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Systèmes financiers

La monnaie, quel avenir ?

Problèmes économiques
N°3123 - Deuxième quinzaine 12/2015

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Editeur :

Année d'édition : 2015
Réf. : 3303332031238
64 pages, 21 x 27 cm

4,90

 

La monnaie s’est constamment adaptée aux mutations de l’activité économique. Compte tenu de la dématérialisation croissante des échanges, le XXIe siècle pourrait être celui de la disparition des pièces et des billets. De nombreux économistes s’interrogent en effet aujourd’hui sur l’opportunité de mettre progressivement fin à la circulation de la monnaie fiduciaire. Analyses et développements dans ce dossier.

Supprimons les billets de banque !
Financial Times

Kenneth Rogoff
L’abolition de la monnaie papier est une idée en vogue chez certains économistes qui la considèrent comme l’ultime instrument de répression financière. Kenneth Rogoff, ancien chef économiste du Fonds monétaire international, fait partie de ceux-là. Il avance deux arguments qui plaident en faveur d’une telle décision. Le premier concerne la lutte contre le crime organisé et l’économie souterraine. Supprimer la monnaie papier compliquerait sérieusement la tâche des criminels et des travailleurs clandestins dans la mesure où l’argent liquide est très répandu dans ces secteurs de la société. Le second argument à trait à la politique monétaire. L’abondance de liquidités physiques – dans un contexte où les taux d’intérêt sont proches de zéro – rend difficile la mise en œuvre d’une véritable politique de taux d’intérêt négatifs. Kenneth Rogoff admet que la suppression des billets n’est pas une entreprise facile à mener à terme. Aussi propose-t-il de commencer par retirer du circuit financier les grosses coupures.

L’efficacité limitée d’une suppression des billets
VoxEU. org
Dirk Niepelt
Le débat sur le rôle de la monnaie et le régime monétaire est récurrent. La difficulté de mettre en œuvre une politique de taux d’intérêt négatifs, mais également la volonté de lutter plus efficacement contre le crime organisé et l’évasion fiscale, ont relancé l’idée d’une suppression des billets de banque. Si cette idée présente certains avantages, l’efficacité d’une telle mesure serait sans doute plutôt limitée. Ceux qui recherchent l’anonymat peuvent en effet toujours recourir à mille autres moyens pour échapper à la surveillance. Quant à l’objectif poursuivi par la fixation de taux d’intérêt négatifs, c’est-à-dire favoriser la consommation et l’investissement, il peut également être atteint à l’aide d’autres instruments, notamment la politique fiscale.

La monnaie fiduciaire en France
Bulletin de la Banque de France
Elodie Ninlias et Ghjuvanni Torre
En 2014, les émissions nettes de billets en France ont représenté 4,2 milliards de coupures pour une contre-valeur de 108,3 milliards d’euros – en augmentation de 7,2 % en volume et de 6,2 % en valeur par rapport à 2013. Les émissions nettes de pièces sont également en hausse, mais avec une progression légèrement plus faible. La France se situe au deuxième rang en volume et au troisième rang en valeur des contributeurs à la circulation fiduciaire de l’Eurosystème : elle représente en volume près d’un quart des émissions nettes dans la zone euro, en valeur son importance est plus faible (10 %). Les habitudes de paiement varient donc nettement au sein de l’Eurosystème. En France, la coupure de 20 euros est de loin le billet préféré, il représente la moitié des émissions nettes en valeur. Au sein de la zone euro, le billet de 50 euros est la coupure la plus répandue.

L’avenir des moyens de paiement en France
Ministère de l'économie, des finances et de l'industrie
Georges Pauget et Emmanuel Constans
Aujourd’hui, le chèque et les espèces ont perdu leur rôle dominant comme moyens de paiement. Après la véritable révolution qu’a représentée l’essor de la carte bancaire, de nouveaux bouleversements sont en train de s’opérer : les paiements par l’internet ou le téléphone et les paiements sans contact. Ces transformations sont lourdes de conséquences pour les banques et remettent en cause leur modèle économique. En France, plusieurs objectifs ont été fixés par les pouvoirs publics afin d’assurer un bon fonctionnement des moyens de paiement : faciliter les règlements sécurisés en ligne, développer des moyens de paiement modernes en face à face, accompagner la diminution de l’utilisation du chèque, et, enfin, encourager l’émergence de modèles économiques performants, ouverts et concurrentiels.

Le bitcoin : une monnaie qui dérange
La Gazette de la société et des techniques
Nicolas Clausset et Arnaud Sellem
Le bitcoin, monnaie numérique créée en 2008 - dont on ne connaît pas le concepteur -, n’est régi par aucune banque centrale ni aucun gouvernement, mais par une vaste communauté d’internautes. Le développement de cet instrument de paiement a été relativement modeste jusqu’à la fin de 2013, période à partir de laquelle son cours a littéralement explosé. Bien que l’engouement pour le bitcoin soit depuis nettement retombé, nombre de ses partisans lui promettent toujours un avenir radieux. Il est vrai que cette monnaie revêt une utilité évidente : outre la possibilité d’effectuer des transactions sous respect de l’anonymat, elle permet de s’appuyer sur une monnaie à l’abri des crises systémiques des monnaies traditionnelles.

Le marché du paiement : vers un nouvel éco-système
La Tribune
Karim Terbeche
Le marché des moyens de paiement est en pleine mutation en raison notamment des avancées technologiques de l’informatisation et de la communication et de la diffusion du Smartphone. Si, jusqu’à présent, peu de choses ont changé dans la manière d’effectuer des paiements, il ne fait aucun doute que d’ici à quelques années il en ira tout autrement. Pour les banques, ces évolutions risquent d’être lourdes de conséquences, car les innovations dans ce domaine sont le plus souvent portées par des acteurs non bancaires. Les investissements consentis par les GAFA – Google, Apple, Facebook et Amazon – afin de créer un nouvel éco-système des moyens de paiement sont aujourd’hui considérables.

Également dans ce numéro

L’apprentissage au service de l’emploi
Les Notes du Conseil d’analyse économique

Pierre Cahuc, Marc Ferracci, Jean Tirole et Étienne Wasmer
Dans de nombreux pays d’Europe, l’apprentissage joue un rôle décisif pour insérer dans l’emploi les jeunes peu diplômés ou sans qualification. Ce n’est pas le cas en France. Le nombre d’apprentis a toutefois doublé entre 1992 et 2013, mais ce sont essentiellement des jeunes déjà diplômés  qui sont concernés par cet apprentissage. La proportion des jeunes apprentis sans diplôme a même chuté. Ces évolutions s’expliquent par plusieurs facteurs. Le circuit de la formation professionnelle est très complexe et compte de nombre intervenants qui n’œuvrent pas toujours au développement de l’apprentissage. La réforme du système d’alternance, dans le but de le rendre plus efficace, est également à l’ordre du jour.

La Silver Économie en plein essor
Géoéconomie

Numa Rengot
En France, la proportion des plus de 60 ans devrait passer d’une personne sur cinq en 2005 à une sur trois en 2035. Le vieillissement de la population qui touche particulièrement les pays développés peut constituer une réelle opportunité pour la croissance. La forte augmentation du nombre de seniors dans la population est en effet susceptible de servir de levier à des pans entiers de l’économie, que ce soit dans le secteur des services – services à la personne notamment – ou dans celui des technologies avancées comme la robotique et la domotique. Le gouvernement français s’est fixé comme objectif majeur suivant en cela l’exemple du Japon, un pays confronté depuis plusieurs années déjà au vieillissement de la population - de favoriser l’essor de l’ensemble des activités dédiées aux seniors, à savoir le secteur en plein essor dela  Silver Économie.

Parle-t-on mal d’économie dans les médias ?
Idées économiques et sociales

Yannick Boireaud, Tatiana Carlson, Martin Fournier, Xavier Le Berre Castillo et Claire Rimbaud
Les enquêtes du Conseil sur la diffusion de la culture économique (Codice) auprès des Français montrent que si ces derniers portent un réel intérêt aux questions économiques, ils déclarent éprouver de grandes difficultés à comprendre les informations relayées par les médias. Il en découle une certaine méfiance vis-à-vis de l’économie, plus forte chez les jeunes et les moins diplômés. D’une manière générale, les personnes interrogées souhaitent que la presse fasse preuve de davantage de pédagogie en matière d’information économique.

 

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Problèmes économiques extrait les articles les plus pertinents de la presse française et internationale pour donner une analyse distanciée de l'actualité économique

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La revue Problèmes économiques est née le 7 janvier 1948 de la fusion du Bulletin hebdomadaire d'informations économiques édité par la Documentation française et de la Revue hebdomadaire de la presse économique française publiée par le Centre national d'information économique (CNIE) de l'INSEE.

Elle a pour vocation, et ce dès son origine :

  • de rendre accessible au plus grand nombre l'information économique et sociale ;
  • d'être un outil de travail et de réflexion ;
  • de refléter ce que les revues françaises et étrangères, les instituts de conjoncture, les organisations internationales, les centres de recherche publient.

La revue est structurée autour d'un thème illustré par quatre ou cinq articles issus de revues françaises ou étrangères. Des articles indépendants viennent compléter le dossier.


Chaque année, deux numéros hors-série approfondissent, à partir d'articles inédits, des questions centrales de la science économique.

L'ensemble de ces numéros constitue une véritable collection, indispensable pour comprendre les grandes questions économiques.

Parution bimensuelle

 

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