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Économie internationale

Les frontières à l'ère de la globalisation

Problèmes économiques
N°3112 - Deuxième quinzaine 05/2015

Auteur(s) :

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Année d'édition : 2015
Réf. : 3303332031122
64 pages, 21 x 27 cm

4,90

 

Notre époque semble être celle de l’abolition des frontières : la construction européenne, le formidable essor du commerce mondial et la globalisation donnent, en effet, l’impression que l’idée même de frontière serait progressivement vouée à disparaître. Pourtant, en dépit de ces évolutions, les marchés nationaux demeurent une réalité incontournable pour les entreprises comme pour les consommateurs.

Frontière économique et mondialisation
CERISCOPE
Jérôme Sgard
Les économistes entretiennent avec l’espace une relation ambiguë : si l’analyse théorique des marchés est dénuée de toute considération spatiale, de nombreux problèmes liés à l’espace - comme ceux des externalités, des effets d’entraînement ou de la congestion – sont néanmoins fréquemment abordés, dans le champ de l’économie appliquée. La mondialisation renforce encore ce sentiment de complexité : certes, elle atténue l’effet frontière, mais de plus en plus souvent cet affaiblissement des limites géographiques n’est qu’en trompe l’œil, les obstacles territoriaux prenant souvent la place des anciennes frontières. La tension entre libéralisation et régulation demeure, tout comme le besoin d’une coordination au niveau international. Cette dernière peut prendre trois formes : celui du traité international, de l’hégémonie ou de la reconnaissance multiple des normes.

Commerce et barrières non-tarifaires
VoxEu.org

Marc Bacchetta et Cosimo Beverelli
L’Organisation mondiale du commerce (OMC) comme auparavant le GATT (General Agreement on Tariffs and Trade) ont réussi, grâce à la suppression de nombreuses entraves au commerce, à libéraliser les échanges internationaux. Néanmoins, ces organisations internationales ne sont pas parvenues à une libéralisation totale des échanges. Depuis la crise financière et économique mondiale de 2007-2008, on observe même une certaine régression : de plus en plus d’États ou d’organismes supranationaux mettent en place des barrières non-tarifaires techniques et sanitaires. Les raisons qui expliquent l’adoption de telles mesures sont multiples : elles vont de la protection du commerce national jusqu’à l’amélioration de l’efficacité économique afin de corriger des échecs de marché.

Le nouveau paradigme : les chaînes de valeur mondiales
FriedlandPapers
Corinne Vadcar
Le commerce international est depuis quelques années en pleine mutation. La fragmentation géographique des chaînes de production n’a jamais été aussi poussée. Les biens et services intermédiaires prennent une place de plus en plus importante dans les échanges mondiaux. « Chaînes de valeur mondiales », telle est l’expression qu’emploient les spécialistes du commerce international pour décrire cette transformation. Le passage d’un commerce dont la finalité était d’aider à vendre des biens à un commerce qui aide à fabriquer des produits a des conséquences considérables. En termes statistiques, les échanges doivent désormais être comptabilisés en valeur ajoutée et non plus en données brutes. Pour les pays comme pour les entreprises, le bon positionnement dans ces chaînes de valeur mondiales devient déterminant.

Marché du travail et migration : la grande incompréhension
Finances et développement
Ça?lar Özden
La perception que l’opinion publique a des effets de l’immigration sur le marché du travail est marquée par une certaine incompréhension, pour ne pas dire ignorance. Un décalage très important entre le ressenti des populations à l’égard des migrations internationales et la réalité des faits peut en effet être observé dans de nombreux pays industrialisés. Le faible niveau de ces migrations et l’importance des écarts de salaire entre les pays d’origine et d’accueil laissent en réalité penser que les marchés du travail nationaux sont toujours relativement fermés et que l’effet des mouvements migratoires sur le marché du travail, notamment sur les salaires, est en moyenne très faible. Par ailleurs, on peut noter que les politiques d’immigration, souvent conduites par les ministères de l’intérieur ou de la sécurité nationale, pourraient se montrer plus efficaces à condition d’intégrer davantage de critères économiques.

L’identité d’une entreprise, les frontières et la langue
Gérer et comprendre – Annales des Mines
Geneviève Tréguer-Felten
L’anglais est la lingua franca des temps modernes. Les entreprises qui cherchent à internationaliser leur identité  y ont naturellement recours pour leurs opérations de communication et de relations publiques. En général, il s’agit de traduire des textes, conçu dans la langue d’origine de l’entreprise, vers une autre langue véhiculaire (l’anglais du monde globalisé), dénuée d’un fond culturel qui lui soit propre. Cette transposition a-t-elle de réelles chances de convaincre un public dont la seule caractéristique connue est la pratique de cette lingua franca ? Le doute est permis. Sur la base d’une comparaison des auto-présentations d’entreprises chinoises et françaises, l’auteur pose ainsi la question de la pertinence du transfert en anglais d’une identité d’entreprise conçue à partir de la langue nationale.

Également dans ce numéro

Réforme des retraites et règles d’indexation
INSEE Analyses
Anthony Marino
Afin de contenir la progression des dépenses de pension par rapport au produit intérieur brut (PIB), le mode de calcul des droits à la retraite a connu ces dernières années de nombreuses modifications. La modération du poids des pensions est souvent attribuable à l’évolution des règles d’indexation. Depuis la fin des années 1980, l’indice des prix sert à revaloriser les pensions dans le secteur privé, principe qui a été étendu aux pensions de la fonction publique par la loi de 2003. Si les changements de règles d’indexation intervenus au fil des années contribuent en effet largement à contenir le poids des pensions dans le PIB, cette modération varie en fonction du niveau de la croissance économique : selon les hypothèses haute et basse, ce poids se situerait entre 12 et 15 % du PIB. Les réformes successives des systèmes de retraites ont ainsi rendu le ratio retraite/PIB plus sensible aux hypothèses macroéconomiques.

La valeur de la vie humaine en économie
Futuribles
Nicolas Treich
Dans le cadre de l’évaluation des politiques publiques, les services de l’État recourent à une multitude d’instruments économiques et d’indicateurs statistiques. La « valeur de la vie statistique » (VVS), concept statistique qui sert à mesurer l’effort consenti par la collectivité pour réduire le risque de décès d’un être humain, figure parmi ces outils. L’auteur décrit le mode d’évaluation empirique et de calcul de la VVS– indicateur très répandu aux États-Unis et dans les pays du nord de l’Europe – à partir de la mesure de l’impact d’une dépense, d’une réglementation ou d’un investissement sur le risque de décès d’un individu. S’il est imparfait, son usage s’avère de plus en plus utile pour l’aide à la décision dans les domaines de la santé et de l’environnement.

Le productivity puzzle au Royaume-Uni
Lettre Trésor-Éco
Emmanuel Bétry et al.
Durant la crise financière et économique de 2007-2008, la productivité a beaucoup baissé  au Royaume-Uni, ne se redressant que très faiblement depuis. Celle-ci se situait en effet à la fin de 2014, 2 points en dessous de son niveau du début de l’année 2008 et 15 points en dessous de celui qu’elle aurait atteint si elle avait suivi la tendance d’avant-crise. Le maintien d’une faible productivité dans ce pays est singulier tant du point de vue historique qu’au regard de la situation qui prévaut dans les autres pays développés. Ce choc de productivité a des conséquences importantes sur l’économie britannique et la résolution du productivity puzzle est un élément déterminant pour le policy-mix.

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