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Le défi de l’énergie relevé avec succès

La centrale nucléaire EDF de Bugey (Ain).
La centrale nucléaire EDF de Bugey (Ain).
© La Documentation française. Photo : Anne-Claude Barbier.

Quelques grands principes guident la politique énergétique de la France depuis plus de trente ans : la lutte contre la dépendance énergétique et le choix prioritaire du nucléaire en l’absence de ressources fossiles sur le territoire. Deux évolutions ont plus récemment infléchi ces grandes orientations : la volonté de préserver l’environnement et la place plus grande laissée au marché par l’État.

 

1 - Pétrole et gaz : diversifier les sources d’approvisionnement

En raison de l’absence de ressources fossiles en France, le gaz et le pétrole qui représentent aujourd’hui 49 % de notre consommation d’énergie sont en quasi-totalité importés. La dépendance pétrolière à l’égard du Moyen-Orient est certes plus faible aujourd’hui (27 % du pétrole importé) qu’hier car une grande partie du pétrole vient désormais de l’Afrique (19 %), de la mer du Nord (30 %) ou de la Russie (23 %). Toutefois, cette diversification a ses limites puisqu’il ne faut pas oublier que deux tiers des réserves prouvées de brut se trouvent au Moyen-Orient. En matière de gaz naturel, la volonté de diversification a poussé la France à chercher d’autres partenaires que l’imprévisible Russie (22 % du gaz importé) : Égypte, Algérie, Pays-Bas, pays riverains de la Caspienne.

 

2 - La réussite du programme nucléaire

Le nucléaire est au cœur des orientations énergétiques de la France. Le pays est le deuxième producteur d’énergie nucléaire au monde et 78 % de la consommation d’électricité française est actuellement d’origine nucléaire. Historiquement, le nucléaire fut une réponse au choc pétrolier de 1973 et au déclin de la production charbonnière. La recherche d’une indépendance énergétique accrue et une meilleure couverture du risque géopolitique en sont à l’origine. À l’époque, la France importait 76 % de ses besoins énergétiques, essentiellement sous forme d’hydrocarbures. Aujourd’hui, grâce au nucléaire, ce chiffre est tombé sous la barre des 50 %. L’économie réalisée sur les importations d’énergie fossile est désormais estimée à plus de 20 milliards d’euros par an. La filière nucléaire emploie directement 100 000 personnes en France, un poids économique tel que l’on a pu parler d’un « lobby » du nucléaire. Dans la lutte contre l’effet de serre, l’avantage de cette technologie est indéniable : la France est le plus faible émetteur de CO2 par habitant de toute l’Union européenne.

 

3 - Développer les énergies renouvelables

La place exacte du nucléaire dans l’avenir dépendra en grande partie des résultats offerts par la recherche en matière d’énergies renouvelables. Le vent, l’énergie solaire et hydraulique ont cet avantage qu’en produisant de l’électricité ils ne rejettent pas de déchets à long terme comme le nucléaire (le bois et la biomasse en revanche dégagent des CO2). Mais leur usage en France demeure marginal puisqu’ils ne représentent actuellement que 5,6 % de la consommation énergétique totale du pays. Toutefois, les impératifs environnementaux liés notamment au réchauffement de la planète devraient conduire à leur développement dans les prochaines décennies.

Depuis les années 1990, la tendance est au désengagement de l’État dans le secteur de l’énergie. Privatisation des grandes compagnies pétrolières, ouverture à la concurrence – sous la pression de Bruxelles – des producteurs/distributeurs de gaz et de l’électricité, de nouveaux groupes français compétitifs sont devenus des acteurs importants de l’économie européenne et mondiale.

L’État intervient toutefois encore dans le secteur énergétique du fait de son caractère stratégique : il a décidé d’investir avec d’autres pays dans le réacteur expérimental ITER fondé sur la fusion nucléaire et il a lancé la construction d’un réacteur nucléaire de troisième génération EPR.

Depuis trente ans, la France a donc su relever le défi énergétique : les consommateurs français ne bénéficient-ils pas des prix de l’énergie parmi les moins élevés des pays de l’OCDE ?

 

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