Le programme des deux principaux candidats sur quelques points clés : économie, santé, éducation et questions de société, immigration, environnement et énergie, guerre en Irak, autres sujets de politique étrangère.

Les républicains mettent l'accent sur le courage et le sens de l'honneur de John McCain

Les républicains mettent l'accent sur le courage et le sens de l'honneur de John McCain.

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La campagne d’Obama adopte volontiers un ton messianique

La campagne d’Obama adopte volontiers un ton messianique.

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Si la campagne électorale donne avant tout l’impression d’une bataille d’images, elle est aussi un affrontement entre deux programmes. John McCain et Barack Obama ont placé l’essentiel de leur campagne sur des terrains identiques : l’économie, l’impopulaire guerre en Irak et en Afghanistan, la lutte contre le terrorisme et la sécurité nationale, l’environnement et l’indépendance énergétique, les questions de société. Leurs programmes contiennent des nuances voire des oppositions importantes sur bien des points.

Économie

L’économie constitue le principal terrain d’affrontement idéologique entre les candidats démocrate et républicain. Il est vrai que c’est le sujet de préoccupation majeur des Américains inquiets face à la récession, à la crise des « subprimes » et à la chute de l’immobilier, au prix de l’essence, au déficit commercial des États-Unis notamment avec la Chine, à l’avenir des systèmes d’assurance maladie et de retraite…

John McCain, qui a longtemps oscillé entre populisme fiscal et rigueur budgétaire, a opéré au cours de sa campagne une volte-face afin de se rallier la base conservatrice de l’électorat républicain. Son programme de relance de la croissance prend désormais l'allure d'un classique credo libéral reposant sur la libre concurrence, des baisses d’impôts et un meilleur contrôle des dépenses fédérales non militaires. Il promet notamment de pérenniser les réductions d'impôts de l'administration Bush à ceux qui gagnent plus de 250 000 dollars par an. En matière de fiscalité, il s’engage à équilibrer le budget d’ici la fin de son mandat, à diminuer l’impôt sur le bénéfice des sociétés, à réduire les droits de succession.

Barack Obama propose de son côté un programme économique plus classiquement keynésien reposant notamment sur une politique d’investissements dans les infrastructures et la recherche pour développer l’emploi qualifié. Concernant la fiscalité, il s’engage à annuler les réductions d’impôts accordés par l’administration Bush à ceux qui gagnent plus de 250 000 dollars par an, à réduire la fiscalité des classes moyennes et modestes et des retraités. Il est aussi partisan d’un retour à l’équilibre budgétaire. Concernant la crise immobilière, il propose la création d’un fonds permettant d'éviter les saisies et une aide fédérale pour accéder aux prêts.

En matière de commerce international, alors que le candidat McCain affiche un appui idéologique absolu aux principes du libre-échange, B. Obama a évoqué la nécessité de renégocier certains aspects des accords de libre-échange signés par les États-Unis afin que ces accords « contribuent au bien-être de tous ».

Santé, éducation et questions de société

Drapeaux des États-Unis d’Amérique

Drapeaux des États-Unis d’Amérique.

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En matière de santé et d’assurance maladie, John McCain reste en faveur de l'initiative individuelle dans un marché concurrentiel. Il estime toutefois que la couverture maladie doit être plus accessible (quelque 45 millions d'Américains ne sont pas assurés) et souhaite que les assurés soient plus directement impliqués dans le choix de leur assurance privée. Le candidat républicain propose que les compagnies d'assurance et les laboratoires soient mieux encadrés.

Barack Obama souhaite que tous les Américains bénéficient d'une protection en matière de santé. Reposant sur une base volontaire, son système de couverture maladie universelle obligerait les parents à assurer leurs enfants.

En matière d’éducation, l’un de ses points fort dans les débats, le candidat démocrate souhaite développer le réseau d’écoles maternelles et augmenter les dépenses du secteur. John McCain défend une approche traditionnelle des questions éducatives sans rupture avec le passé.

Sur la plupart des sujets de société, John McCain affiche des positions conservatrices : il est opposé au droit à l'avortement et au mariage des homosexuels et hostile à tout changement de la législation actuelle en matière de port d’armes à feu. De son côté, Barack Obama adopte une approche plus progressiste, bien que non tranchée, sur l’avortement et le mariage gay et souhaite encadrer davantage l’achat et la détention des armes à feu.

La peine de mort ne constitue pas un sujet de débat entre les deux candidats puisque tous deux y sont favorables.

Immigration

Barack Obama soutient une réforme de l'immigration alliant renforcement des frontières et des contrôles, et légalisation sous condition des quelque 12 millions de clandestins vivant sur le territoire des États-Unis. Le sénateur de l’Illinois a voté pour la construction d’un mur à la frontière mexicaine.

John McCain, aux avant-postes d'une initiative législative en ce sens en 2006, insiste sur la nécessité de sécuriser les frontières des États-Unis avant de régulariser les clandestins à certaines conditions. Les deux candidats sont favorables à un renforcement des sanctions contre ceux qui emploient des clandestins.

Environnement et énergie

L’environnement constitue l’un des rares thèmes de campagne sur lequel les candidats ne sont pas en profond désaccord. Il est vrai que John McCain s'est largement éloigné des positions de l’administration Bush sur le réchauffement climatique. Les deux candidats sont favorables à une limitation des émissions de gaz à effet de serre et à un marché des droits de polluer. Toutefois, là où Barack Obama défend la filière éthanol et les énergies renouvelables, son rival républicain pousse à la construction de nouvelles centrales nucléaires. Concernant le pétrole, alors qu’il avait voté contre les forages en Alaska, John McCain a fait une récente volte-face en soutenant la reprise de l’exploration pétrolière. Sur cette question, B. Obama semble vouloir profiter de la récente envolée des cours du brut pour sevrer les Américains de leur dépendance à l’égard du pétrole : il a déclaré vouloir réduire la consommation américaine de pétrole d’au moins 35 % d’ici à 2025.

Guerre en Irak

Parade militaire à Washington avec les drapeaux des États fédérés

Parade militaire à Washington avec les drapeaux des États fédérés.

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La guerre en Irak demeure l’un des sujets de préoccupation majeurs des Américains même s’il tient une importance réduite dans la campagne par rapport à celle qu’il occupait en 2004. Barack Obama s’est opposé à l’invasion de l’Irak dès 2002. Opposé à des bases permanentes, le sénateur de l'Illinois entend retirer les troupes dès que possible en ne laissant sur le terrain, d’ici à 16 mois, que des brigades de lutte anti-terroriste. Il s’est en revanche prononcé pour un renforcement de la présence des troupes américaines en Afghanistan.

Ayant soutenu l’invasion de l’Irak depuis le début, John McCain considère que l'envoi de renforts (surge) que le président Bush a décidé en 2007 et qu’il avait lui-même préconisé a produit des résultats positifs. Il estime que les États-Unis « sont en train de gagner la guerre » et envisage le maintien de troupes dans le pays à très long terme, sur le modèle des bases américaines en Allemagne, au Japon ou en Corée du Sud.

Autres sujets de politique étrangère

Concernant l’Iran, alors que Barack Obama s’est prononcé pour l’ouverture d’un dialogue direct entre Washington et Téhéran pour empêcher le pays d’acquérir l’arme nucléaire, John McCain y est hostile et privilégie l’alliance avec les pays européens comme cadre de négociation. Les deux candidats n’excluent pas l’option militaire en cas d’échec des négociations.

A propos du Moyen-Orient et d’Israël, Barack Obama a déclaré que Jérusalem doit « rester la capitale d'Israël » et « demeurer indivisible ». En faveur d'un État palestinien « contigu », il prône l'isolement du Hamas et du Hezbollah tant qu'ils n'auront pas renoncé au terrorisme et reconnu le droit à l'existence d'Israël. Fervent partisan de l'aide militaire à Israël, le candidat républicain en appelle pour sa part à l'isolement du Hamas, du Hezbollah et de la Syrie.

Concernant Cuba, Barack Obama souhaite lever l'interdiction pesant sur les exilés cubains résidant aux États-Unis de se rendre à Cuba ou d'y envoyer de l'argent. Il subordonne la levée de l'embargo commercial à des mesures démocratiques. Il se dit prêt au dialogue bilatéral sous conditions. John McCain est partisan d'une aide matérielle et d'un soutien moral aux opposants au régime cubain et au maintien de l'embargo.

À l’égard de la Chine, le candidat démocrate a déclaré qu’elle n’était ni un pays ami ni un pays ennemi mais un concurrent. John McCain en appelle à ce que la Chine joue davantage un rôle constructif dans les affaires internationales, notamment au Darfour, en Iran et Birmanie.

Concernant la Russie, le candidat républicain est très critique à l’égard de l'ex-président Poutine. Il a plusieurs fois réclamé que la Russie sorte du G8. Il souhaite réduire les deux arsenaux nucléaires, dans la prolongation de son travail au Sénat sur le démantèlement de l'arsenal nucléaire de l'ex-Union soviétique. Pour Barack Obama, la Russie n'est ni un pays ennemi ni un allié proche et la pression doit être maintenue pour plus de démocratie et de transparence.

Les deux candidats sont d’accord pour fermer la prison de Guantanamo et se sont prononcés contre l’usage de la torture dans la lutte contre le terrorisme. De même reconnaissent-ils la nécessité d’un renouveau du leadership américain en matière de désarmement, notamment nucléaire.

Mis à jour le 16/11/2011

 

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