Le devenir de la Serbie-et-Monténégro, et plus largement la stabilisation des Balkans, ne peuvent être appréhendés qu'à travers l'ensemble des facteurs à l'œuvre dans la recomposition de l'espace yougoslave depuis 1980.

 La complexité du processus de désintégration de l'ancienne Fédération yougoslave et de la transition dans la nouvelle Communauté d'Etats Serbie-et-Monténégro permet néanmoins de dégager trois grandes étapes.

 La période de 1980 à 1990 débute avec la mort du maréchal (Josip Broz) Tito en mai 1980 et se termine en décembre 1990 avec l'élection au suffrage universel direct de Slobodan Milosevic à la présidence de la République de Serbie.

 La période de 1991 à 1995 faisant état de l'effondrement de la Fédération yougoslave et des guerres successives s'arrête avec la signature des accords de Dayton à Paris en décembre 1995.

 Enfin, la période commençant en 1996 comprend l'évolution de la République fédérale de Yougoslavie, avec notamment la montée en puissance de la crise au Kosovo, et la proclamation du nouvel Etat commun Serbie-et-Monténégro en février 2003.

1980-1990 : la Yougoslavie en crise, de la mort de Tito à l'arrivée au pouvoir de Slobodan Milosevic

4 mai 1980
Mort du maréchal Josip Broz Tito, à la tête de la Yougoslavie depuis 1945. Instauration d'une présidence collégiale, assurée, à tour de rôle pour un an, par les représentants de chacune des six Républiques fédérées (Slovénie, Croatie, Macédoine, Bosnie-Herzégovine, Serbie, Monténégro) et des deux provinces autonomes (Voïvodine et Kosovo).

Février-mars 1981
Premières émeutes au Kosovo, notamment à l'Université de Pristina. Les Albanais du Kosovo réclament le statut de république fédérée pour la province du Kosovo. L'état d'urgence est proclamé.

Automne 1985
Pétition de 2 000 Serbes du Kosovo demandant qu'il soit mis fin au "génocide" dont ils se disent victimes dans la province.

8 mai 1986
Slobodan Milosevic devient président de la Ligue des communistes de Serbie.

26 septembre 1986
Publication du mémorandum de l'Académie des sciences de Belgrade qui revendique un rôle dominant pour les Serbes dans la Fédération yougoslave.

6 juillet 1988
Au cours d'une manifestation, plusieurs milliers de grévistes envahissent le bâtiment du Parlement de Belgrade, illustrant la gravité de la crise politique et économique.

Septembre 1988
Franz Setinc, membre de la Présidence collégiale de la Ligue des communistes de Slovénie, démissionne après avoir fait l'objet de violentes critiques pour avoir dénoncé, dans la politique serbe au Kosovo, une "folie qui conduit le pays à sa perte".

Novembre 1988
A Belgrade, un meeting organisé par la Ligue des communistes de Serbie rassemble un million de personnes autour de S. Milosevic, qui annonce "de grands combats" pour défendre la Yougoslavie.
En voyage aux Etats-Unis, le Président de la République de Slovénie, Janez Stanovnik, dénonce quant à lui le nationalisme serbe et les orientations politiques de S. Milosevic.

30 janvier 1989
La réunion du comité central de la Ligue communiste de Yougoslavie est marquée par l'affrontement entre le président de la Ligue, Stipe Stuvar, et S. Milosevic.

8 mai 1989
S. Milosevic est élu Président de la Serbie par le Parlement serbe.

28 juin 1989
Célébration du 600e anniversaire de la bataille du Kosovo, qui marque le début de la domination ottomane sur la Serbie. Boycottée par la plupart des ambassadeurs occidentaux en poste dans la Fédération yougoslave, la fête qui réunit à Gazi Mestan (Kosovo) plus d'un million de personnes, donne lieu à un déchaînement de la ferveur nationaliste serbe.

Décembre 1989
Fondation de la Ligue démocratique du Kosovo.
Constitution du Parti démocratique de Serbie et apparition d'autres formations d'opposition dans cette république.

Février 1990
Pour mettre fin à des émeutes, l'armée yougoslave intervient au Kosovo pour la cinquième fois (1945, 1968, 1981, 1989). La Slovénie, puis la Croatie retireront leurs troupes d'intervention.

2 juillet 1990
Les 115 députés albanais de l'Assemblée provinciale du Kosovo proclament l'égalité du Kosovo au sein de la Fédération ou d'une éventuelle future Confédération yougoslave et le statut de "nation" (c'est-à-dire de nationalité pourvue d'une république) pour les Albanais ; déclaration qualifiée "d'illégale" le 11 juillet par la présidence collégiale.

25 juillet 1990
Dans la localité de Srb en Croatie, un rassemblement des Serbes de Croatie adopte une déclaration sur la souveraineté et l'autonomie du peuple serbe. Un Conseil national serbe, chargé de représenter les Serbes de Croatie, est fondé.

27 juillet 1990
Le Parlement serbe légalise le multipartisme.

Août-septembre 1990
A la suite d'une attaque des forces spéciales de la police croate sur le poste de police de Benkovac (Croatie) contrôlé par les Serbes, ces derniers saisissent les armes des policiers de réserve et élèvent des barricades sur les routes : le soulèvement serbe commence en Croatie. La Slovénie évoque par ailleurs ouvertement la possibilité d'une sécession en cas de guerre civile.

28 septembre 1990
Adoption d'une nouvelle Constitution par le Parlement serbe. Le mot "socialiste" disparaît du nom de la république. Elle met fin au statut d'autonomie dont le Kosovo et la Voïvodine jouissaient depuis 1974.

Décembre 1990
Les communistes remportent les élections législatives en Serbie (9 décembre) et au Monténégro (23 décembre). S. Milosevic est élu Président de la Serbie au suffrage universel direct (12 décembre).

1991-1995 : la Yougoslavie en guerre, l'éclatement de la Fédération

1991

28 février 1991
Le Conseil national serbe et le Conseil exécutif de la Région autonome serbe de Krajina (Croatie) décident la séparation de cette région du reste de la République de Croatie et son maintien dans la Fédération yougoslave.

Février 1991
Echec de négociations à Belgrade entre dirigeants de la Fédération et des républiques fédérées sur l'avenir constitutionnel de la Fédération yougoslave.

1er-3 mars 1991
Tension à Pakrac, en Croatie : des Serbes, majoritaires dans la ville, investissent le poste de police. Le bâtiment est alors pris d'assaut par les unités spéciales de la police croate. Le Président fédéral, B. Jovic, envoie des unités de l'armée fédérale et demande aux Croates de se retirer.

9-13 mars 1991
A l'appel du Mouvement du renouveau serbe et de l'opposition unifiée, 100 000 personnes au moins manifestent dans les rues de Belgrade pour la liberté de la presse. Violentes confrontations avec la milice, qui ouvre le feu sur les manifestants.

15-16 mars 1991
Le Président fédéral B. Jovic démissionne, après avoir échoué à faire adopter des mesures d'urgence par la présidence collégiale, notamment l'instauration de l'état d'urgence demandée par l'armée yougoslave. Le lendemain, dans un discours télévisé, le Président serbe S. Milosevic ordonne la mobilisation des unités réservistes de police de la république et déclare qu' "en raison des circonstances, la Serbie ne reconnaîtra plus aucune décision prise par la présidence collégiale."

18 mars 1991
Pétition d'une centaine d'intellectuels, artistes, journalistes, dirigeants de mouvements d'opposition serbes demandant la démission de S. Milosevic et celle du gouvernement.

25 mars 1991
Rencontre entre les Présidents serbe et croate, S. Milosevic et Franjo Tudjman. Ils se rencontreront à nouveau le 15 avril 1991.

27 mars 1991

50 000 personnes manifestent à Belgrade contre le gouvernement serbe et le Président S. Milosevic.

31 mars 1991
Combats à Plitvice (Croatie) entre Croates et Serbes. L'intervention de l'armée yougoslave instaure un cessez-le-feu.

3-4 avril 1991
Réunion des dirigeants de la Fédération yougoslave et des républiques fédérées, qui sera suivie d'autres le 11, le 18 et le 29.

17 avril 1991
Le Parlement serbe vote le retour à l'Eglise orthodoxe de tous les biens qui lui avaient été confisqués après 1945.

16 mai 1991
L'Assemblée de la Région autonome serbe de Krajina (Croatie) proclame le rattachement de la Krajina à la République de Serbie. Le 29 mai, le Parlement serbe rejette cette demande.

9 juin 1991
20 000 personnes manifestent à Belgrade à l'appel de l'Opposition démocratique unie de Serbie, demandant la démission du gouvernement et l'organisation de nouvelles élections.

10 juin 1991
Le Comité pour la protection des droits de l'Homme au Kosovo publie un rapport mettant en lumière les violations commises par les autorités serbes.

25 juin 1991
La Slovénie et la Croatie proclament leur indépendance. Le gouvernement fédéral déclare aussitôt qu'il considère ces décisions comme illégales.

27 juin 1991
L'offensive de l'armée fédérale contre la défense territoriale slovène marque le début de la guerre dans la Fédération yougoslave.

3 juillet 1991
Début de la guerre serbo-croate avec la multiplication des incidents armés en Croatie entre les forces armées serbes appuyées par l'armée fédérale et les forces de police croates.

7 juillet 1991
A Brioni (Croatie), rencontre entre la "troïka" européenne et les dirigeants yougoslaves. Elle aboutit à un accord sur les modalités d'une évacuation de la Slovénie par l'armée fédérale et sur une résolution pacifique de la crise yougoslave ; un moratoire de trois mois sur les indépendances croate et slovène est par ailleurs décidé.

1er septembre 1991
La Serbie accepte de signer la déclaration du Conseil des ministres européens sur la Yougoslavie (La Haye, 27 août), prévoyant un cessez-le-feu et une extension de la mission des observateurs européens.

17 septembre 1991
La Macédoine proclame son indépendance.

12-20 septembre 1991
Les Serbes de Bosnie créent des régions autonomes en Bosnie-Herzégovine.

26-30 septembre 1991
Référendum clandestin en faveur de la proclamation d'une "République du Kosovo".

1er octobre 1991
Blocus des ports croates et début du siège de Dubrovnik (Croatie).

3 octobre 1991
Prétextant un "danger de guerre imminent", la présidence collégiale de la Fédération - réduite à la Serbie, au Monténégro, à la Voïvodine et au Kosovo depuis le 26 septembre -, s'arroge les pouvoirs du Parlement fédéral.

15 octobre 1991
La Bosnie-Herzégovine proclame sa souveraineté. Le SDS-Parti démocrate serbe quitte le Parlement en signe de protestation.

16 octobre 1991
L'armée fédérale remplace l'étoile rouge par la cocarde tricolore yougoslave dans tous ses emblèmes.

19 octobre 1991
Le Kosovo se déclare indépendant.

22 octobre 1991
L'Albanie est le premier (et le seul) pays étranger à reconnaître l'indépendance du Kosovo.

25 octobre 1991
Constitution de l'Assemblée du peuple serbe en Bosnie-Herzégovine.

9 novembre 1991
Plébiscite de la population serbe de Bosnie-Herzégovine en faveur du maintien au sein de la Fédération yougoslave.

20 novembre 1991
L'armée fédérale et des unités paramilitaires serbes prennent la ville de Vukovar (Croatie) après un siège de trois mois.

19 décembre 1991
Proclamation à Knin (Croatie) de la République serbe de Krajina.

Le Premier ministre yougoslave Ante Markovic, reçu à Paris par son homologue française Edith Cresson en 1991

Le Premier ministre yougoslave Ante Markovic, reçu à Paris par son homologue française Edith Cresson en 1991.

© Premier ministre, Service photographique. Diffuseur : La Documentation française

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20 décembre 1991
Ante Markovic annonce sa démission du poste de Premier ministre fédéral, dernière instance fédérale yougoslave, ne pouvant accepter un budget qui "finance la guerre, la mort et la destruction.".

24 décembre 1991
Demande de reconnaissance d'indépendance de la province du Kosovo auprès de la CEE

1992

2 janvier 1992
Le représentant de l'ONU, Cyrus Vance, parvient à un accord sur les opérations de paix dans la Fédération yougoslave, avec les Présidents croate, serbe et le ministre yougoslave de la Défense : respectivement F. Tudjman, S. Milosevic et Veljko Kadijevic.

26-28 janvier 1992
Marrack Gulding, émissaire spécial de l'ONU, se rend à Belgrade et à Zagreb pour négocier le plan de déploiement des "casques bleus" prévu par la résolution 721 du Conseil de sécurité de l'ONU  (27 novembre 1991). Il se heurte à des réticences, aussi bien de la part des Serbes de Croatie que du gouvernement croate.

12-15 février 1992
L'armée fédérale évacue ses troupes stationnées en territoire macédonien.

29 février-1er mars 1992
Référendum en faveur de l'indépendance de la Bosnie-Herzégovine (la communauté serbe boycotte la consultation).

4 avril 1992
La guerre éclate en Bosnie-Herzégovine.

7 avril 1992
Proclamation de l'indépendance de la République serbe de Bosnie-Herzégovine à Banja Luka par l'Assemblée du peuple serbe.

27 avril 1992
Proclamation à Belgrade de la République fédérale de Yougoslavie (RFY) comprenant la Serbie et le Monténégro.

12 mai 1992
La République serbe de Bosnie-Herzégovine se dote d'une armée sous le commandement du général Ratko Mladic.

24 mai 1992

Ibrahim Rugova s'entretient avec le Président français Jacques Chirac

Ibrahim Rugova s'entretient avec le Président français Jacques Chirac, au palais de l'Elysée en 1998.

© Présidence de la République, Service photographique. Photo : Didier Noizet. Diffuseur : La Documentation française

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Les Albanais du Kosovo se rendent aux urnes pour élire Ibrahim Rugova, seul candidat, président du Kosovo défiant ainsi les autorités de Belgrade.

30 mai 1992
Le Conseil de sécurité de l'ONU vote la résolution 757 mettant en place un embargo commercial, pétrolier, aérien, sportif et culturel contre la RFY. Le gouvernement de Belgrade se dissocie des Serbes de Bosnie.

31 mai 1992
Victoire des socialistes (ex-communistes) aux élections législatives et municipales en RFY. Ces élections sont boycottées par l'opposition démocratique, qui organise une manifestation à Belgrade contre la guerre en Bosnie-Herzégovine et contre le gouvernement.

15 juin 1992
Le Parlement de la RFY élit Dobrica Cosic premier Président fédéral.

28 juin-5 juillet 1992
150 000 personnes manifestent à Belgrade pour réclamer la démission du Président serbe S. Milosevic.

29 juin 1992
L'aéroport de Sarajevo est évacué par les forces serbes de Bosnie, et placé sous contrôle de 34 "casques bleus".

14 juillet 1992

En RFY, le Parlement fédéral élit Milan Panic, homme d'affaires américain d'origine serbe, Premier ministre du gouvernement fédéral.

31 août 1992
Publication à Genève du rapport de T. Mazowiecki, responsable d'une mission d'enquête sur les droits de l'Homme en Bosnie-Herzégovine. Il accuse toutes les parties aux conflits de flagrantes violations des droits de l'Homme, mais souligne la responsabilité des Serbes dans les abus les plus systématiques, dont les Musulmans sont les principales victimes.

3 septembre 1992
Ouverture de la conférence permanente sur l'ex-Yougoslavie à Genève, co-présidée par Lord Owen, mandaté par la CEE, et Cyrus Vance, représentant l'ONU.

22 septembre 1992
L'ONU exclut la RFY de l'Assemblée générale.

15 octobre 1992
Le Premier ministre yougoslave Milan Panic, tentant de rétablir le dialogue politique avec les Albanais du Kosovo, se rend à Pristina.

24 octobre 1992
S. Milosevic est élu président du Parti socialiste de Serbie.

31 octobre 1992
Les Parlements des républiques serbes autoproclamées de Bosnie-Herzégovine et de Croatie décident de créer une monnaie et une armée communes et d'organiser un référendum sur leur unification.

20 décembre 1992
Elections présidentielle et législatives en RFY. S. Milosevic est réélu Président de Serbie. Le Parti socialiste perd la majorité absolue tandis que le Parti radical progresse fortement.

29 décembre 1992
En RFY, le Parlement fédéral renverse le gouvernement Panic.

1993

22 janvier 1993
Offensive croate contre les milices serbes de la Krajina (Croatie).

22 février 1993

Le Conseil de sécurité de l'ONU adopte à l'unanimité la proposition française de constituer un tribunal international pour juger les crimes de guerre en ex-Yougoslavie (résolution 808).

3 avril 1993

Le Tribunal pénal international pour l'ex-Yougoslavie (TPIY)

Le Tribunal pénal international pour l'ex-Yougoslavie (TPIY) va s'installer à La Haye (Pays-Bas).

© TPIY, Service audiovisuel

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L'Assemblée des Serbes de Bosnie rejette le plan de paix Vance-Owen.

17 avril 1993
La résolution 820 du Conseil de sécurité de l'ONU prévoit le renforcement des sanctions contre la RFY si les Serbes de Bosnie refusent de signer le plan de paix Vance-Owen (gels de leurs avoirs étrangers à l'étranger, interdiction du transit de marchandises par leur territoire).

26 avril 1993

Le Parlement serbe de Bosnie rejette le plan Vance-Owen malgré les pressions des Présidents de la Serbie et de la Yougoslavie, S. Milosevic et D. Cosic. L'intervention de ceux-ci s'explique par le souci d'éviter l'aggravation des sanctions économiques contre la RFY dont les menace la résolution 820 du Conseil de sécurité.

2-6 mai 1993
Le 2 mai à Athènes, le Président de l'administration des Serbes de Bosnie à Pale accepte, sous la menace d'une intervention militaire occidentale, de signer le plan Vance-Owen. Mais le 6, l'Assemblée des Serbes de Bosnie refuse de le ratifier. Le plan est de facto abandonné. Le même jour, la RFY décrète un embargo économique contre la République serbe de Bosnie-Herzégovine pour tenter de faire pression sur elle.

31 mai 1993
Le Parlement fédéral destitue le Président D. Cosic, puis élit Zoran Lilic à la tête de la RFY le 25 juin.

8 août 1993
L'OTAN exige la levée du siège de Sarajevo et menace les Serbes de frappes aériennes.

29 novembre 1993
Reprise des négociations de paix sur la Bosnie à Genève, sur la base d'une proposition franco-allemande de levée progressive des sanctions contre la RFY en échange de concessions territoriales des Serbes bosniaques aux Musulmans.

21 décembre 1993
Ouverture à Genève d'un nouveau cycle de négociations entre F. Tudjman, A. Izetbegovic et S. Milosevic, en présence des médiateurs internationaux D. Owen et T. Stoltenberg. Les négociateurs se séparent dès le 23 sur un constat d'échec.

1994

24 janvier 1994
En RFY, la mise en circulation d'un nouveau dinar, convertible et indexé sur le mark allemand, met fin à l'hyperinflation. Cette mesure est mise en place par le directeur de la Banque nationale de Yougoslavie, Dragoslav Avramovic.

5 février 1994
Un tir d'obus sur le marché de Markale à Sarajevo fait 66 morts et 200 blessés environ.

9 février 1994
L'OTAN demande aux Serbes de Bosnie de retirer leurs armes lourdes à 20 km au moins du centre de Sarajevo sous peine de bombardements aériens. L'état-major de la République serbe se plie à cet ultimatum.

4 avril 1994
Offensive serbe contre Gorazde, une des "zones de sécurité" de l'ONU en Bosnie-Herzégovine.

4 août 1994
La RFY décrète un blocus contre la République serbe de Bosnie afin de contraindre celle-ci de signer le plan de paix du "groupe de contact" et d'obtenir pour elle-même la levée des sanctions internationales.

27-28 août 1994
Les Serbes de Bosnie refusent par référendum le plan de paix du "groupe de contact".

1995

27 avril 1995
Le rapporteur de l'ONU sur la question des droits de l'Homme en ex-Yougoslavie, T. Mazowiecki, publie un document indiquant que le "nettoyage ethnique" est en voie d'achèvement dans les territoires contrôlés par les Serbes de Bosnie.

23 mai 1995
Le diplomate américain Robert Frasure ne parvient pas à obtenir de S. Milosevic la reconnaissance de la Bosnie-Herzégovine en échange d'une suspension des sanctions.

25 mai 1995
Suite à un raid aérien de l'OTAN sur un dépôt de munitions près de Pale, les Serbes de Bosnie prennent en otages plusieurs centaines de "casques bleus".

7-11 juillet 1995
Les forces serbes de Bosnie s'emparent de l'enclave bosniaque de Srebrenica, l'une des "zones de sécurité" de l'ONU.

25 juillet 1995
L'enclave bosniaque de Zepa, "zone de sécurité" de l'ONU, tombe à son tour aux mains des Serbes de Bosnie.
Le Tribunal pénal international pour l'ex-Yougoslavie lance un acte d'accusation contre R. Karadzic et le général R. Mladic pour génocide et crimes contre l'humanité.

10 octobre 1995
Entrée en vigueur d'un cessez-le-feu généralisé en Bosnie-Herzégovine.

1er novembre 1995
Début des négociations de paix consacrées à la Bosnie-Herzégovine à Dayton (Ohio, Etats-Unis).

14 décembre 1995
Signature officielle des accords de Dayton à Paris par S. Milosevic, F. Tudjman et A. Izetbegovic.

Conférence de paix sur l'ex-Yougoslavie, Palais de l'Elysée, 14 décembre 1995

Slobodan Milosevic, Président de Serbie, Franjo Tudjman, Président de Croatie et Alija Izetbegovic, Président de Bosnie-Herzégovine, signent l'accord cadre général pour la paix en Bosnie-Herzégovine, en présence de Felipe Gonzalez, Bill Clinton, Jacques Chirac, Helmut Kohl, John Major et Viktor Tchernomyrdine. Conférence de paix sur l'ex-Yougoslavie, Palais de l'Elysée, 14 décembre 1995.

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1996-2005 : l'ex-Yougoslavie en recomposition, naissance de la Serbie-et-Monténégro

1996

Février 1996
L'Armée de libération du Kosovo (UCK) se manifeste pour la première fois, en revendiquant une série d'attentats à la bombe.

22 février 1996
La France élève au rang d'ambassadeur son chargé d'affaires à Belgrade, signe de reconnaissance de la RFY.

19 mars 1996
Sarajevo, la capitale de la Bosnie-Herzégovine, est réunifiée après l'exode d'une grande partie de ses habitants serbes.

5 mai 1996
Ouverture à La Haye du premier procès devant le Tribunal pénal international : celui de Dusan Tadic, un Serbe de Bosnie.

19 juillet 1996
L'envoyé spécial des Etats-Unis Richard Holbrooke finit par obtenir de S. Milosevic la démission de R. Karadzic de toutes ses fonctions politiques (notamment de celui de Président de l'administration des Serbes de Bosnie à Pale).

1er septembre 1996
S. Milosevic et I. Rugova signent, séparément, un accord sur la réintégration des élèves et des enseignants albanais dans les bâtiments des écoles publiques.

3 octobre 1996
Réunis à Paris, les présidents A. Izetbegovic et S. Milosevic concluent un accord de normalisation des relations entre la Bosnie-Herzégovine et la RFY.

17 novembre 1996
La coalition d'opposition Zajedno ("Ensemble") remporte les élections municipales à Belgrade et dans la majorité des autres grandes villes de Serbie.

24 novembre 1996
La commission électorale de Serbie annule les résultats des élections municipales, au détriment de l'opposition, dans une partie des bureaux de vote de Belgrade. Cette décision suscite une série de manifestations quotidiennes.

27 décembre 1996
Felipe Gonzalez, président de la commission d'enquête de l'OSCE, confirme la victoire de l'opposition à Belgrade et dans treize autres villes. Les Etats-Unis et l'UE appellent S. Milosevic à reconnaître cette victoire.

1997

13 janvier 1997
Très importante manifestation de l'opposition à Belgrade, le jour du Nouvel An orthodoxe.

6 février 1997
Le gouvernement français reçoit à Paris les trois dirigeants de l'Opposition démocratique serbe (Vuk Draskovic, Vesna Pesic, Zoran Djindjic).

14 février 1997
A la demande de S. Milosevic, le Parlement de Serbie vote une loi spéciale qui reconnaît la victoire de l'opposition aux élections municipales à Belgrade et dans treize autres villes.

21 février 1997
Zoran Djindjic, l'un des dirigeants de la coalition d'opposition Zajedno, devient maire de Belgrade.

15 juillet 1997
Le Parlement fédéral élit S. Milosevic, non rééligible à la présidence de la Serbie, Président de la RFY.

28 septembre 1997
A Pristina (Kosovo), des étudiants et élèves albanais demandent leur réintégration dans les locaux scolaires, manifestation suivie d'une répression policière.

19 octobre 1997
Au second tour de l'élection présidentielle au Monténégro, Milo Djukanovic bat de justesse le Président sortant Momir Bulatovic, allié de S. Milosevic. Il prend ses fonctions le 15 janvier suivant.

25-27 novembre 1997

Le Président monténégrin Milo Djukanovic s'entretient avec le Premier ministre français Lionel Jospin

Le Président monténégrin Milo Djukanovic s'entretient avec le Premier ministre français Lionel Jospin, à l'Hôtel de Matignon le 14 mai 1999.

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Au Kosovo, des affrontements entre la police et des groupes armés albanais font des morts de part et d'autre.

1998

28 février-1er mars 1998
Affrontements importants dans la région de la Drenica (Kosovo) entre l'UCK, la police serbe et l'armée yougoslave. De nombreux villages sont détruits et leurs habitants contraints à les quitter. Ces affrontements ouvrent une période de sept mois de conflits armés presque continus.

9 mars 1998
Le "groupe de contact" adopte un plan d'action enjoignant à la RFY de cesser les opérations répressives au Kosovo, d'en retirer ses forces spéciales, d'entamer des négociations avec les représentants des Kosovars albanais.

22 mars 1998
Elections présidentielle et législatives (non reconnues par Belgrade) chez les Albanais du Kosovo. Ibrahim Rugova, seul candidat, est réélu président de la "République du Kosovo."

31 mars 1998
La résolution 1160 du Conseil de sécurité de l'ONU impose un embargo total sur les ventes d'armes à la RFY.

23 avril 1998
Consultés par référendum, les citoyens yougoslaves (à l'exception des Albanais, qui le boycottent) rejettent massivement l'idée d'une médiation internationale dans la résolution de la crise au Kosovo.

Avril-août 1998
Affrontements ininterrompus, au Kosovo, entre indépendantistes albanais et troupes yougoslaves, malgré différentes tentatives de négociations et des manœuvres aériennes de l'OTAN.

15 mai 1998
A la suite de fortes pressions diplomatiques, S. Milosevic et I. Rugova se rencontrent à Belgrade et conviennent de négociations hebdomadaires. Une première et unique séance de négociation entre Serbes et Albanais du Kosovo se tient à Pristina (Kosovo) le 22 mai.

31 mai 1998
Les partisans de M. Djukanovic remportent les élections législatives et municipales anticipées au Monténégro.

17 juin 1998
Le Président monténégrin M. Djukanovic rappelle les soldats monténégrins qui effectuent leur service militaire au Kosovo.

23 septembre 1998
Le Conseil de sécurité de l'ONU exige un cessez-le-feu au Kosovo, le retrait des forces serbes et l'ouverture de négociations directes (résolution 1199).

13 octobre 1998
Le Conseil de l'OTAN donne "un ordre d'activation" à ses forces militaires et adresse un ultimatum à S. Milosevic, exigeant l'arrêt des opérations militaires, la réduction des forces de l'ordre à leurs effectifs d'avant le début de la crise et le déploiement au Kosovo de 2000 vérificateurs sous l'autorité de l'OSCE. S. Milosevic accepte ces exigences.

26 octobre 1998
Retrait de 10 000 policiers serbes du Kosovo. Le lendemain, l'OTAN suspend sa menace de raids aériens.

7-8 décembre 1998
Albanais et Serbes rejettent le plan du médiateur américain Christopher Hill sur le statut d'autonomie du Kosovo.

14 décembre 1998
Les affrontements reprennent au Kosovo.

1999

6 février 1999

Le président français Jacques Chirac prononce le discours d'ouverture de la Conférence de paix sur le Kosovo

Le président français Jacques Chirac prononce le discours d'ouverture de la Conférence de paix sur le Kosovo, le 6 février 1999 au château de Rambouillet.

© Présidence de la République, Service photographique. Photo : JL - DS. Diffuseur : La Documentation française

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Devant la brutalité des affrontements entre d'une part l'UCK (Armée de libération du Kosovo) et d'autre part l'armée et les unités spéciales yougoslaves, le "groupe de contact" demande aux Serbes et aux Kosovars albanais d'entamer à Rambouillet (France) des pourparlers sur une "autonomie substantielle" de la province. Suspendues le 23 février, les négociations reprennent le 15 mars à Paris, mais aboutissent à un échec le 19.

23-24 mars 1999
A la suite de l'échec des conférences de Rambouillet et de Paris, l'OTAN déclenche l'opération "Force alliée" contre la RFY.

24 mai 1999
Le Tribunal pénal international pour l'ex-Yougoslavie accuse le Président yougoslave S. Milosevic de crimes contre l'humanité et violations des lois ou coutumes de la guerre au Kosovo.

3 juin 1999
Après 78 jours de bombardements, le Parlement serbe approuve le plan de paix proposé par le G8, proche, à peu de choses près, de celui que Belgrade avait refusé à Rambouillet.

9 juin 1999
Signature à Kumanovo (Macédoine) d'un accord entre Belgrade et des représentants de l'OTAN sur le retrait des forces terrestres yougoslaves du Kosovo et l'entrée synchronisée de la KFOR (Kosovo Force) dans la province.

10 juin 1999
L'opération "Force alliée" de l'OTAN contre la RFY prend officiellement fin.
Le Conseil de sécurité de l'ONU "décide du déploiement au Kosovo, sous l'égide de l'Organisation des Nations unies, de présences internationales civile et de sécurité". Pour ce faire, il "prie le Secrétaire général de nommer, en consultation avec le Conseil de sécurité, un représentant spécial chargé de diriger la mise en place de la présence internationale civile" et "autorise les États Membres et les organisations internationales compétentes à établir la présence internationale de sécurité au Kosovo" (résolution 1244).

1er novembre 1999

Les troupes françaises reçoivent ici la visite du Président Chirac, le 25 novembre 2000

Le contingent français de la KFOR est présent au Kosovo (brigade multinationale Nord-Est) depuis le 12 juin 1999, date de l'arrivée de la force multinationale conduite par l'OTAN sous mandat des Nations unies (résolution 1244 du 10 juin 1999). Les troupes françaises reçoivent ici la visite du Président Chirac, le 25 novembre 2000.

© Présidence de la République, Service photographique. Photo : Fabrice Perier. Diffuseur : La Documentation française

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Le Monténégro adopte le mark allemand comme unité de paiement.

2000

26 janvier 2000
Fondation de l'UCPMP (Armée de libération de Presevo, Bujanovac et Medvedja) à Dobrosin dans le sud de la Serbie.

1er février 2000
Après la mise en place de la MINUK (Mission d'administration intermédiaire des Nations unies au Kosovo), Ibrahim Rugova, ancien président des Albanais du Kosovo, dissout toutes les institutions de la "République du Kosovo" proclamée en 1991.

7 juillet 2000
En RFY, modification de la Constitution fédérale prévoyant l'élection du Président yougoslave au suffrage direct, ouvrant ainsi la voie à deux nouveaux mandats de quatre ans pour S. Milosevic.

24 septembre 2000

Le nouveau Président yougoslave Vojislav Kostunica est reçu à l'Elysée par Jacques Chirac le 21 décembre 2000

Le nouveau Président yougoslave Vojislav Kostunica est reçu à l'Elysée par Jacques Chirac le 21 décembre 2000.

© Présidence de la République, Service photographique. Photo : Didier Noizet. Diffuseur : La Documentation française

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Elections présidentielle, législatives et municipales en RFY. Victoire de Vojislav Kostunica de l'Opposition démocratique de Serbie (DOS) à la présidentielle.

6 octobre 2000
En RFY, le Parlement fédéral est pris d'assaut par la population. S. Milosevic reconnaît sa défaite et annonce qu'il quitte le pouvoir. Le 7, Vojislav Kostunica est officiellement investi des fonctions de Président fédéral.

26 octobre 2000
La RFY intègre le Pacte de stabilité pour l'Europe du Sud-Est.

15 novembre 2000
La RFY pose sa candidature au Conseil de l'Europe.

20 novembre 2000
La RFY adhère aux Nations unies (elle renonce auparavant à la revendication d'être le seul successeur de l'ancienne Fédération yougoslave).

23 décembre 2000
Elections législatives en République de Serbie et victoire de l'Opposition démocratique de Serbie (DOS).

2001

25 janvier 2001
Investiture du nouveau gouvernement de Serbie conduit par le Premier ministre Zoran Djindjic.

5 mars 2001
La RFY et la République serbe de Bosnie-Herzégovine signent un accord "spécial" pour renforcer leurs liens.

1er avril 2001
Arrestation de S. Milosevic à Belgrade. Le 6, le Tribunal pénal international pour l'ex-Yougoslavie dépose un mandat d'extradition auprès des autorités fédérales yougoslaves.

28 juin 2001
Extradition de S. Milosevic au Tribunal pénal international de La Haye. Trois actes d'accusation vont peser sur lui, concernant le Kosovo, la Croatie et la Bosnie-Herzégovine.

17 novembre 2001
Elections législatives au Kosovo : victoire de la Ligue démocratique, le Parti d'Ibrahim Rugova.

2002

14 mars 2002
Signature d'un accord-cadre entre Belgrade et Podgorica selon lequel la RFY sera remplacée par un Etat commun, dit "Serbie-et-Monténégro".

21 octobre 2002
Elections législatives au Monténégro et victoire de la coalition du Président Milo Djukanovic.

26 novembre 2002
Nomination du Président Milo Djukanovic au poste du Premier ministre au lendemain de sa démission de la présidence.

29 décembre 2002
Natasa Micic devient Présidente par interim de la République de Serbie, les élections présidentielles organisées en septembre, octobre et décembre ayant été invalidées pour cause de participation inférieure à 50 %.

2003

27 et 28 janvier 2003
Adoption de la Charte constitutionnelle et de la loi sur son application par les Parlements de Serbie et du Monténégro.

4 février 2003
Proclamation de la Communauté d'Etats Serbie-et-Monténégro et départ de Vojislav Kostunica du poste de Président yougoslave.

7 février 2003
Lettre du Premier ministre serbe Zoran Djindjic adressée aux représentants permanents des membres du Conseil de sécurité de l'ONU à propos des évolutions récentes dans la province du Kosovo. Elle rappelle que la résolution 1244 du Conseil de sécurité de l'ONU stipule une autonomie substantielle de la province, la souveraineté de la RFY sur tout le territoire le retour des refugiés et des personnes déplacées ainsi que le retour d'un certain nombre du personnel de sécurité yougoslave et serbe.

8 mars 2003
Election de Svetozar Marovic au poste de Président de la Serbie-et-Monténégro par le Parlement commun.

12 mars 2003
Assassinat du Premier ministre serbe Zoran Djindjic et élection de Zoran Zivkovic à ce poste par le Parlement serbe le 18 mars.

26 mars 2003

Signature de l'accord entre la France et le Conseil des ministres de Serbie-et-Monténégro relatif à la succession en matière de traités bilatéraux conclus entre la France et la République socialiste fédérative de Yougoslavie.

3 avril 2003

Goran Svilanovic,  et Dominique de Villepin signent l'accord relatif à la succession en matière de traités bilatéraux franco-yougoslaves

Dans la Galerie de la paix du Quai d'Orsay le 26 mars 2003, Goran Svilanovic, ministre des Affaires étrangères de Serbie-et-Monténégro, et son homologue français Dominique de Villepin signent l'accord relatif à la succession en matière de traités bilatéraux franco-yougoslaves.

© Ministère des Affaires étrangères. Photo : Claude Stefan

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La Communauté d'Etats Serbie-et-Monténégro est admise au Conseil de l'Europe.

11 mai 2003
Election de Filip Vujanovic au poste du Président du Monténégro, après l'échec de l'élection présidentielle en décembre 2002 pour cause de participation inférieure à 50%.

13 juin 2003
Première visite officielle en France du président de la nouvelle communauté d'Etats de Serbie-et-Monténégro, Svetozar Marovic.

18 juin 2003
Inauguration d’un bureau de représentation franco-allemand à Podgorica (Monténégro).

10 septembre 2003
Au cœur de la première visite à Belgrade d’un président croate depuis l’indépendance, ont été les gestes de réconciliation échangés par Stipe Mesic, président de la Croatie, et Svetozar Marovic, président de la Serbie-et-Monténégro. Insistant sur la responsabilité individuelle, les deux chefs d’Etat se sont excusés pour les torts, iniquités et souffrances que leurs citoyens se sont mutuellement infligés.

7 octobre 2003
Sur la base des engagements pris lors du sommet UE-Balkans occidentaux qui s'est tenu à Thessalonique le 21 juin 2003, l'Union européenne et la Serbie-et-Monténégro conviennent d'établir un dialogue politique régulier [.pdf, 78 Ko], qui accompagnera leur rapprochement, appuiera les changements politiques et économiques en cours en Serbie-et-Monténégro et contribuera à établir de nouvelles formes de coopération, en tenant compte en particulier de la qualité de candidat potentiel à l'adhésion à l'UE de la Serbie-et-Monténégro.

14 octobre 2003
Les autorités de Belgrade et celles de Pristina ouvrent des négociations à Vienne sous les auspices de Harri Holkeri, chef de la Mission intérimaire des Nations unies au Kosovo. Il s'agit des premiers pourparlers officiels depuis la fin de la guerre au Kosovo en juin 1999. Belgrade est représenté par Svetozar Marovic, Président de la Serbie-et-Monténégro, et Zoran Zivkovic, Premier ministre serbe ; la délégation kosovare comprend Nexhat Daci, Président du parlement de la province et le Président Ibrahim Rugova qui dirige le LDK, le parti politique le plus important de la province. Traitant des dossiers techniques (plaques d'immatriculation, cartes d'identité, permis de conduire, retour des réfugiés, transports...), les pourparlers n'aborderont pas la question du statut final du Kosovo.

13 novembre 2003
Lors d'une visite à Sarajevo en Bosnie-Herzégovine, le Président de la Serbie-et-Monténégro, Svetozar Marovic, présente des excuses pour "le mal" commis lors de la guerre en Bosnie (1992-1995) qui fit plus de 200 000 morts.

16 novembre 2003
L'élection présidentielle en Serbie échoue en raison d'un taux de participation inférieur aux 50% de l'électorat requis par la loi. Il s'agit d'un quatrième échec en treize mois. Seuls 38,7 % des électeurs ont voté, infligeant une "punition" à la coalition du DOS et au gouvernement de Zoran Zivkovic dont le candidat, Dragoljub Micunovic, ne recueille que 35,3% des suffrages. Tomislav Nikolic, candidat du parti radical (SRS) ultra-nationaliste, arrive en tête avec 46,2% des suffrages exprimés.

28 décembre 2003
A l'occasion des élections législatives serbes, les ultranationalistes du Parti radical (SRS) de Vojislav Seselj arrivent en tête avec 27,7% des voix, soit 82 sièges sur les 250 que compte le Parlement. Le Parti démocratique de Serbie (DSS) de Vojislav Kostunica, le Parti démocratique (DS) du premier ministre assassiné Zoran Djindjic, et le G17+ de Miroljub Labus totalisent 42,3% des suffrages exprimés, soit 124 sièges. Deux autres formations, la coalition Mouvement serbe du renouveau (SPO)-Nouvelle Serbie (NS) et le Parti socialiste (SPS) de Slobodan Milosevic franchissent le seuil des 5% pour entrer au Parlement, avec chacun 7,5 % des suffrages exprimés. Fait marquant, le scrutin consacre deux hommes, Slobodan Milosevic et Vojislav Seselj, inculpés pour crimes de guerre et incarcérés à la prison du Tribunal pénal international de La Haye, au rang de députés. Par ailleurs, les partis régionaux et les représentants des minorités nationales sont évincés de la représentation nationale, la coalition Ensemble pour la tolérance n'ayant pas passé le seuil de 5% des voix.

2004

27 juin 2004
Au second tour de l'élection présidentielle en Serbie, le candidat démocrate Boris Tadic est finalement élu (53,2 % des voix), face à l'ultranationaliste Tomislas Nikolic (45,5 %). Ce résultat, qui n'était pas acquis d'avance, porte à la tête de la Serbie son premier président non-communiste. Cette élection avait dû être précédée d'une réforme du Code électoral, qui imposait jusqu'alors un taux de participation supérieur à 50%.

2005

12 avril 2005
La Commission européenne se prononce pour l’ouverture de négociations en vue de la signature d’un accord de stabilisation et d’association de la Serbie-et-Monténégro à l’Union européenne.

2006

21 mai 2006

Drapeau du Monténégro

Le Monténégro a organisé un référendum sur son indépendance : 55,5 % des 484 718 électeurs ont dit "oui", le taux de participation étant de 85 %. Le vote peut être validé, puisque le seuil des 55 % de "oui" exigé pour éviter les contestations est atteint, de même que les 50 % minimum de votants. Il semble que le vote des minorités, notamment des Albanais, ait largement contribué à ce résultat.

2008

Drapeau du Kosovo

17 février 2008
Proclamation de l'indépendance du Kosovo. Le Parlement du Kosovo, réuni en session plénière extraordinaire à Pristina approuve par acclamation l'indépendance de la province du sud de la Serbie à majorité albanaise. "A partir de maintenant, le Kosovo a changé de position politique. Nous sommes désormais un Etat indépendant, libre et souverain", déclare le président du Parlement, Jakup Krasniqi, après le vote de la déclaration d'indépendance lue par le Premier ministre kosovar Hashim Thaçi. Cette indépendance, qui sera sous supervision internationale, est reconnue par les Etats-Unis et plusieurs grands pays de l'Union européenne. Mais Belgrade, soutenu par Moscou, et les Serbes du Kosovo (un peu moins de 10% de la population) sont hostiles à l'indépendance. La Serbie considère la proclamation d'indépendance comme "illégale" et prévient qu'elle s'y opposera "par toutes les mesures diplomatiques, politiques et économiques". L'Union européenne, elle, est divisée sur l'indépendance, mais décide, sans l'aval de l'ONU, de déployer au Kosovo une mission de quelque 2 000 policiers et juristes, dénommée Eulex, pour "accompagner" les débuts de l'indépendance du Kosovo. Cette mission doit, lors d'une période de transition de 120 jours, prendre la relève de la Mission de l'ONU au Kosovo (MINUK), qui administre la province depuis la fin de la guerre (1998-1999).

Mis à jour le 01/02/2008

 

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