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Vie économique

Partager les fruits de la croissance

Problèmes économiques
N°2979 - 30 septembre 2009

Auteur(s) :

Editeur :

Année d'édition : 2009
Réf. : 3303332029792
48 pages, 21 x 27 cm

4,70

 

Problèmes économiques
No 2.979
30 septembre 2009

Partager les fruits de la croissance


Partage de la valeur ajoutée : un état des lieux
Rapport au Président de la République
Jean-Philippe Cotis
En février 2009, le président de la République, Nicolas Sarkozy, a commandé auprès du directeur général de l'Institut national de la statistique et des études économiques (INSEE), Jean-Philippe Cotis, un rapport visant à établir un diagnostic sur le partage de la valeur ajoutée en France. Il ressort de ce dernier que l'ensemble de la rémunération du travail représente 67 % de la valeur ajoutée des sociétés non financières. Depuis vingt ans, ce niveau est plutôt stable. Au sein de la masse salariale, l'intéressement et la participation occupent une place réduite mais croissante. La stabilité du partage global s'accompagne néanmoins d'une faible dynamique des salaires nets, principalement due à la modestie de la croissance et à la hausse des prélèvements sociaux. Par ailleurs, le rapport confirme la montée des inégalités salariales. En ce qui concerne le profit des entreprises, il se répartit de la façon suivante : 57 % sont consacrés à l'investissement, 7 % reviennent aux salariés et 36 % au capital.

Les entreprises ne sont pas coupables
Société Civile
Guillaume Varnier
Quelle est la responsabilité des entreprises dans l'évolution du partage de la valeur ajoutée ? Selon la théorie économique, ce partage repose sur l'évolution de la structure économique. De ce point de vue, la stagnation du niveau de vie et des salaires réels est attribuable avant tout aux faiblesses structurelles de l'économie française. Ainsi, l'essentiel des créations d'emplois se fait, en France, dans des secteurs qui génèrent peu de richesses et qui sont relativement mal rémunérés. Par ailleurs, le poids relatif des dividendes s'est certes accru dans la valeur ajoutée, comme l'a démontré le rapport Cotis, mais si l'on compare la rémunération de l'actionnaire au montant des capitaux propres apportés, il en ressort une baisse continue de la rentabilité pour ce dernier depuis vingt-cinq ans. Quant au taux de profit des entreprises, il a fortement varié dans le passé, mais reste, aujourd'hui, inférieur à sa moyenne dans la zone euro.

Les bonus sur la sellette
Le Monde
Entretien avec Thomas Philippon
Si l'on en croit les sondages, une majorité de Français jugent excessifs les bonus versés à certains professionnels de la finance. En ces temps de crise économique mondiale, et compte tenu de la part de responsabilité de certaines banques dans le déclenchement de cette dernière, cette opinion n'est guère étonnante. Le débat autour des bonus rejoint celui plus ancien sur les indemnités de départ, les stock-options, etc. perçues par plusieurs dirigeants d'entreprises et jugées, elles aussi, particulièrement choquantes par l'opinion publique. Un certain consensus commence à se dégager au niveau politique en faveur d'un encadrement plus strict de ce mode de rémunération. Néanmoins, lutter contre cette pratique est difficile, tant que la solution envisagée reste nationale. Par ailleurs, le lien entre bonus et performance de l'entreprise est difficile à mesurer. Thomas Philippon, propose, pour sa part, de taxer les activités bancaires en fonction de leur risque.

Trente ans de déclassement : un débat français
Document de travail du CAS
Marine Boisson et al.
Le débat autour du partage des fruits de la croissance peut être enrichi par les travaux, de plus en plus nombreux, sur le déclassement social. Ce dernier qui relève d'un effet de comparaison sociale où se conjuguent les inégalités inter- et intra-générationnelles semble en effet avoir pris ces dernières années une certaine ampleur. Ce phénomène complexe qui touche la génération des " Trente Piteuses " - période allant du milieu des années 1970 aux années 2000 et qui aurait succédé aux Trente Glorieuses - se produit à une époque marquée par le ralentissement de la croissance économique et la déformation de la distribution des revenus. Cela contribue notamment à expliquer le sentiment qu'ont les " déclassés " d'une détérioration, par rapport à la génération précédente, du niveau de vie, qui serait due à un partage moins favorable de la richesse.

Le partage de la valeur ajoutée : vers un capitalisme plus juste
Rapport du Conseil d'analyse économique
Gilbert Cette, Jacques Delpla et Arnaud Sylvain
Si l'année 2009 doit se solder par une nette baisse du taux de marge des entreprises, l'évolution du partage de la valeur ajoutée, en France, se caractérise par une grande stabilité depuis près de quarante ans. Malgré cette stabilité, la dispersion et la nature des rémunérations ont fortement changé, notamment sur la dernière décennie. Ces tendances contribuent à l'impression qu'ont de nombreux salariés de ne pas bénéficier équitablement des fruits de la croissance. Les auteurs du rapport du Conseil d'analyse économique formulent un certain nombre de préconisations visant à mieux concilier justice sociale et efficacité économique. Ils vantent ainsi les bienfaits de la redistribution via l'impôt, mais également des dispositifs, comme le revenu de solidarité active (RSA), qui représentent, selon eux, les outils les plus appropriés pour un meilleur partage des fruits de la croissance. Les auteurs rappellent aussi les limites du dispositif de l'épargne salariale et invitent à davantage de transparence concernant les rémunérations des dirigeants d'entreprises et les cadres de haut niveau.

Une autre lecture de la crise : produire et distribuer
Les Echos
Jean-Marc Vittori
La crise économique actuelle présente un certain nombre de similitudes avec celle de 1929 : à chaque fois, la crise a été précédée d'une révolution (production de masse dans les années 1920, essor des nouvelles technologies de l'information et de la communication soixante-dix ans plus tard) et s'est accompagnée d'une forte montée des inégalités. L'auteur analyse ces différents phénomènes et conclut que la principale ressemblance entre les deux crises est, en fin de compte, le désajustement entre l'offre et la demande : la production a augmenté plus rapidement que la consommation. Afin de rééquilibrer l'offre et la demande, les Etats peuvent injecter de l'argent, ce qu'ils ont fait à chaque fois. Une autre solution est l'augmentation du niveau des salaires telle qu'elle a été réalisée dans les années de l'Après-guerre.


EGALEMENT DANS CE NUMERO

ECONOMIES ETRANGERES
L'économie espagnole à l'épreuve de la crise mondiale
Note de conjoncture de l'INSEE
Mathilde Clément, Mathilde Pak et Laure Turner
L'intégration réussie de l'Espagne à la zone euro masque les nombreux déséquilibres accumulés depuis par l'économie ibérique. Si l'entrée de l'Espagne dans l'Union économique et monétaire (UEM) a permis la baisse des taux d'intérêt, celle-ci a également contribué à accroître la consommation et l'investissement par l'endettement privé et a ainsi provoqué le creusement du déficit de la balance courante. Elle a en outre occasionné une forte augmentation des coûts salariaux unitaires. Ces déséquilibres ont rendu l'économie espagnole particulièrement vulnérable à la crise actuelle. Avec le retournement des marchés immobilier et du crédit, les anciens moteurs de la croissance se sont enrayés. Le chômage s'est accru et le déficit de productivité s'est creusé avec les autres grands pays de la zone euro (Allemagne, France et Italie).

ENTREPRISES
Délocalisations : nouvelles tendances
L'Expansion Management Review
Jean-Louis Muchielli
Avec la crise économique mondiale, le spectre des délocalisations d'activités industrielles et de services vers les pays émergents ou les pays d'Europe centrale et orientale (PECO) a ressurgi brutalement. De nombreux dirigeants s'en sont inquiétés et n'ont pas hésité à mettre en garde les entreprises contre un recours éventuel à ces stratégies. Au cours des deux dernières décennies, les grandes entreprises ont déployé des stratégies de multinationalisation de plus en plus complexes dans le sens d'une externalisation et d'une fragmentation internationales de la production. Dans le même temps, les investissements directs étrangers (IDE) ont connu une croissance très rapide. La crise, par son ampleur et sa gravité, pourrait quelque peu changer la donne. Les firmes multinationales peuvent en effet être tentées de réduire leurs coûts en se lançant dans de nouvelles délocalisations ou de limiter leurs risques en opérant un recentrage sur leur territoire national.

ORGANISATION DU TRAVAIL
Les mutations de l'organisation du travail et de la relation salariale
Ecoflash
Jean-Pierre Durand
Au cours des dernières décennies, le travail s'est considérablement transformé. La diffusion des technologies de l'information et de la communication (TIC), l'évolution du salariat et l'expansion considérable du secteur des services ont entraîné au fil du temps d'importants changements de l'appareil productif. Au début des années 1990, les transformations induites par les nouvelles exigences de profits nets et par la concurrence globalisée ont transfiguré l'entreprise ainsi que la relation salariale. Aujourd'hui, il semble que le modèle d'organisation de l'entreprise " après-fordien " soit à son tour entré en crise, mais nul n'est réellement en mesure de prévoir ce que sera le modèle productif de demain.


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