Au cœur des plus grandes universités américaines, se maintient une élite de prééminence via des sociétés secrètes. C’est en enseignant pendant trois ans et demi à l’Université de Harvard que Stéphanie Grousset-Charrière a pu mener ses recherches au cœur de ces Final Clubs.
Ce livre est l’histoire d’un État dans l’État, d’un monde parallèle, secret, privé, où l’élitisme joue un rôle majeur au cœur d’une université d’élite elle aussi.
À travers la description des formes de socialisation développées au sein des sociétés secrètes, l’auteur montre comment s’organise un système oligarchique dissimulé derrière un régime méritocratique et démocratique. Elle montre aussi comment, à travers leur fonction socialisatrice, les sociétés secrètes ouvrent un accès à l’élite des plus grands dirigeants nationaux et mondiaux.
L’objectif n’est pas de prétendre que les final clubs sont représentatifs de l’élite américaine dans son ensemble et encore moins qu’ils sont la voie unique vers l’élite du pouvoir ou encore que tous leurs membres y parviennent. En revanche, il tend à démontrer que si ces clubs se maintiennent et font perdurer une socialisation parallèle, élitiste, secrète et oligarchique (bien que s’immiscent, très lentement, des changements sociaux), c’est parce que dans une certaine mesure, il subsiste aux États-Unis un écho entre ces clubs étudiants et des cercles d’influence dans les plus hautes instances.
Préface du professeur Ezra Suleiman
Au sommaire
Découvrir Harvard et pénétrer ses sociétés secrètes
Au cœur de l’organisation sociale : élitisme ou ségrégation ?
L’apprentissage du secret
Les rapports avec l’université : la confrontation des pouvoirs
Les sociétés secrètes estudiantines : au seuil de l’élite du pouvoir de la société étasunienne
Stéphanie Grousset-Charrière est sociologue, spécialiste des élites et de la socialisation étudiante aux États-Unis. Elle a obtenu le 2e prix du concours de l’OVE en 2011 pour sa thèse de Doctorat en sociologie, réalisée sous la direction de Daniel Filâtre, au Certop, université Toulouse 2 – Le Mirail.
La face cachée de Harvard. La socialisation de l’élite dans les sociétés secrètes étudiantes
Stéphanie Grousset-Charrière
Observatoire national de la vie étudiante (OVE)
Collection Études & recherche
La Documentation française
230 pages, 19 euros
Titres déjà parus dans la collection
- Les étudiants et le mérite. A quoi bon être diplômé ?, Elise Tenret (2011)
- Etre étudiant en prison. L’évasion par le haut, Bruno Milly et Fanny Salane (2010)
- Sortir sans diplôme de l’université Comprendre les parcours d’étudiants « décrocheurs » (2009)
- Politiques de vie étudiante des universités, Florence Kunian et Guillaume Houzel (2009)
- Du secondaire au supérieur. Continuités et ruptures dans les conditions de vie des jeunes, Thierry Chevallier, Séverine Landrier et Nadia Nakhili (2009)
Pour en savoir plus sur l'Observatoire national de la vie étudiante (OVE) : créé en 1989 par le ministre de l'Éducation nationale, l’OVE a pour mission de donner une information aussi complète, aussi détaillée et aussi objective que possible sur les conditions de vie des étudiants et sur leur rapport avec le déroulement des études, de manière à éclairer la réflexion politique et sociale et à aider à la prise de décisions.