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Vie économique

Faut-il en finir avec l'austérité ?

Problèmes économiques
N°3075 - Deuxième quinzaine 10.2013

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Année d'édition : 2013
Réf. : 3303332030750
64 pages, 21 x 27 cm

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La crise économique et financière a provoqué, dans la plupart des pays développés, une forte dégradation des finances publiques. La dette de l’État a augmenté de 16 points de produit intérieur brut (PIB) en France et dans la zone euro, de 22 points aux États-Unis et au Japon, et de 28 points au Royaume-Uni. Dès 2010, afin de réduire ces déficits publics, des politiques de rigueur de grande ampleur ont été mises en place dont les effets négatifs sur la croissance économique ont été sous-évalués par les gouvernements et le Fonds monétaire international (FMI).

Erreurs de prévision : quand le FMI fait son mea culpa
FMI – Working Paper
Olivier Blanchard et Daniel Leigh
Avec la crise, le niveau de l’endettement public a fortement augmenté dans les économies avancées depuis 2008. Afin de maintenir la confiance des marchés, notamment financiers, le Fonds monétaire international (FMI) a appelé à une réduction de ces dettes à moyen terme. Mais les effets des coupes budgétaires et fiscales observés à court terme sur l’activité économique – que le FMI avait tenté d’évaluer grâce à l’estimation des « multiplicateurs budgétaires » dans la livraison d’octobre 2012 des Perspectives de l’économie mondiale – suscitent un vif débat. Le FMI a dû, dans un rapport rendu public au cours de l’été 2013, tester la robustesse de ses premiers résultats et a admis avoir sous-estimé l’impact du redressement budgétaire – qu’il s’agisse d’une réduction des dépenses ou d’une hausse des recettes fiscales – sur l’activité économique, le chômage, la consommation privée et l’investissement.

La débâcle de l’austérité
Revue de l’OFCE
Xavier Timbeau
Si la crise économique de 2008 a touché quasiment tous les pays, certains ont davantage été affectés, en partie parce que les mesures d’assainissement des finances publiques décidées en 2011 y ont été plus drastiques. C’est le cas de la zone euro dont la croissance économique n’a pas retrouvé son niveau d’avant la crise. Le recul du produit intérieur brut (PIB) par habitant y a été, en outre, plus important (- 5 % par rapport à 2008) qu’aux États-Unis (- 1,6 %). Quant au taux d’utilisation des capacités de production, celui-ci est dans la zone euro à son niveau le plus bas depuis 1993, tandis que son évolution est favorable aux États-Unis et au Japon, en raison d’une impulsion budgétaire moins négative, voire positive dans le cas du Japon. La zone euro pâtit également de l’absence de coordination des ajustements budgétaires renforçant le jeu destructeur des « multiplicateurs ».      

L’austérité n’est pas une solution en période de crise
Regards croisés sur l’économie
Michel Aglietta
Les politiques d’austérité ne sont ni bonnes ni mauvaises en soi. Selon l’auteur, c’est la nature et l’origine de l’endettement de l’État qui devraient déterminer le bien-fondé d’une politique de redressement budgétaire. Celle-ci est nécessaire si l’accroissement de la dette publique s’explique par une gestion budgétaire trop laxiste. Les politiques d’austérité sont en revanche contre-productives si le niveau d’endettement du secteur privé est à l’origine de la récession. Dans ce cas, des mesures de désendettement via une mutualisation des dettes doivent être adoptées. En menant une politique d’austérité, le risque est de créer un cercle vicieux : déprime de la demande (consommation et investissement), baisse de la production et aggravation du déficit. C’est ce scénario qui s’est récemment déroulé en Grèce ainsi qu’au Portugal et qui menace actuellement l’Espagne.

Austérité : les leçons de l’histoire
Télos
Urs Luterbacher
La montée de groupes politiques radicaux dans certains pays européens depuis quelques années est un phénomène qui préoccupe de plus en plus les pouvoirs publics. Certains avancent l’idée que l’accroissement des niveaux de l’endettement des États dans la zone euro favoriserait l’expansion des mouvements politiques extrémistes. En comparant la période actuelle avec les années 1920-1930 qui ont vu la montée du fascisme en Italie et du nazisme en Allemagne, l’auteur montre les limites de cette approche. Selon lui, c’est bien davantage la gravité de la récession et sa durée qui favoriseraient la montée de l’extrémisme politique.

Il y avait d’autres solutions
The New York Review of Books
Martin Wolf
En imposant aux économies de la zone euro une récession importante depuis la fin de l’année 2010, l’austérité a sapé la reprise. Le taux de croissance du produit intérieur brut (PIB) de la zone ne s’est élevé qu’à + 2 % entre 2009 et 2010 et ne devrait être que de + 0,4 % entre 2010 et 2013. L’étendue des effets de la récession à tous les États membres constitue un facteur aggravant. Dans ce contexte, l’austérité est, selon l’auteur, une grave erreur que l’on aurait pu éviter. Ce dernier s’est intéressé tout particulièrement au cas du Royaume-Uni où le gouvernement aurait pu, selon lui, en bénéficiant des taux d’intérêt réels nuls à long terme, augmenter l’investissement public plutôt que de le diviser par deux ; baisser les impôts ; et diminuer le rythme de la réduction des dépenses courantes. 

ÉGALEMENT DANS CE NUMERO

La pauvreté n’est pas une fatalité
The Economist
En l’espace de vingt ans, la pauvreté a été réduite de moitié. En 1990, 43 % de la population des pays en développement (PED) disposaient de moins d’un dollar par jour pour leur subsistance. Deux décennies plus tard, ils ne sont plus que 21 % dans ce cas, le seuil de pauvreté ayant été entre-temps relevé à 1,25 dollar par jour. Désormais, les Nations unies se sont fixées comme objectif d’éradiquer l’extrême pauvreté en 2030. Mais est-il réaliste d’imaginer que le monde puisse en finir avec ce fléau dans un laps de temps aussi court ? Pour ce faire, il faudrait, selon les économistes spécialistes de cette question, que le rythme annuel de réduction de la pauvreté se maintienne à environ 1 %, comme ce fut le cas entre 1990 et 2010. Conserver un tel rythme ne sera pas facile mais l’objectif reste atteignable. Au cours des dernières années, les organisations internationales et les gouvernements n’ont pas seulement réussi à réduire de façon très importante la pauvreté, ils ont également mieux appris à la combattre.

Le casse-tête économique des dépenses militaires
Innovations
Geneviève Schméder
La théorie économique propose deux grandes approches pour répondre à la question de l’utilité des dépenses militaires. Selon la première, plutôt libérale ou « smithienne », ces dépenses sont considérées comme paupérisantes mais indispensables pour assurer la sécurité nationale. Cette analyse tranche avec le second discours, plutôt « keynésien », selon lequel les dépenses militaires peuvent conduire à des résultats économiques positifs, notamment via leurs effets multiplicateurs et la capacité que celles-ci offrent aux gouvernements de réguler l’activité nationale. L’apparente unanimité sur le bienfait ou non des dépenses militaires sur l’économie n’existe pas : la complexité des relations entre défense et croissance interdit en effet d’apporter une réponse univoque.

La France dans dix ans
Note du CGSP
Commissariat général à la stratégie et à la prospective
Le Commissariat général à la stratégie et à la prospective (CGSP) dresse le portrait de la France dans dix ans. Le vieillissement de sa population et la baisse de son poids relatif dans l’économie internationale sont des tendances qui s’avéreront difficile à inverser. En revanche, les orientations stratégiques des futurs gouvernements (réforme du marché du travail, politiques d’emploi, amélioration de l’efficacité du système de santé, etc.) pourraient atténuer certaines difficultés structurelles de l’économie. Mieux formée et très bien équipée, la France de 2025 pourrait s’avérer d’autant plus attractive et dynamique qu’elle saura jouer de ses atouts.

 

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La revue Problèmes économiques est née le 7 janvier 1948 de la fusion du Bulletin hebdomadaire d'informations économiques édité par la Documentation française et de la Revue hebdomadaire de la presse économique française publiée par le Centre national d'information économique (CNIE) de l'INSEE.

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La revue est structurée autour d'un thème illustré par quatre ou cinq articles issus de revues françaises ou étrangères. Des articles indépendants viennent compléter le dossier.


Chaque année, deux numéros hors-série approfondissent, à partir d'articles inédits, des questions centrales de la science économique.

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Parution bimensuelle

 

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