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Systèmes financiers

2015, année de la déflation ?

Problèmes économiques
N°3104 - Première quinzaine 02/2015

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Année d'édition : 2015
Réf. : 3303332031047
64 pages, 21 x 27 cm

4,90

 

La crainte de voir la zone euro sombrer en déflation hante désormais l’Europe. En 2014, l’inflation a en effet fortement ralenti et certains prix ont reculé ; le fort repli des prix du pétrole, en principe une bonne nouvelle pour les entreprises et les consommateurs, renforce cette tendance désinflationniste. Les acteurs économiques anticipent un taux d’inflation de plus en plus bas. La plupart des économistes pense toutefois que le risque d’une véritable déflation reste modéré.

Quelle est la réalité du risque déflationniste en Europe ?
Conjoncture – BNP Paribas
Clemente De Lucia
Désinflation, tendance déflationniste ou réel risque de déflation ? Si l’on retient comme définition de la déflation une baisse généralisée des prix tous pays et secteurs confondus, susceptible de se renforcer par un mécanisme auto-entretenu, on ne peut pas, pour l’instant, conclure que la zone euro est aujourd’hui confrontée à la déflation. Cependant, les signaux d’alarme sont nombreux. La tendance désinflationniste en cours pourrait ainsi se transformer en véritable processus déflationniste. En effet, la liste des biens ou des prestations dont les prix baissent en termes annualisés ne cesse de s’allonger. L’évolution des anticipations d’inflation jouera un rôle primordial pour la tendance à venir. Ces anticipations sont sur un trend baissier à l’horizon d’un à deux ans. Si elles devaient continuer de baisser, la tendance désinflationniste à l’œuvre céderait définitivement la place à une tendance déflationniste.

Où est passée l’inflation ?
Frankfurter Allgemeine Zeitung
Christian Siedenbiedel
Le taux d’inflation ne cesse de baisser. Nombreux étaient pourtant ceux qui avaient pronostiqué le contraire. La politique très accommodante conduite par les principales banques centrales après l’éclatement de la crise financière de 2008 pouvait laisser penser que celle-ci conduirait rapidement à une dépréciation monétaire. Aujourd’hui, ce que les statisticiens observent est au contraire un phénomène de désinflation susceptible d’entraîner une spirale déflationniste. Comment expliquer ce décalage entre prévision et réalité ? La première hypothèse est que le risque d’inflation a été surestimé. La deuxième que l’inflation perdure, mais qu’elle n’est pas traduite par les statistiques officielles. La dernière hypothèse que le diagnostic soit erroné, certains économistes estimant en effet que tendance déflationniste actuelle serait le prélude au retour de l’inflation.

La situation n’est pas la même partout
VoxEU. org
Mickey Levy
Les pays riches feraient aujourd’hui face à un  risque important de déflation et devraient s’attacher à adopter des politiques macroéconomiques de stimulation pour empêcher qu’un tel scénario ne se réalise. Les taux d’inflation sont en effet similaires dans de nombreux pays. Dans le même temps, les États-Unis, l’Europe et le Japon sont confrontés à des situations macroéconomiques très différentes. Aux États-Unis, l’actuelle phase de désinflation est partiellement attribuable aux politiques d’offre menées Outre-Atlantique depuis la crise économique. En Europe, en revanche, une politique d’assouplissement monétaire visant à lutter contre la tendance déflationniste pourrait également encourager les gouvernements à retarder d’autres réformes pourtant nécessaires, afin d’éviter une stagnation prolongée telle qu’on l’a observée au Japon au cours des dernières années.

Faut-il avoir peur de la déflation ?
Note de synthèse – Institut Turgot
Guido Hülsmann
La baisse des taux d’inflation en Europe fait resurgir le spectre redoutable de la déflation. Nombreux sont ceux qui considèrent que toute baisse générale des prix, même limitée, est, par définition, une tendance à combattre à tout prix. Est-ce vraiment si certain ? Guido Hülsmann, professeur à l’université d’Angers, répond à cette question par la négative. Selon ce dernier, la peur de la déflation traduirait plutôt une ignorance quant à la véritable nature de ce phénomène. Si on considère la déflation comme une diminution générale des prix, l’activité n’est pas nécessairement condamnée à péricliter. Ce qui compte pour la rentabilité ce n’est pas tant le niveau général des prix que les écarts de prix, ou plus précisément, les écarts entre les recettes et les coûts. Ces derniers existent à n’importe quel niveau général des prix et peuvent donc assurer une production rentable et des emplois rémunérés.

BCE : pour une politique « non conventionnelle »
Note de Terra Nova
Michel Aglietta
Les banques centrales accomplissent, depuis quelques années, une métamorphose qui s’explique par la rupture profonde provoquée par la crise économique qui a débuté en 2007 aux États-Unis. La remise en cause du modèle macroéconomique sur lequel reposait le fondement du principe dit du ciblage de l’inflation a incité les banques centrales à faire preuve d’inventivité pour proposer des réponses ad hoc, dites « non conventionnelles », aux nouveaux défis auxquelles elles doivent faire face. Désormais, la politique monétaire doit répondre à trois objectifs : la stabilité du niveau général des prix, la stabilité financière, et, enfin, la soutenabilité de la dette publique. La poursuite de ces objectifs nécessite d’agir sur les taux d’intérêt courts, les instruments macroprudentiels, et, enfin, l’achat de titres privés et publics.

ÉGALEMENT DANS CE NUMERO

L’impact des aides au logement sur le secteur locatif privé
INSEE Analyses
Céline Grislain-Letrémy et Corentin Trevien
Les aides au logement versées aux locataires ont plusieurs objectifs. Elles visent d’abord à limiter le taux d’effort des ménages bénéficiaires, c’est-à-dire la part des ressources qu’ils consacrent aux dépenses de logement. Ces allocations doivent également leur permettre d’accéder à des logements de meilleure qualité. Cependant, si l’offre de logement ne s’adapte pas à l’augmentation de la demande, ces aides peuvent entraîner une hausse du prix des loyers, ce que confirment les récentes évaluations réalisées par l’Institut national de la statistique et des études économiques (INSEE).

Innovation de rupture ou incrémentale ?
Prospective Stratégique
François Quentin
Le XIIIe comme le XIXe siècle ont été marqués par des innovations de rupture dans la plupart des domaines, comme les transports, l’agriculture ou l’information. Ce type d’innovation est généralement associé à de profonds bouleversements de la société. La révolution internet de ces dix dernières années, elle aussi, a laissé penser que l’innovation ne procédait que par rupture. Or dans bien des secteurs, celle-ci obéit davantage à un processus incrémental, dans la mesure où l’innovation doit évoluer progressivement. C’est le cas notamment de l’aéronautique, où les changements technologiques doivent s’adapter aux contraintes liées à la fiabilité et à la sécurité des avions.

Europe : trois secteurs cibles pour une stratégie d’investissement
La Note d’analyse – France Stratégie
Lionel Janin et Pierre Douillard
Le président de la Commission européeenne, Jean-Claude Juncker, a annoncé en 2014 la mise en œuvre  d’un plan de relance de l’activité en Europe par l’investissement. La zone euro présente en effet globalement un retard d’investissement significatif qui justifie un tel plan. Les leviers d’une stratégie européenne d’investissement sont à la fois fiscaux et réglementaires, financiers et fondés sur la sélection de projets d’avenir. Trois secteurs clés présentent un potentiel d’investissement : les transports, l’énergie et le numérique. Le montant d’investissement additionnel nécessaire dans ces secteurs  pourrait atteindre 120 milliards d’euros par an, soit sur trois ans, être supérieur aux prévisions du plan Juncker qui s’élève lui à 100 milliards par an.

 

 

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