1880-1950 : la naissance d'un mot vite oublié

Le mot "francophonie" apparaît à la fin du XIXe siècle, sous la plume d'un géographe s'intéressant notamment à l'expansion coloniale française, pour retomber ensuite dans l'oubli. Jusqu'à la Seconde Guerre mondiale, un mouvement associatif se développe autour de l'idée de rayonnement de la langue et de la culture françaises. L'importance de l'activité des associations est aujourd'hui encore une caractéristique majeure de la Francophonie, qui accorde une place et un rôle centraux à la société civile.

1880

L'enseignement du français à l'école de la Mission de Brazzaville, Congo, 1943

L'enseignement du français à l'école de la Mission de Brazzaville, Congo, 1943.

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Dans un ouvrage intitulé "France, Algérie et colonies", le géographe français Onésime Reclus invente le terme "francophonie". Dans le contexte de la fin du XIXe siècle, il prône l'expansion coloniale de la France et dans ce cadre s'intéresse au facteur linguistique.

21 juillet 1883

L' "Association nationale pour la propagation de la langue française dans les colonies et à l'étranger" ("Alliance française") est créée sous l'égide de l'ambassadeur Paul Cambon. L'année suivante est fondée l' "Alliance française" de Paris, au conseil d'administration de laquelle siègent notamment Ferdinand de Lesseps, Louis Pasteur, Ernest Renan ou Jules Verne. De nombreuses autres "Alliances françaises" vont rapidement voir le jour à travers le monde. L' "Alliance française" est reconnue d'utilité publique en France en 1886.

1950-1970 : l'essor d'un mouvement né hors de France

Après la Seconde Guerre mondiale, le mouvement prend une ampleur nouvelle, sous l'action notamment d'Africains et de Canadiens français. Achevant son processus de décolonisation, la France s'en tient à une attitude prudente et réservée, tandis que des dirigeants africains, dont les présidents Senghor, Diori et Bourguiba, proposent dès les années 1960 la constitution d'une communauté francophone.

1950

L' "Union internationale des journalistes de la presse de langue française" (UIJPLF) est créée à Limoges à l'initiative d'un journaliste canadien Dostaler O'Leary. L'UIJPLF est devenue l'"Union internationale de la presse francophone" (UPF) en octobre 2001.

1960

La Conférence des ministres de l'Education nationale des pays francophones (CONFEMEN) est la première institution officielle francophone à être créée.

1961

L' "Association des universités partiellement ou entièrement de langue française" (AUPELF) est créée à Montréal par des universitaires, dans le but de développer les échanges et la solidarité entre les universités. Elle est devenue l' "Agence universitaire de la Francophonie" (AUF).

1962

Un numéro de la revue "Esprit" sur "le français dans le monde" marque la résurgence du mot et de l'idée de francophonie, lancés par Onésime Reclus plus de quatre-vingt ans plus tôt et depuis lors tombés dans l'oubli. Sous des plumes diverses et prestigieuses, dont celles de Léopold Sédar Senghor ou Norodom Sihanouk, les possibilités d'avenir de la francophonie y sont analysées. L'article signé par le grammairien, poète et chef d'Etat sénégalais L.S. Senghor est considéré comme le texte fondateur de la francophonie.

La Francophonie selon Senghor

Au moment que, par totalisation et socialisation, se construit la Civilisation de l'Universel, il est, d'un mot, question de nous servir de ce merveilleux outil, trouvé dans les décombres du Régime colonial. De cet outil qu'est la langue française.
 La Francophonie, c'est cet Humanisme intégral, qui se tisse autour de la terre : cette symbiose des "énergies dormantes" de tous les continents, de toutes les races, qui se réveillent à leur chaleur complémentaire. "La France, me disait un délégué du F.L.N., c'est vous, c'est moi : c'est la Culture française". Renversons la proposition pour être complets : la Négritude, l'Arabisme, c'est aussi vous, Français de l'Hexagone. Nos valeurs font battre, maintenant, les livres que vous lisez, la langue que vous parlez : le français, Soleil qui brille hors de l'Hexagone".

Léopold Sédar Senghor, "Le français, langue de culture", in "Esprit" n°311, novembre 1962, p. 844 (extrait).

1965

Deux "Ententes" sont conclues par la France et le Québec, l'une sur "un programme d'échanges et de coopération dans le domaine de l'éducation" (27 février 1965), l'autre sur "la coopération culturelle" (24 novembre 1965).

Cette dernière, dont le titre Ier est consacré à "la langue française", est considérée comme le premier accord international dans lequel Paris reconnaît en partager la responsabilité : "conscients des liens historiques que leur communauté d'origine, de langue et de culture a créés entre la France et le Québec" et "désireux de promouvoir la langue française et de développer leurs relations culturelles" (préambule), les gouvernements français et québécois s'engagent à "coopérer étroitement à la promotion et à la diffusion de la langue française" (article 1er).

Juin 1966

Sous l'impulsion du Président Senghor, la Conférence des chefs d'État de l'Organisation commune africaine et malgache (OCAM) réunie à Tananarive propose la constitution d'une communauté francophone, définie comme "une communauté spirituelle de nations qui emploient le français, que celui-ci soit langue nationale, langue officielle ou bien langue d'usage".

1967

L' "Association internationale des parlementaires de langue française" (AIPLF) est créée à Luxembourg. Elle est devenue en 1998 l' "Assemblée parlementaire de la Francophonie" (APF).

1969

La Conférence des ministres francophones de la Jeunesse et des Sports (CONFEJES) est créée.

17-20 février 1969

La première conférence intergouvernementale des Etats francophones se réunit à Niamey (Niger). Dans le prolongement de l'action des présidents Senghor du Sénégal, Diori du Niger et Bourguiba de Tunisie, il s'agit de trouver les moyens de maintenir et renouveler les liens unissant la France à ses anciennes colonies nouvellement indépendantes et au-delà à l'ensemble des pays parlant français. La Conférence est placée sous le patronage du ministre français des Affaires culturelles André Malraux.

La culture de la fraternité
 "Seule, la culture francophone ne propose pas à l'Afrique de se soumettre à l'Occident en y perdant son âme ; pour elle seule, la vieille Afrique de la sculpture et de la danse n'est pas une préhistoire ; elle seule lui propose d'entrer dans le monde moderne en lui intégrant les plus hautes valeurs africaines. Nous seuls disons à l'Afrique, dont le génie fut le génie de l'émotion, que pour créer son avenir, et entrer avec lui dans la civilisation universelle, l'Afrique doit se réclamer de son passé. Nous attendons tous de la France l'universalité, parce que, depuis deux cents ans, elle seule s'en réclame.
 Messieurs, en ce temps où l'héritage universel se présente à nos mains périssables, il m'advient de penser à ce que ce sera peut-être notre culture dans la mémoire des hommes, lorsque la France sera morte ; lorsque, "au lieu où fut Florence, au lieu où fut Paris - s'inclineront les joncs murmurants et penchés…" Alors, peut-être trouvera-t-on quelque part une inscription semblable aux inscriptions antiques, qui dira seulement : "En ce lieu naquit, un jour, pour la France et pour l'Europe, puis pour la France, l'Afrique et le monde, la culture de la fraternité"."

André Malraux, discours prononcé à la Conférence des pays francophones, Niamey, 17 février 1969 (extrait).

1970-1990 : la réalisation du projet francophone

Après un premier pas en 1970, avec la création de l'Agence de coopération culturelle et technique, il faut attendre les années 1980 pour assister à une réelle reprise de cette idée : en 1986 se tient ainsi le premier sommet des chefs d'Etat et de gouvernement francophones.

16-20 mars 1970

La deuxième conférence intergouvernementale des Etats francophones aboutit, à Niamey le 20 mars 1970, à la signature par 21 pays de la Charte créant l'Agence de coopération culturelle et technique (ACCT). Elle donne ainsi naissance à la première organisation intergouvernementale de la Francophonie, devenue "Agence de la Francophonie". Cette date du 20 mars deviendra en 1988 celle de la Journée internationale de la Francophonie.

31 décembre 1975

En France, est adoptée la loi n° 75-1349 du 31 décembre 1975 relative à l'emploi de la langue française, dite "loi Bas-Auriol", qui en impose notamment l'usage dans les domaines du commerce, du travail et de l'audiovisuel. Elle sera abrogée par la "loi Toubon" du 4 août 1994.

26 août 1977

Au Québec, est adoptée la loi 101, établissant une "Charte de la langue française", qui renforce notamment le statut du français dans la Province.

10 novembre 1978

L'Assemblée générale des Nations unies reconnaît à l'Agence de coopération culturelle et technique le statut d'observateur (résolution 33/18).

1er mai 1979

L' "Association internationale des maires et responsables des capitales et métropoles partiellement ou entièrement francophones" (AIMF) est créée à l'initiative du maire de Paris Jacques Chirac.

41 pays sont représentés à ce premier sommet francophone

41 pays sont représentés à ce premier sommet francophone.

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17-19 février 1986

Sommet de Versailles et Paris. A l'invitation du Président François Mitterrand, une Conférence des chefs d'Etat et de gouvernement ayant en commun l'usage du français se réunit en France.
 Placée sous le signe de la solidarité, la Conférence retient quatre domaines essentiels de coopération multilatérale : le développement (agriculture et énergie) ; les industries de la culture et de la communication ; les industries de la langue ; l'information scientifique ; le développement technologique, y compris la recherche.

2-4 septembre 1987

Le deuxième sommet francophone se réunit à Québec en septembre 1987

Le deuxième sommet francophone se réunit à Québec en septembre 1987.

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Sommet de Québec. A l'occasion de ce deuxième sommet francophone, les chefs d'Etat et de gouvernement définissent cinq secteurs d'activité prioritaires : l'agriculture ; l'énergie ; la culture et les communications ; l'information scientifique et le développement technologique ; les industries de la langue. La création d'un Institut de l'énergie est décidée (IEPF).
 Une "Déclaration de solidarité francophone" est en outre adoptée, qui rappelle les principes de solidarité et les défis que les francophones entendent relever.
 Par ailleurs, les chefs d'Etat et de gouvernement décident d'un rythme bisannuel pour leurs rencontres et adoptent le logo du Sommet de Québec comme couleurs officielles des sommets francophones.
 Enfin, le Sommet décide d'instituer des "Jeux de la Francophonie", événement à la fois sportif et culturel.

24-26 mai 1989

Sommet de Dakar (Sénégal). Il s'agit du premier sommet francophone à se dérouler en terre africaine et notamment dans le pays natal de l'ancien président sénégalais Léopold Sédar Senghor, à l'origine de l'idée d'une communauté francophone.
 
 La Conférence consacre l'essentiel de ses travaux aux questions d'éducation et de formation, qualifiées de "domaine stratégique d'intervention" (Déclaration de Dakar). La création de l'Université internationale francophone Senghor d'Alexandrie est décidée.

Sommet de dakar

Pour sa part, la France annonce qu'elle efface la dette publique qui lui est due par les pays d'Afrique les plus pauvres, en renonçant au remboursement de ses créances sur 35 Etats africains, soit environ 16 milliards de francs.

Juillet 1989

Les premiers "Jeux de la Francophonie", organisés à Casablanca et Rabat (Maroc), réunissent 1 800 participants venus de 30 pays.

Depuis 1990 : un tournant politique et institutionnel

Essentiellement consacrée à la coopération culturelle et économique, la Francophonie connaît dans les années 1990 un tournant politique et institutionnel.

19-21 novembre 1991

sommet-chaillot

C'est un sommet francophone élargi à 47 participants qu'accueille le palais de Chaillot du 19 au 21 novembre 1991.

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Sommet de Chaillot (Paris). La quatrième rencontre des chefs d'Etat et de gouvernement ayant en commun l'usage du français décide une importante réforme des institutions francophones : une Conférence ministérielle composée des ministres chargés de la Francophonie se réunira désormais à mi-parcours entre deux sommets ; un Conseil permanent composé des représentants des chefs d'Etat et de gouvernement est établi pour préparer et suivre les sommets.
 
 L'Agence de coopération culturelle et technique (ACCT) se voit confirmée dans son rôle d'opérateur principal et de secrétariat de toutes les instances francophones.

25 juin 1992

En France, une révision constitutionnelle (loi constitutionnelle n°92-554) précise dans le texte de la Constitution de la Ve République que "la langue de la République est le français" (article 2, alinéa 1er).

16-18 octobre 1993

sommet-grand-baie

Les chefs d'Etat et de gouvernement francophones se réunissent dans la station balnéaire de Grand-Baie, sur la côte nord de l'Ile Maurice.

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Sommet de Grand-Baie (Maurice). Le cinquième sommet francophone décide de rebaptiser cette instance "Conférence des chefs d'Etat et de gouvernement ayant le français en partage", en remplacement de la formule antérieure "ayant en commun l'usage du français".
 
 La Conférence reconnaît que l'économie est l'un des éléments indissociables de la culture des peuples et précise les modalités de la coopération économique entre les membres. Une résolution sur l'exception culturelle au GATT est adoptée, dans laquelle les chefs d'Etat et de gouvernement francophones "conviennent d'adopter ensemble, au sein du GATT, la même exception culturelle pour toutes les industries culturelles, cette disposition constituant un moyen efficace pour maintenir une forte production culturelle francophone".

4 août 1994

En France, est adoptée la loi n°94-665 relative à l'emploi de la langue française, dite "loi Toubon".
 Elle affirme que la langue française est "un élément fondamental de la personnalité et du patrimoine de la France", "la langue de l'enseignement, du travail, des échanges et des services publics", ainsi que "le lien privilégié des Etats constituant la communauté de la francophonie". Actualisant et renforçant la législation de 1975, cette loi précise les conditions dans lesquelles l'emploi du français est obligatoire, sous peine de sanction, notamment dans les domaines de la consommation, de l'éducation, du travail, de l'audiovisuel et des manifestations culturelles et professionnelles.

2-4 décembre 1995

sommet-cotonou

C'est dans la capitale économique du Bénin que se retrouvent du 2 au 4 décembre 1995 les chefs d'Etat et de gouvernement francophones.

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Sommet de Cotonou (Bénin). Le sixième sommet francophone exprime une volonté d'affirmation politique de la communauté francophone sur la scène internationale.
 
 Les chefs d'Etat et de gouvernement ayant le français en partage entreprennent une importante réforme institutionnelle, afin de donner une présence et une visibilité accrues à la Francophonie : un Secrétariat général de la Francophonie sera institué ; l'Agence de coopération culturelle et technique (ACCT) deviendra l' "Agence de la Francophonie", placée sous la responsabilité d'un administrateur-général ; la Charte de l'ACCT, révisée, deviendra la "Charte de la Francophonie". Par ailleurs, après "l'Appel de Cotonou" lancé par le Président Jacques Chirac, le Sommet s'engage à "promouvoir un espace francophone dans le domaine des nouvelles technologies de l'information et de la communication" (Déclaration de Cotonou).

14-16 novembre 1997

sommet-hanoi

Pour la première fois, un sommet francophone se tient en Asie, symbolisant ainsi la modification de l'équilibre géographique de la Francophonie résultant de son élargissement : 51 membres en 1997, contre 18 en 1970 à Niamey.

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Sommet de Hanoï (Vietnam). Le septième sommet francophone constitue un tournant institutionnel pour la Francophonie.
 
 Les chefs d'Etat et de gouvernement achèvent les réformes institutionnelles lancées à Cotonou : ils élisent Boutros Boutros-Ghali premier secrétaire général de l'Organisation internationale de la Francophonie et adoptent définitivement la "Charte de la Francophonie", version remaniée du traité de Niamey.
 
 Le Sommet de Hanoï s'est par ailleurs penché sur la prévention des conflits entre les pays membres et s'est engagé à coopérer avec la communauté internationale pour garantir le respect des droits de la personne.
 
 Enfin, la Conférence travaille sur la coopération économique. Après avoir reconnu "la nécessité de renforcer la dimension économique de la Francophonie" et "l'urgence de répondre au besoin de développement", il est décidé de réunir une première conférence des ministres francophones de l'Economie, "afin d'articuler un plan d'action autour de la notion de développement d'un espace de coopération économique francophone" (Déclaration de Hanoï).

18 décembre 1998

L'Assemblée générale des Nations unies reconnaît l'Organisation internationale de la Francophonie (OIF) comme observateur (décision 53/453). La coopération croissante entre l'ONU et l'OIF fait régulièrement l'objet de rapports du Secrétaire général des Nations unies à l'Assemblée générale et de résolutions de cette dernière.

14-15 avril 1999

Une première Conférence des ministres francophones de l'Economie et des Finances, consacrée à l'investissement et au commerce dans l'espace francophone, est réunie à Monaco. Une Déclaration sur le développement d'un espace de coopération économique francophone est adoptée. Dans la perspective des négociations commerciales multilatérales à venir à l'OMC (Conférence de Seattle), les ministres affirment leur volonté de concertation pour que le système commercial international intègre mieux les valeurs défendues par la Francophonie, notamment la solidarité et la diversité culturelle.

3-5 septembre 1999

 Nouveau-Brunswick. Seule province canadienne officiellement bilingue, elle compte la plus forte proportion de francophones hors-Québec

Les chefs d'Etat et de gouvernement francophones se réunissent en 1999 au Nouveau-Brunswick. Seule province canadienne officiellement bilingue, elle compte la plus forte proportion de francophones hors-Québec (près de 35 %).

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Sommet de Moncton (Canada, Nouveau-Brunswick). Le huitième sommet de la Francophonie a pour thème principal la jeunesse.
 
Cinq jeunes sont ainsi invités à prendre la parole lors de la cérémonie d'ouverture, tandis qu'une douzaine d'autres a l'occasion de s'entretenir à huis clos avec les chefs d'Etat et de gouvernement.
 
 Les droits de l'Homme, la démocratie et l'Etat de droit constituent le deuxième grand sujet sur lequel travaille la Conférence : l'Agence de la Francophonie se voit confier une fonction d'observatoire de la démocratie, un "symposium international sur le bilan des pratiques de la démocratie, des droits et des libertés dans l'espace francophone" sera organisé ; les Etats membres sont en outre invités à ratifier le statut de la Cour pénale internationale.
 
 Enfin, en vue des prochaines négociations de l'Organisation mondiale du commerce à Seattle en décembre 1999, les chefs d'Etat et de gouvernement ayant le français en partage s'engagent à "promouvoir, dans le processus d'intégration mondiale en cours, le respect de la diversité culturelle, facteur indéniable de l'enrichissement du patrimoine universel" (Déclaration de Moncton). Une conférence des ministres de la Culture devra se tenir sur ce thème avant le prochain sommet.

1er-3 novembre 2000

Un Symposium sur le "bilan des pratiques de la démocratie, des droits et des libertés dans l'espace francophone" est organisé à Bamako (Mali). Les délégations gouvernementales adoptent une Déclaration ainsi qu'un projet de programme d'action qui sera soumis au prochain Sommet. Après avoir constaté que "le bilan des pratiques de la démocratie, des droits et des libertés dans l'espace francophone, au cours de ces dix dernières années, comporte des acquis indéniables", mais qu'il "présente, aussi, des insuffisances et des échecs", les ministres et chefs de délégation des Etats francophones s'accordent notamment sur un dispositif d'observation et un mécanisme de réaction en cas de rupture de la démocratie ou de violation grave et massive des droits de l'Homme.

14-15 juin 2001

La troisième Conférence ministérielle de la Francophonie sur la culture, qui se tient à Cotonou (Bénin), réaffirme clairement que "la diversité culturelle constitue l'un des enjeux majeurs du XXIe siècle" (Déclaration de Cotonou). La Francophonie, "laboratoire de la diversité culturelle", rappelle son attachement à ce que les biens culturels fassent l'objet d'un "traitement spécifique" dans les règles du commerce mondial et affirme que "l'adoption par les Etats et les gouvernements de politiques culturelles de promotion de la diversité culturelle est plus que jamais légitime et nécessaire".

11 janvier 2002

La Conférence ministérielle de la Francophonie, réunie à Paris pour sa 16e session, entérine le projet de réforme du Haut Conseil de la Francophonie, créé en France en 1984. Organisme consultatif composé d'une trentaine de personnalités françaises et étrangères, il était présidé par le Président de la République française, qui a souhaité le faire évoluer. Le nouveau Haut Conseil de la Francophonie est placé auprès du Secrétaire général de l'OIF.

18-20 octobre 2002

Les chefs d'Etat et de gouvernement participant au IXème sommet francophone de Beyrouth en octobre 2002

Les chefs d'Etat et de gouvernement participant au IXème sommet francophone de Beyrouth en octobre 2002.

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Sommet de Beyrouth (Liban). Le thème du IXe Sommet de la Francophonie est "le dialogue des cultures". Les positions exprimées sur les questions internationales du moment (Irak, Israël-Palestine…) sont l'occasion pour la communauté francophone de s'affirmer politiquement sur la scène internationale. Adbou Diouf, ancien Président sénégalais, est élu Secrétaire général de la Francophonie et succède ainsi à Boutros Boutros-Ghali.

12-13 décembre 2002

18e session de la Conférence ministérielle de la Francophonie, à Lausanne. Pour la première fois, des représentants de trois organisations internationales ayant conclu des accords de coopération avec l'OIF interviendront devant les ministres francophones (CNUCED, Haut-commissariat des Nations unies aux droits de l'Homme, Union africaine).

15 janvier 2003

L'Assemblée parlementaire de la Francophonie adopte une "Déclaration de Strasbourg", dans laquelle elle s'inquiète de l'avenir du français et de la diversité linguistique dans l'Union européenne et proclame sa "détermination à promouvoir le français au sein des institutions européennes". "Nous exigeons que le français garde toute sa place dans l'Union européenne, tant comme langue de travail interne que comme langue de relations internationales", déclarent les parlementaires francophones.

4-5 septembre 2003

Les ministres francophones chargés des nouvelles technologies, réunis à Rabat (Maroc), adoptent la contribution de la Francophonie au Sommet mondial sur la société de l'information (Genève, 10-12 décembre 2003 et Tunis, 16-18 novembre 2005). Décidée lors du Sommet de Beyrouth en 2002, cette Conférence ministérielle de l'OIF sur la société de l'information s'inscrit dans l'action menée par la Francophonie en matière de nouvelles techonologies.

1er mai 2004

Cinq Etats de la Francophonie entrent dans l'Union européenne (UE). Huit pays sont ainsi à la fois membres de l'OIF et de l'UE : la Belgique, le Luxembourg, la France, la Lituanie, la Pologne, la Slovaquie, la Slovénie et la République tchèque.

5-7 mai 2004

Un Symposium sur l'accès aux financements internationaux, organisé par l'Agence de la Francophonie (Paris), porte notamment sur les moyens de faciliter l'accès aux nouveaux modes de financement du développement.

26-27 novembre 2004

Ouagadougou, capitale du Burkina Faso, Xe sommet de la francophonie, les 26 et 27 novembre 2004

C'est à Ouagadougou, capitale du Burkina Faso, que les chefs d'Etat et de gouvernement de la Francophonie se sont réunis pour leur Xe sommet, les 26 et 27 novembre 2004.

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Xe Sommet des chefs d'Etat et de gouvernement francophones (Ouagadougou, Burkina Faso), sur le thème : «la Francophonie, espace solidaire pour un développement durable».
 
 La Déclaration de Ouagadougou et un Cadre stratégique décennal (2005-2014) ont notamment été adoptés. 6 résolutions ont également été votées, en particulier sur la crise en Côte d'Ivoire, qui a mobilisé les francophones.

23 novembre 2005

La Conférence ministérielle de la Francophonie, réunie à Tananarive (ou Antananarivo, Madagascar), adopte une nouvelle Charte de la Francophonie. Cette 21e session de la Conférence ministérielle parachève ainsi la réforme institutionnelle entreprise au Sommet de Hanoï en 1997. Dans un souci de simplification et de rationalisation des structures et du fonctionnement des institutions de la Francophonie, l'Agence intergouvernementale devient l'Organisation internationale de la Francophonie. Dotée de la personnalité juridique, elle est placée sous l'autorité du Secrétaire général de la Francophonie.

Les chefs d’Etat et de gouvernement francophones à Bucarest les 28 et 29 septembre 2006

Les chefs d’Etat et de gouvernement francophones à Bucarest les 28 et 29 septembre 2006.

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13-14 mai 2006

Une Conférence ministérielle de la Francophonie sur la prévention des conflits et la sécurité humaine se tient à Saint-Boniface (Canada). Les ministres adoptent une déclaration commune.

28-29 septembre 2006

XIe sommet de la Francophonie à Bucarest (Roumanie). «Les technologies de l'information dans l'éducation» sont le thème principal de la rencontre.
 Les chefs d’Etat et de gouvernement débattent également de la situation internationale, notamment au Liban, en Côte d’Ivoire et au Darfour.

17-19 octobre 2008

Photo de famille du sommet de Québec, les 17-19 octobre 2008

Photo de famille du sommet de Québec, les 17-19 octobre 2008.

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XIIe Sommet de la Francophonie à Québec. Outre la crise financière internationale, quatre thèmes principaux ont occupé les travaux des chefs d’Etat et de gouvernement francophones : la langue française ; la paix, la gouvernance démocratique et l’Etat de droit ; la gouvernance et la solidarité économiques ; l’environnement, le développement durable et les changements climatiques.

20 mars 2010
40ème anniversaire de la Francophonie. Le président français Nicolas Sarkozy reçoit à Paris le Secrétaire général de la francophonie, le Sénégalais Abdou Diouf, et plusieurs centaines de représentants de la communauté francophone. C’est le 20 mars 1970 à Niamey (Niger) que 21 pays créaient l'Agence de coopération culturelle et technique (ACCT). Devenue en 2005 l'Organisation internationale de la francophonie (OIF), celle-ci rassemble aujourd'hui 70 Etats et gouvernements (56 membres et 14 observateurs) qui totalisent 870 millions d'habitants, soit 13% de la population mondiale. Souvent considérée en déclin, la langue française est en relative expansion, mais elle le doit principalement à l'essor démographique de l’Afrique. Le nombre de personnes parlant le français dans le monde est estimé à 200 millions, ce qui fait du français la 9ème langue de la planète, et la 3ème sur internet : 5% des pages web sont rédigées en français, contre 45% en anglais et 7% en allemand. Le principal échec de la francophonie réside dans le recul du français dans les institutions internationales. A la Commission européenne notamment, selon l'OIF, la part des documents d'origine rédigés en français est passée de 40,4% en 1997 à 28% en 2003 et sans doute à un quart aujourd'hui.

22-24 octobre 2010

XIIIe Sommet de la Francophonie à Montreux (Suisse). 3 000 représentants des 70 Etats membres de l'Organisation internationale de la francophonie (OIF) sont réunis autour du thème "Défis et visions d’avenir pour la francophonie". Ils adoptent la Déclaration de Montreux ainsi que neuf résolutions, portant notamment sur les situations de crise, de sortie de crise et de consolidation de la paix, la situation en Guinée, la reconstruction d’Haïti, la lutte contre les faux médicaments, la criminalité transnationale organisée, la piraterie et les actes terroristes. Les chefs d'Etat et de gouvernement présents plaident pour une plus grande place de l'Afrique dans les instances internationales, notamment au Conseil de sécurité des Nations unies. Cinq nouveaux États observateurs sont admis à l’OIF : la Bosnie Herzégovine, la République dominicaine, les Émirats arabes unis, l’Estonie et le Monténégro. L’organisation compte désormais 75 États dont 56 membres et 19 observateurs. Le secrétaire général de la Francophonie, Abdou Diouf, est réélu pour un nouveau mandat. Le 14ème sommet doit se tenir à Kinshasa en 2012.

Mis à jour le 01/10/2010

 

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