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La défense antimissile> le programme de défense antimissile américain
Le programme de défense antimissile américain Le programme de défense antimissile (MD) des Etats-Unis vise à protéger l'ensemble du territoire américain contre un petit nombre de missiles balistiques, qu'il sagisse d'une attaque lancée par un Etat "préoccupant" ou d'un tir déclenché par erreur ou par accident par une puissance nucléaire reconnue. L'essentiel des initiatives américaines en matière de défense antimissile portent sur un système basé au sol. Un projet de système naval antimissile de zone appellé Navy Area Defense System (NADS), qui devait entrer en service après 2003, est abandonné en décembre 2001, le Pentagone l'estimant techniquement peu efficace et trop cher. Les projets actuels prévoient le déploiement d'un système capable de protéger les Etats-Unis contre cinq ogives d'ici 2005 et contre quinze têtes d'ici 2015
Suite à la demande officielle américaine d'installer dix intercepteurs de missiles en Pologne et un système de radars en République tchèque, et après l'acceptation de la République tchèque le 24 janvier 2007, un vif débat s'instaure sur le plan international. La Russie proteste considérant ces installations comme une menace à sa sécurité nationale. L'Allemagne propose pour sa part d'intégrer le programme antimissile dans le cadre de l'OTAN. Le 24 avril, c'est la Pologne qui donne son accord de principe en échange de nouvelles garanties de sécurité. Le 8 juillet 2008, la secrétaire d'Etat américaine, Condoleezza Rice, et son homologue tchèque, Karel Schwarz, signent officiellement l'accord sur l'installation d'un radar sur le sol tchèque en liaison avec le déploiement, en cours de négociations, de dix missiles intercepteurs en Pologne. Pour être valide, l'accord doit encore être ratifié par les deux chambres du parlement tchèque.
Le président Bush, dans son discours du 1er mai 2001 à l'Université de défense nationale - à Washington, affirmait : "Il nous faut un nouveau cadre qui nous permette d'édifier des défenses antimissiles visant à contrer les diverses menaces du monde actuel. Pour ce faire, il nous faut dépasser les contraintes du traité ABM qui date maintenant de 30 ans. Ce traité ne reconnait pas la situation présente ni ne nous indique de direction pour l'avenir. Il consacre le passé. Un traité qui nous empêche de faire face aux menaces actuelles, qui nous interdit d'explorer des technologies prometteuses pour nous défendre nous-mêmes, ainsi que nos amis et nos alliés, ne sert pas nos intérêts ni ceux de la paix mondiale" Source: Maison-Blanche - Traduction Ministère des affaires étrangères, DAI (Documents d'actualité internationale) n°13 1er juillet 2001 Le lieutenant général Kadish, directeur de la Ballistic Missile Defense Organization (BMDO), dans un discours prononcé le 2 mars 2001 à la Chambre de commerce de la région métropolitaine de Fairbanks en Alaska avait déclaré : "La menace que représentent aujourd'hui les missiles pour notre nation est bien différente que celle à laquelle nous nous heurtions il y a vingt ou trente ans. La Russie a encore la capacité de lancer une attaque massive contre les États-Unis, mais les risques que cela se produise ont beaucoup diminué. La Chine dispose aussi d'un inventaire limité, mais cependant croissant, de missiles balistiques intercontinentaux. Ce qui est surtout inquiétant, c'est la prolifération mondiale de missiles balistiques de diverses portées et de programmes visant le développement d'armes de destruction massive.
Pour John R. Bolton, sous-secrétaire d'Etat pour le contrôle des armements et la sécurité internationale, d'après une interview exclusive au Washington File, le 14 août 2001, la défense anti-missile est un moyen de lutter contre la prolifération. Source : Bureau des programmes d'information internationale du Département d'Etat américain
En marge du sommet entre G.W. Bush et V. Poutine à la mi-novembre 2001, dans une interview donnée à la National Public Radio, station de radio américaine de New York, le 14 novembre 2001, V. Poutine défendait la nécessité de la présevation des traités signés et en vigueur, dont le traité ABM, optant plutôt pour le renforcement des accords existants visant à la non-prolifération et à la réduction des armes nucléaires. "Our position, Russia's position, comes down the fact that the best, the most optimal way, is to preserve the agreements that have been signed and put into effect before, and to develop the international agreements and accords in the security area - also to put an end to the nuclear proliferation and to the proliferation of missile technologies, and to engage in arms cuts. We believe that the 1972 Treaty that we have now is flexible enough for us to use it for different kinds of efforts towards a greater level of security, both for the United States and Russia" Source : Ministère des affaires étrangères russe
Pas de remise en cause non plus du traité ABM et opposition au développement des defenses antimissiles qui sont un frein à la lutte contre la prolifération : "The development of missile defense systems in violation of Anti-Ballistic Missile Treaty (ABM Treaty) runs counter to the trend of times of peace and development. It will be detrimental to the international arms control and disarmament efforts and will bring widespread and profound negative impact on the global and regional strategic balance in the 21st century.
Source : Ministère des affaires étrangères de la République populaire de Chine
Le président Chirac dans un discours devant les ambassadeurs au Palais de l'Elysée le 29 août 1999, affirmait son attachement au traité ABM :
Avec une évolution dans son discours prononcé à l'occasion de la clôture de la 53ème session de l'IHEDN à Paris, le 8 juin 2001 - "... La France constate que le traité ABM a scellé l'équilibre stratégique des trente dernières années. Les Etats-Unis souhaitent aujourd'hui définir un nouveau cadre pour cet équilibre. Il appartient avant tout à la Russie de se prononcer sur cette proposition. La France n'ignore pas pour sa part que le monde a changé et que les conditions mêmes de cet équilibre doivent être redéfinies. Mais elle souhaite que le traité ABM, bien qu'il soit inspiré d'un monde bipolaire qu'elle a toujours dénoncé, ne soit pas écarté au profit d'un système non contraignant. Un système qui, sous couvert de multipolarité, ouvrirait la voie à de nouvelles compétitions non maîtrisées. J'appelle à peser avec soin ce que signifierait une telle évolution. Là encore, la France est prête à contribuer au débat dans un esprit d'ouverture, mais sans renoncer à ses convictions." Et dans l'Avis présenté au nom de la Commission de la défense nationale et des forces armées, sur le projet de loi de finances pour 2002, le 11 octobre 2001, René GALY-DEJEAN - analyse l'inéluctabilité de l'avancée de la défense antimissile américaine "Ainsi, le 11 octobre dernier, le Président Bush a réaffirmé sans ambiguïté sa détermination à aller de l'avant sur la défense antimissile et a, à nouveau, appelé son homologue russe à en finir avec le traité ABM. Aux yeux des Etats-Unis en effet, les attentats du 11 septembre ont confirmé leurs analyses sur l'obsolescence des schémas stratégiques traditionnels et, par conséquent, des traités qui régissaient l'ordre ancien. " L'argument selon lequel le traité ABM est démodé, dépassé et reflète une période différente est plus puissant qu'il ne l'était le 10 septembre ", a déclaré le Président Bush le 10 octobre dernier.
Source : Assemblée nationale
"Traditionnellement, la France a toujours fait de la dissuasion nucléaire l'ultima ratio de sa politique de sécurité. Toujours vraie s'agissant de la sécurité du territoire national, cette doctrine évolue aujourd'hui pour ce qui concerne la protection des forces envoyées sur des théâtres étrangers. Ainsi, le 8 juin dernier, le Président de la République a fait part de son souhait " que soit étudiée la possibilité de doter nos forces, dans des délais compatibles avec l'émergence des nouvelles menaces balistiques, d'une capacité de défense contre des missiles de théâtre ". Par conséquent, à la différence de la politique globale suivie par les Etats-Unis en la matière, notre priorité va à la protection de nos forces et de nos moyens en opération, qui seront les premiers amenés à évoluer sous la menace éventuelle d'armes de destruction massive." Source : Assemblée nationale A consulter : Rapport d'information du Sénat sur la défense antimissile (NMD) aux Etats-Unis, par Xavier de Villepin, sénateur |
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