|
|
L’euro, monnaie européenneDe toutes les réalisations de l’Union européenne, il n'en est probablement aucune qui soit aussi présente au quotidien que l’euro. Au départ, la monnaie unique est née de la volonté des pays de l'Union de se protéger de l'instabilité monétaire.
Les principales étapes de la construction de l’Union monétaire européenne
Plusieurs fois évoquée dans les années 60, dans ses grandes lignes, l’union économique et monétaire était dessinée dès 1970 dans le rapport de Pierre Werner, Premier ministre luxembourgeois de l’époque (Rapport concernant la réalisation par étapes de l'Union économique et monétaire, 8 octobre 1970).
Le Système monétaire européen (SME) En 1979, un nouveau système entre en vigueur, le système monétaire européen (SME). Il repose sur trois éléments : création d’une nouvelle unité de compte européenne, l’ECU (European Currency Unit), dont la valeur est calculée sur un ensemble pondéré de toutes les monnaies des États membres, des marges de fluctuation maximum de 2,25% pour les monnaies autour du cours pivot de l’ECU, le transfert à un fonds commun de 20% des réserves de change des États. L'Union économique et monétaire C'est au Conseil européen de Madrid en juin 1989 que les dirigeants de l'Union européenne adoptent le plan de Jacques Delors (Rapport sur l'Union économique et monétaire dans la Communauté européenne, 12 avril 1989) d'une union économique et monétaire en trois phases. Ce plan sera intégré au traité de Maastricht sur l'Union européenne, signé en 1992. Comme pour illustrer l’urgence d’une union monétaire, 1992 est également marqué par des tensions monétaires spectaculaires qui obligent la lire italienne et la livre sterling à quitter le SME. • La première phase du plan Delors, de 1990 à 1993, comprend la fin du contrôle des changes dans l’Union, l’augmentation des moyens destinés à corriger les déséquilibres entre les régions européennes et la convergence des économies européennes avec un mécanisme de surveillance des politiques économiques des États. • La deuxième phase de 1994 à 1998 implique la mise en place de l’Institut monétaire européen (IME), l’indépendance des banques centrales nationales, la réduction des déficits budgétaires nationaux. C’est à cette deuxième phase que s’arrêteront trois pays, la Grande-Bretagne, la Suède et le Danemark. • La troisième phase de 1999 à 2002, est marquée par la naissance de l’euro : les monnaies des États participants (Allemagne, Autriche, Belgique, Espagne, Finlande, France, Irlande, Italie, Luxembourg, Pays-Bas, Portugal) rejoints par la Grèce le 1er janvier 2001, voient leur parité irrévocablement fixée par rapport à l’euro. L'euro est pour la première fois coté le 4 janvier 1999.
La Banque centrale européenne remplace l’Institut monétaire européen et est désormais responsable de la politique monétaire qui est définie et exécutée en euros. Le 1er janvier 2002, la troisième phase s'achève, les billets et les pièces libellés en euros sont mis en circulation et remplacent rapidement les billets et pièces nationaux. En janvier 2007, un élargissement de la zone euro, avec l’entrée de la Slovénie, porte le nombre des membres de la zone à treize.
Pour l’aspect historique, consulter les sites de la Banque centrale européenne et d'Europa : > http://www.ecb.int/ecb/history/emu/html/index.fr.html > http://ec.europa.eu/economy_finance/emu_history/index_en.htm
Les acquis de l’euro Parmi les avantages les plus marquants de l’euro pour les entreprises et les consommateurs, on peut citer la fin des frais de change ou de retrait d’espèces dans les pays de la zone euro, la simplification de la comptabilité des entreprises européennes, opérant sans risque de change et avec une seule unité de compte sur un vaste marché, la garantie de disposer d’une épargne en une monnaie dont la valeur est garantie par une institution indépendante. A ces avantages s’ajoutent ceux qui sont attachés à son statut de deuxième monnaie de réserve du monde : possibilité de payer directement en euros dans bien des pays périphériques aux monnaies plus faibles, possibilité croissante pour les entreprises de régler des importations de pays d’autres zones économiques directement en euros (un exemple récent : le gouvernement iranien a décidé de remplacer le dollar par l'euro dans ses échanges extérieurs, notamment pétroliers, et pour ses avoirs à l'étranger).
Les contraintes de l’euro L'appartenance à la zone euro passe par le respect d'une discipline contraignante. Pour les pays membres, ce sont les contraintes du pacte de stabilité et de croissance adopté en juin 1997, système relativement assoupli lors d’une réforme en 2005. Ce pacte autorise notamment la Commission à sanctionner un pays dont le déficit budgétaire serait durablement supérieur à 3 %.
Les défis de l'euro
La question de la gouvernance économique Un certain déséquilibre a été souvent souligné entre la structure de gouvernance économique de la zone euro, l'Eurogroupe, groupe informel réunissant les ministres des finances des pays membres, et la Banque centrale européenne, institution qui exerce le pouvoir monétaire. Le projet de Constitution européenne de 2004 prévoit des mesures de rééquilibrage : une plus grande reconnaissance de l’Eurogroupe, des dispositions spécifiques aux membres de la zone euro pour la coordination de leur discipline budgétaire, le renforcement de la capacité décisionnelle des pays de la zone euro, une plus grande visibilité extérieure de la zone euro au sein des institutions financières internationales, un renforcement du pouvoir de surveillance de la Commission en matière de coordination des politiques économiques et de surveillance budgétaire de la zone.
Le scepticisme des opinions publiques Un sondage effectué en septembre 2006 (sondage Eurobaromètre) montre à quel point le scepticisme est répandu quant aux avantages de l'euro, cinq ans après son introduction.
Voir sur cette question le dossier d’actualité de la DF :
Le pacte de stabilité en débat
|
||||||