaux.
C'est fragilisée que la Hongrie a été confrontée à la crise financière de l'automne 2008. Elle a connu une profonde récession en 2009 avec une contraction du PIB de 6,3 %, mais la reprise semble se confirmer. Elle a dû faire appel au soutien de la communauté financière internationale, et bénéficie ainsi d'un accord de confirmation du FMI de 12,5 milliards d'euros. L'Union européenne a, quant à elle, mobilisé l'instrument de "soutien financier à moyen terme" de l'UE et consenti un prêt de 6,5 milliards d'euros. La Banque mondiale s'est pour sa part engagée sur un montant d'1 milliard d'euros. Mais la dernière revue menée par les services du FMI et de la Commission, en juillet 2010, a conduit au départ anticipé de ces derniers en raison de désaccords avec plusieurs mesures préparées par le gouvernement.

Entrée dans l'UE avec une opinion publique largement acquise à la construction européenne (78 % de "oui" lors du référendum d'adhésion en juin 2003), la Pologne reste, plus de six ans après l'adhésion, l'un des pays les plus "euro-enthousiastes" (74 %) parmi les 27. Sixième "Grand" par la taille, au sein de l'UE, elle dispose au Conseil d'un nombre de voix équivalent à celui de l'Espagne. Elle compte cinquante députés au Parlement européen. La Pologne reste le plus grand bénéficiaire des fonds structurels et du fonds de cohésion parmi les nouveaux états membres pour 2007-2013, au total 67,3 milliards d'euros (soit 19,3 % de l'enveloppe communautaire). La conjoncture s'est dégradée en 2009, mais la croissance du PIB polonais est restée positive (1,7 %), l'adhésion du pays à la zone euro a été reportée à l'horizon 2014-2016.

En République tchèque, si le discours politique dominant défend généralement l'idée d'une "Europe sans barrières", ultralibérale et dérégulée, les partis représentés au Parlement sont davantage partagés sur les moyens. Les eurosceptiques vont sans doute garder une influence forte sur la politique européenne au sein du gouvernement.
Prague dispose de douze voix au Conseil et de vingt-quatre députés dans le Parlement européen élu en juin 2009. La République tchèque soutient les progrès effectués dans le cadre des discussions avec la Turquie, ainsi que la perspective d'une adhésion de la Moldavie et de l'Ukraine.
Le creusement des déficits publics retarde l'échéance de l'adhésion à l'euro, fixée au plus tôt au tournant des années 2015-2016.

La Slovaquie a rejoint l'Union européenne avec une opinion très largement favorable (plus de 92 % de "oui" au référendum d'adhésion). Après l'entrée dans Schengen, effective en décembre 2007, le passage à l'euro fut perçu comme un nouvel objectif politique prioritaire. La Slovaquie a rempli les critères de Maastricht et a réussi son passage à l'euro, effectif le 1er janvier 2009. Ce pays - qui comprend une minorité ruthène non négligeable et accueille des travailleurs ukrainiens - lie souvent, pour des raisons géographiques évidentes, la politique de voisinage à une logique d'élargissement. Bratislava estime qu'il est nécessaire de donner à l'Ukraine une perspective claire d'adhésion afin d'aider à sa stabilisation.
Très ouverte et dépendante des exportations, notamment des secteurs automobile et électronique, l'économie slovaque a connu en 2009 la récession la plus sévère de son histoire avec un recul de 4,7 % de son PIB.

De 2004 à 2008, le gouvernement slovène a poursuivi une politique d'intégration européenne, avec l'adoption de l'euro au 1er janvier 2007, l'adhésion à l'espace Schengen le 21 décembre 2007.
Économie ouverte, largement dépendante des marchés extérieurs, la Slovénie a été touchée à partir de novembre 2008 par la crise économique mondiale et en a été profondément affectée, souffrant de la chute de ses exportations et de celle de ses investissements.

La Bulgarie et la Roumanie : une adhésion trop rapide ?

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Campagne du parti paysan chrétien démocrate roumain lors de l'élection au Parlement européen, juin 2009.

L'adhésion à l'UE de la Bulgarie a constitué une priorité de politique étrangère faisant consensus dans la classe politique bulgare. Elle a toutefois été accompagnée [ainsi qu'en Roumanie] par la mise en place d'un "mécanisme de coopération et de vérification" des progrès en matière de lutte contre la corruption, le blanchiment d'argent et le crime organisé et d'une clause de sauvegarde dans le domaine de l'aviation civile (levée en septembre 2008). Les perspectives de l'adhésion à la zone euro (espérée à l'origine pour 2014, ce qui est aujourd'hui remis en cause) et à l'espace Schengen (espérée pour 2011) demeurent les objectifs principaux de la politique européenne du gouvernement bulgare.

La participation à l'Union européenne fait également largement consensus parmi la classe politique en Roumanie, ainsi que dans l'opinion publique, qui nourrit de très fortes attentes vis-à-vis de l'UE. En effet, outre la source de développement économique que représente l'Union (la Roumanie doit recevoir près de 20 milliards d'euros de Fonds structurels pour la période 2007-2013), les Roumains voient dans l'intégration européenne une rupture symbolique avec l'époque du communisme. La Roumanie souhaite en outre achever dès que possible son intégration à l'Union, et a annoncé sa volonté d'adhérer à l'espace Schengen en 2011 et d'adopter l'euro en 2014. Elle soutient l'élargissement de l'UE aux Balkans, à la Turquie, et surtout à la Moldavie, dont elle défend les perspectives d'adhésion.
La Roumanie, qui comptait parmi les pays à la croissance la plus dynamique d'Europe, a été durement touchée par la crise. Le contexte économique difficile a conduit la Roumanie à solliciter des institutions internationales une aide financière pour sa balance des paiements. »

Mis à jour le 09/12/2011

 

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