Qui est John Kerry ?
Un patricien de la Nouvelle Angleterre

Logo de la campagne de John Kerry et John Edwards. |
Sénateur démocrate du Massachusetts, John Forbes Kerry, est né en 1943.
Bostonien catholique, il est comme son père diplômé de Yale.
Il a des origines européennes, son grand-père juif tchèque ayant émigré à Boston et a vécu lui-même à Berlin où son père était diplomate et est allié à une famille française. Il parle plusieurs langues dont le français (il cite Gide dans le texte).
Divorcé, père de deux filles, il a épousé il y a une dizaine d'années Teresa Heinz, veuve du sénateur héritier de l'entreprise Heinz.
Procureur puis avocat à Boston, il est élu sénateur en 1984.
Un vétéran critique de la guerre du Vietnam
A vingt-cinq ans, mitrailleur sur un patrouilleur dans le delta du Mékong, il sauve l'un de ses camarades et reçoit trois décorations pour cet acte de bravoure.
A son retour, il participe à la création du "Mouvement des vétérans contre la guerre" et, en 1971, s'élève violemment contre celle-ci dans un témoignage devant la Commission des affaires étrangères du Sénat. Devenu plus tard membre de cette Commission, il contribuera à la normalisation en 1995 des relations avec le Vietnam.
Quel type de démocrate ?
Depuis 1990, la revue du Congrès «Congressionnal Quarterly» lui attribue un vote à plus de 90% suivant la ligne du parti. Mais lors d'un entretien avec l'hebdomadaire de gauche «The Nation», il se caractérise lui-même comme modéré plutôt que libéral.
Sont considérés comme libéraux au sens américain du terme (le contraire du nôtre), ses positions en faveur de la hausse du salaire minimum et de la couverture maladie pour tous les Américains, son opposition à la peine de mort, son soutien au contrôle des armes à feu, son soutien aux droits des homosexuels, son peu d'intérêt pour la défense antimissile, son opposition aux réductions d'impôts «pour les riches» du programme Bush, sa prise de position en faveur de la signature du traité de Kyoto sur le réchauffement climatique, rejeté par l'administration Bush en 2001.
Il se prononce fermement en faveur du libre-échange et vote en 2000 la clause de la nation la plus favorisée en faveur de la Chine.
Il vote en 1996 la réforme du Welfare limitant la durée des prestations pour encourager le retour à l'emploi mise en ouvre par l'administration Clinton. Bien que soutenant les programmes d' Affirmative Action (discrimination positive), il souligne le risque de distorsions pouvant en résulter. Favorable à l'amélioration de l'enseignement public, il critique sa tendance à la bureaucratie.
Homme de conviction ou de contradictions ?
Opposé à la guerre du Golfe en 1991, il a soutenu toutes les autres interventions militaires américaines (Grenade, Panama, Kosovo, Afghanistan). En 2003, il soutient la décision du président George W. Bush de déclencher la guerre en Irak, tout en critiquant l'insuffisance de ses efforts en vue d'une coalition et sa gestion des suites de la guerre. Ce soutien lui vaut d'ailleurs de l'emporter lors des primaires décisives du début 2004 contre son rival Howard Dean, ferme opposant à la guerre.
Sa rectitude est souvent évoquée à propos de son rôle dans les enquêtes sur l'Irancontra (affaire de la fourniture d'armes à la Contra antisandiniste du Nicaragua, financée par des ventes d'armes illégales à l'Iran, en 1986), dans la rédaction d'une loi sur le blanchiment de l'argent de la drogue et le scandale de la BCCI (banque mise en cause à ce sujet en 1988). Elle l'est également concernant sa critique de l'afflux d'argent privé dans les campagnes électorales.
Ses prises de position balancées font-elles de John Kerry un homme de contradictions, comme le laissent entendre ses adversaires républicains, ou caractérisent-elles, comme le pensent ses amis, un homme de principe attaché à l'examen approfondi des questions qui lui sont soumises ?
L'argument républicain du "manque de caractère" n'est pas nouveau, il avait été largement utilisé contre Bill Clinton par le président Bush père, lors de la campagne électorale de 1992. Il le fut également contre Al Gore dans la campagne présidentielle 2000.
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