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Faits de société - Systèmes financiers

Les inégalités responsables de la crise ?

Problèmes économiques
N°3023 - 6 juillet 2011

Auteur(s) :

Editeur :

Année d'édition : 2011
Réf. : 3303332030231
48 pages, 21 x 27 cm

4,70

 

Problèmes économiques
No 3023
6 juillet 2011

Les inégalités responsables de la crise ?

La montée des inégalités dans les pays riches et émergents
Forum politique - Lutter contre les inégalités
OCDE
Ces dernières décennies, l'écart entre les riches et les pauvres s'est creusé dans plus des trois quarts des pays membres de l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) et dans de nombreux pays émergents. La crise économique et financière a amplifié le phénomène. Dans les économies émergentes, la montée des inégalités de revenus est intervenue alors que ces dernières étaient déjà fortes. La seule exception est le Brésil, où au cours des dix dernières années, elles ont été atténuées de façon importante. De même la mondialisation a permis de faire reculer l'extrême pauvreté (personne vivant avec moins de 1,25 dollar par jour). L'accroissement des inégalités soulève des difficultés économiques, sociales et éthiques dont les implications politiques sont considérables et lourdes de menaces. Cette dynamique de long terme de creusement des inégalités est d'ailleurs, selon certains économistes, à l'origine de la crise économique la plus grave que le monde ait connue depuis la Grande Dépression des années 1930. Quoi qu'il en soit, selon l'OCDE, il est désormais urgent, d'engager les réformes structurelles nécessaires pour permettre à la croissance économique d'être plus forte mais également plus juste.

Les inégalités, moteur de la crise financière
Finances et Développement
Michael Kumhof et Romain Rancière
Les deux crises économiques majeures que les Etats-Unis ont connues depuis un siècle pourraient être, selon plusieurs économistes américains, le résultat d'une dynamique à long terme résultant du creusement des inégalités de revenus. L'évolution de la part du revenu total revenant à la tranche des 5 % des ménages américains les plus riches comparée au ratio dette/revenu présente, en effet, avant 1929 et 2007, des similitudes. Les riches ont vu leur part de revenu augmenter fortement tandis que celle des pauvres et de la classe moyenne a stagné. Pour le second groupe, le seul moyen de résister à l'érosion de leurs revenus relatifs a été d'emprunter pour conserver un meilleur niveau de vie. La hausse du ratio dette/revenu a donc été concentrée dans cette catégorie de ménages. L'endettement accru du groupe à revenu inférieur a entraîné une augmentation considérable du ratio crédit privé/PIB, qui est passé de 90 à 210 % entre 1981 et 2007, et, au cours de la même période, un doublement de la part du secteur financier dans le produit intérieur brut (PIB). Ces évolutions ont fini par rendre l'économie américaine plus vulnérable à une crise financière.

Le creusement des inégalités par le haut
Projet
Jean Gadrey
La richesse est un concept purement conventionnel forgé au fil du temps, étroitement associé à des normes sociales et culturelles. Il n'existe pas plus de définition objective de la richesse monétaire que de la pauvreté. Au cours des dernières années, les recherches de Thomas Piketty, Emmanuel Saez et Camille Landais, ainsi que certaines études de l'Institut national de la statistique et des études économiques (INSEE) ont montré que, en particulier entre 2004 et 2007, les inégalités s'étaient creusées par le haut. Selon l'auteur, la France semble avoir suivi avec retard les tendances apparues aux États-Unis, quelques années plus tôt, sous l'effet de deux facteurs : la loi de la valeur pour l'actionnaire et une fiscalité qui apparaît comme régressive à partir des revenus des 5 % les plus riches.

La finance, facteur d'inégalités
La vie des Idées
Olivier Godechot
Depuis la seconde moitié des années 1990, les revenus des plus riches ont fortement augmenté, contribuant à un creusement des inégalités par le haut. Mais contrairement aux idées reçues, ce ne sont ni les PDG, ni les superstars du sport ou du divertissement qui ont vu leurs revenus progresser le plus mais les cadres de la finance. Les revenus des salariés de la finance ont été, depuis 1996, multipliés par 8,7, quand ceux des capitaines d'industrie ne l'étaient que de 3,6. Les traders et autres responsables de salles de marché ont ainsi vu, en l'espace de trente ans, leur nombre augmenter de façon considérable parmi l'élite du 0,01 % les plus fortunés. Des études menées aux Etats-Unis et au Royaume-Uni ont montré qu'un phénomène identique avait été à l'œuvre dans ces pays.

L'ascension de l'élite intellectuelle : le savoir, une valeur en hausse
The Economist
La crise économique mondiale a provoqué, à l'encontre des professionnels de la finance et plus généralement des riches, la colère d'une bonne partie de la population des pays riches. Celle-ci a en effet mis en pleine lumière le fait que les inégalités ne cessent de se creuser dans les économies avancées. Les inégalités de revenus ne sont toutefois pas toujours perçues de la même manière par le citoyen ordinaire. Si la fortune acquise apparaît être le résultat du talent plutôt que le fruit de rentes ou pire encore la récompense d'erreurs - comme dans le cas des banquiers après le krach de 2008 -, celle-ci semble moins choquante. Aujourd'hui, à l'heure de " l'économie de la connaissance ", un nombre croissant de personnes doivent leur ascension sociale à leurs compétences intellectuelles. Des carrières lucratives dans le droit, la médecine, la technologie ou la finance s'offrent en effet, notamment aux Etats-Unis, aux individus les plus talentueux. Mais ces compétences sont distribuées de façon inégale dans la société et cette inégalité est en règle générale renforcée par le milieu familial et le système éducatif.

EGALEMENT DANS CE NUMERO

ENVIRONNEMENT
" Nudges verts " : de nouvelles incitations pour des comportements écologiques
La note d'analyse du CAS
Olivier Oullier et Sarah Sauneron
Le champ environnemental est un domaine dans lequel on enregistre en règle générale un important fossé entre la volonté et l'action. Il est rare que les postures écologiques se traduisent in fine en comportements appropriés, en raison de nombreux obstacles matériels, financiers ou psychologiques. L'une des méthodes utilisées pour essayer de réduire cet écart est issue des sciences comportementales et a été popularisée aux Etats-Unis sous le terme de nudge (coup de pouce). Elle a pour but, sans pour autant être culpabilisante ou prescriptive, d'amener les individus à faire des choix qui soient compatibles avec l'intérêt général. Le fait de ne pas mettre à la libre disposition des clients des sacs plastiques à la caisse des supermarchés, les obligeant ainsi à les acheter, voire à apporter les leurs est un exemple bien connu de mise en œuvre de cette stratégie.

MARQUES
Le guide Michelin : une référence mondiale de la gastronomie locale
Le Journal de l'Ecole de Paris du management
Gwendal Poullennec
Le guide Michelin figure sans doute parmi les produits ou marques les plus associés à la France. Créé en 1900 comme un pur outil de marketing dont l'objectif était de favoriser le développement de l'automobile, il s'est imposé au cours des Trente Glorieuses dans toute l'Europe comme la référence pour l'industrie du tourisme. Depuis le début du XXIe siècle, le guide s'est étendu sur d'autres continents, Amérique et Asie -,toujours selon le principe de ne pas exporter purement et simplement l'édition française, mais de réaliser des classements et références propres d'autres territoires que la France tout en préservant l'esprit de la version française. De ce point de vue, chaque guide est ainsi à la fois local et universel une caractéristique qui est certainement un élément clé de son succès.

PROSPECTIVE
L'économie mondiale en 2050
La Lettre du CEPII
Agnès Benassy-Quéré, Lionel Fontagné et Jean Fouré
A quoi ressemblera l'économie mondiale au milieu du siècle ? Pour le savoir, le Centre d'études prospectives et d'informations internationales (CEPII) s'est livré à un exercice de projection des évolutions économiques mondiales à l'horizon 2050. En 2006, les économistes du CEPII avaient réalisé un travail similaire pour un échantillon de 103 pays, à partir d'un modèle classique, inspiré des travaux de Robert Solow. Dans ce modèle, la croissance résultait de l'accumulation quantitative de deux facteurs de production, le capital et le travail, et d'un facteur qualitatif, la productivité globale des facteurs. Dans le nouveau scénario de croissance à long terme qui a été réalisé, les calculs portent sur un échantillon de 128 pays. La croissance est cette fois le fruit de trois facteurs de production (travail, capital et énergie) et de deux formes de progrès technique, l'un concernant spécifiquement l'efficacité énergétique. Le résultat de cet exercice de prospective montre globalement que le processus de basculement accéléré de l'économie mondiale vers le monde émergent et en développement est appelé à se poursuivre.

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