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Immigration et besoin de main-d’œuvre : le débat

Le Nouvel An chinois à Paris

Le Nouvel An chinois à Paris.

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Dans un texte intitulé "Migration et travail" publié dans "Les immigrés en France" (collection Les Etudes, La Documentation française, 2014), Mireille Eberhard souligne que « si l’on regarde uniquement les flux d’entrées permanentes et temporaires, le motif professionnel est devenu secondaire depuis la suspension de l’immigration de travail permanente décidée en juillet 1974. En 2010, il ne représentait que 9 % des motifs d’entrée, l’immigration pour motif familial étant prédominante (42 %), suivi de celle pour études (32 %). Toutefois, si migrations professionnelles et migrations familiales correspondent à des catégories administratives distinctes, soumises à différents régimes en termes de droits à l’entrée ou au séjour sur le territoire, cette partition tend à occulter la grande variété de situations et de trajectoires, et à gommer le fait que les migrants pour travail peuvent aussi avoir une famille et que ceux entrés dans le cadre du regroupement familial peuvent également travailler. »

Délivrance des premiers titres de séjours par type de motifs

Titres de sejours par type de motifs

En effet, « la persistance d’un chômage substantiel questionne l’existence même de besoins en main-d’œuvre à satisfaire par un recours à une immigration économique sélective », argumente Manon Domingues Dos-Santos dans un article sur "Besoins en main d’œuvre et immigration" (publié dans le n°385 de la revue Cahiers français, La Documentation française, mars-avril 2015). Elle s’interroge ainsi sur les besoins en main-d’œuvre auxquels l’économie française « pourrait répondre par un recours à l’immigration. (…)

Le vieillissement démographique, la persistance de difficultés de recrutement dans certains secteurs d’activité et la nécessité d’asseoir la croissance sur une main-d’œuvre qualifié abondante expliquent les besoins de l’économie française en main-d’œuvre immigrée. (…)

Les difficultés de recrutement sont observées d’une part dans certaines activités en expansion nécessitant une qualification insuffisamment disponible au sein de la population résidente (technologie de l’information, de l’informatique, de la finance et de l’assurance, de l’ingénierie industrielle et de la santé) ou d’autre part dans certains métiers aux conditions d’emploi précaires ou peu attractives (métiers du bâtiment et des travaux publics, de l’industrie mécanique, de l’hôtellerie-restauration, emplois saisonniers). (…)

Toutefois, si l’immigration de travailleurs qualifiés permet (…) de bénéficier de compétences (…) une telle politique n’est pas sans risque. La possibilité de recourir à une main-d’œuvre qualifiée sans en assumer les coûts de formation peut limiter l’incitation des pouvoirs publics et des entreprises à financer la formation de leurs résidents. (…) En second, lieu, ces politiques qui attirent massivement les travailleurs qualifiés des pays en voie de développement peuvent au bout d’un certain temps porter préjudice à leur prospérité : les travailleurs les plus qualifiés étant également ceux qui contribuent le plus aux finances publiques, les pays de départ perdent une source substantielle de revenus.(…)

Mis à jour le 18/03/2016

 

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