La documentation Française

Promotion : Grande Europe

Le Réflexe pour s'informer et comprendre

Aide

Barre de progression

Les programmes

Fanion God Bless the USA

Le programme des deux principaux candidats sur quelques points clés (sécurité, économie, santé, éducation, avortement, mariage gay, port d'arme et peine de mort).

George W. Bush et John Kerry ont placé l’essentiel de leur campagne sur des terrains identiques : le patriotisme, la morale, les valeurs familiales, et un rôle leader des Etats-Unis dans le monde qui implique une lutte sans merci contre le terrorisme. Leur programme n’en contient pas moins certaines nuances importantes sur bien des points. Les divergences concernent davantage les sujets de société que le thème majeur de la campagne : la sécurité du pays.

Pour la première fois depuis la guerre du Vietnam, les Américains considèrent les questions extérieures comme de premier plan dans cette campagne : les programmes des candidats s’en ressentent puisque, fait exceptionnel, les propositions économiques ne constituent pas l’essentiel de leurs discours.

Sécurité

Alors que les Etats-Unis sont en guerre en Irak et en lutte contre le terrorisme dans l’ensemble du monde, les programmes des deux principaux candidats sont largement consacrés aux affaires étrangères et à la sécurité nationale. Les discours des deux rivaux ont des accents parfois très similaires sur l’engagement en Irak. Toutefois, John Kerry (qui a voté au Congrès pour la guerre mais contre les crédits supplémentaires destinés à l’Irak) préconise pour en sortir une véritable internationalisation politique et militaire. Reprochant au président sortant la perte du leadership et du prestige américain dans le monde, il s’engage à conduire, s’il est élu, «une nouvelle ère d’alliances». Néanmoins, il n’évoque pas un retrait rapide des troupes américaines.
Mettant en avant son engagement au Vietnam, il se présente comme particulièrement qualifié pour protéger le pays contre le terrorisme et martèle que, sous son égide, l’Amérique sera «plus forte à l’intérieur» et «plus respectée à l’extérieur». Bush lui oppose son engagement de la première heure contre le terrorisme au lendemain des attentats du 11 Septembre et «l’Union sacrée» qu’il a su créer alors dans le pays. Il se présente comme un chef de guerre.

Economie

Les démocrates ont beau jeu de souligner qu’entre 2001 et 2004 près de 3 millions d’emplois ont été perdus, ce qui fait de George W. Bush le premier président depuis Herbert Hoover (1928-1932) à présenter un bilan négatif dans ce domaine.
Reprenant l’agenda économique défini dans la loi pour l’emploi et la croissance signée le 28 mai 2003, le président Bush promet aux Américains de créer plus d’emplois en pérennisant les baisses d’impôts, de freiner les dépenses fédérales, de mettre en oeuvre les dégrèvements sur le revenu des actions et les plus-values en capital prévus depuis 2001, de stimuler la formation permanente et de réduire les réglementations en général.
John Kerry promet pour sa part d’annuler les baisses d’impôts pour les foyers gagnant plus de 200 000 dollars par an, de relever le salaire minimum horaire de 5,15 à 7 dollars et de briser la dépendance pétrolière du pays vis-à-vis du Moyen-Orient.
Mettant l’accent sur les classes moyennes, il propose de créer dix millions d’emplois en quatre ans. Pour cela il prévoit de lutter contre la délocalisation des emplois gouvernementaux et des emplois chez les contractants de l’administration. Il propose également de décourager ces délocalisations par le biais d’un réaménagement des impôts sur les sociétés. Celles-ci seraient incitées à rapatrier leurs bénéfices réalisés à l’étranger par l’élimination des avantages dont elles disposent actuellement en les déclarant hors des Etats-Unis et par une baisse de 35 à 33,25% du taux d’imposition. Par ailleurs les entreprises pourraient bénéficier pendant un an d’un taux réduit à 10% pour tout bénéfice réinvesti aux Etats-Unis.

Santé

Les problèmes liés à la santé et aux assurances médicales figurent parmi les principales préoccupations des Américains. Le Président Bush met l’accent sur le libre choix par chaque citoyen d’un plan santé tenant compte à la fois de ses besoins et du prix qu’il peut se permettre de payer. Il prône un accroissement du rôle des organismes privés d’assurance maladie et de soins dont la concurrence doit aider à limiter l’augmentation des dépenses de santé.
John Kerry rappelle que 43 millions d'Américains ne bénéficient actuellement d'aucune couverture sociale. Il souhaite donner à tous les Américains accès à un plan santé. S’élevant contre les grandes sociétés d’assurance, il s’engage à assurer chaque enfant et à préserver et renforcer le système Medicare (couverture maladie minimale pour les personnes âgées). Il propose aussi de réduire les marges de profit des entreprises pharmaceutiques et d'utiliser des réductions d'impôts pour financer la production médicamenteuse. Contrairement au président sortant, le candidat démocrate veut encourager les patients à engager des poursuites contre l'industrie pharmaceutique en cas de dommages causés par des médicaments.

Education

Alors que les pouvoirs du président des Etats-Unis sont très limités en matière d'éducation (ce sont les Etats et les collectivités locales qui gèrent l'essentiel des questions d'enseignement et la part du budget fédéral n'est que de 7 %), le programme respectif des deux principaux candidats fait du sujet l’un des enjeux importants du débat. George W. Bush est favorable à l'initiative "pas d'enfants laissés pour compte" (No Child Left Behind) adoptée par le Congrès pour accorder un enseignement plus long et plus complet à tous les enfants américains. Mais le Congrès n'a pas débloqué tous les fonds demandés par le président. John Kerry accuse pour sa part le président sortant de n'avoir pas tenu sa promesse d’empêcher les enfants de quitter l’école sans avoir achevé leur scolarité.

Avortement

Légalisée depuis 1973, l'interruption volontaire de grossesse reste un sujet de dissension au sein de la société américaine. George Bush est opposé à l’avortement. Il souhaite en limiter le recours aux cas de viol, d'inceste et de danger pour la vie de la mère.
John Kerry, fervent catholique, est personnellement contre l’avortement. Il s'est toutefois prononcé pour le droit des femmes à choisir («pro choice»).
A noter que dernièrement, plusieurs mesures prises par l'administration Bush ont provoqué une grande inquiétude parmi les femmes qui craignent pour la liberté d’avortement. Le 1er avril 2004, George Bush a ainsi promulgué une loi accordant au fœtus une personnalité juridique en cas d'agression contre une femme enceinte et, fin 2003, une loi a été promulguée pour interdire une méthode d’avortement tardif.

Mariage gay

Les candidats sont tous deux opposés au mariage homosexuel. George W. Bush a lancé l'idée d'un amendement de la Constitution pour interdire de telles unions (célébrés par certains maires et autorisées par les tribunaux de plusieurs Etats) et renforcer l'idée du mariage entre un homme et une femme.
John Kerry, qui est contre l’idée d’un tel amendement, est en revanche favorable à des unions civiles entre personnes du même sexe.

Port d'arme et la peine de mort

Tous deux chasseurs, les candidats sont partisans du port d’armes (inscrit dans la Constitution). Toutefois, John Kerry a voté au Sénat en faveur de conditions plus strictes concernant les ventes d’armes et il critique George W. Bush pour n’avoir pas renouvelé l’interdiction de vente d’armes d’assaut promulguée en 1994 pour dix ans.
Ancien gouverneur du Texas, l'Etat qui détient le record du nombre des exécutions aux Etats-Unis, George Bush est un fervent partisan de la peine capitale.
John Kerry s'y est toujours opposé, mais il est favorable à son application aux terroristes, un changement de position intervenu après les attentats du 11 septembre 2001.

Haut de page