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Vie économique

Economie collaborative, une révolution ?

Problèmes économiques
N°3128 - Première quinzaine mars 2016

Auteur(s) :

Editeur :

Année d'édition : 2016
Réf. : 3303332031283
64 pages, 21 x 27 cm

5,00

 

Le début du XXIe siècle est marqué par l’avènement de nouveaux modèles économiques qui voient s’estomper les limites traditionnelles entre producteur, distributeur et consommateur. Dopée par la révolution numérique, l’économie du partage ou share economy est aujourd’hui en plein essor. Organisation de pair à pair, elle ne doit pas être toutefois confondue avec l’économie collaborative ou l’économie sociale et solidaire.

L’économie du partage, une alternative au capitalisme ?
Sciences Humaines

Jean-François Dortier
En plein essor, l’économie du partage – covoiturage, colocation, coworking, crowdfunding, etc. – tend à modifier profondément nos manières de consommer, de voyager, de se loger, voire de produire.  Pour certains économistes, comme l’américain Jeremy Rifkin, elle devrait à terme révolutionner le modèle socio-économique dominant que nous connaissons aujourd’hui. Toutefois, la notion d’économie de partage ou d’économie collaborative rassemble une telle diversité de modalités économiques – le don, le prêt, la location-vente, le troc, l’achat en commun, etc. – qu’il est difficile d’en donner une définition univoque. Elle tend en outre à se diluer dans l’économie de marché. L’auteur rappelle également que certaines activités de l’économie collaborative sont le produit d’une économie de crise : elles sont davantage vouées à panser les maux du capitalisme qu’à le remplacer.

Partager pour mieux consommer ?
Esprit

Valérie Peugeot et al.
L’économie du partage puise ses racines dans la contre-culture des années 1970-1980 aux États-Unis, notamment à San Francisco. Il s’agit, en effet, après un demi-siècle de consommation de masse, de créer une société plus horizontale, plus connectée, octroyant davantage de pouvoir au consommateur. Qu’en est-il aujourd’hui exactement ? D’après les résultats de l’étude que les auteurs ont menée auprès de plusieurs dizaines de consommateurs, il semblerait que les motivations des utilisateurs de plateformes collaboratives soient avant tout financières. En outre, nombre des transactions rendues possibles par ces plateformes numériques ne sont en rien concernées par la promesse du « partage des usages » et de la dépossession. En revanche, ceux qui choisissent de céder leurs biens, sur eBay ou Le Bon Coin notamment, semblent plutôt aspirer à une forme d’économie circulaire.

Quelles promesses économique et environnementale ?
IDDRI

Damien Demailly et Anne-Sophie Novel
Les biens « partageables » – qui peuvent faire l’objet de revente, de don, de troc, de location de court terme ou encore d’emprunt (monétarisés ou non), entre particuliers ou par l’intermédiaire d’entreprises ou d’associations – représentent environ un quart des dépenses des ménages et un tiers de leurs déchets. En augmentant la durée de vie d’usage de produits « consommateurs de ressources », le partage de ces biens permettrait d’économiser jusqu’à 7 % du budget et 20 % des déchets des ménages. L’économie du partage est-elle désormais à considérer comme un véritable outil de la transition écologique ? C’est à cette question que les auteurs tentent de répondre.

Quels effets sur la croissance et la productivité ?
Forbes

Frances Coppola
L’économie du partage peut-elle devenir un moteur de croissance ? Cette question suscite aujourd’hui un certain nombre de débats. Le 21 octobre 2015, Tim Worstall, directeur de recherche à l’Institut Adam Smith, un think tank britannique, a publié dans le magazine américain Forbes un article pour défendre cette idée intitulé « [Izzy] Kaminska et [Frances] Coppola ne comprennent rien à la croissance économique ». Frances Coppola – a répondu par deux articles parus dans le même magazine, fin octobre et début novembre, dans lesquels elle explique que, contrairement à ce qu’affirme Tim Worstall, l’économie du partage ne favorise pas la croissance ni la productivité et ne crée pas d’emplois.

Les dangers de l’« ubérisation » du monde
Le Monde diplomatique

Evgeny Morozov
Uber, créée en 2009 et basée à San Francisco aux États-Unis, est une entreprise technologique qui développe et exploite des applications pour smartphones permettant de mettre en contact direct des utilisateurs et des chauffeurs proposant des services de transport. Le développement des activités de Uber ont, dans de nombreux pays, déclenché la colère des chauffeurs de taxis qui accusent l’entreprise américaine – et les sociétés de véhicules de tourisme avec chauffeur (VTC) en général – de concurrence déloyale notamment en raison de la faible réglementation du travail de ce type de service. L’auteur met en garde contre une tendance à l’« ubérisation » de la société, c’est-à-dire l’extension à d’autres secteurs d’activités d’une forme de précarisation. 

Un modèle fiscal et social à inventer
Alternatives économiques – Les Dossiers

Nicolas Lagrange
Si les distorsions des règles de la concurrence, l’optimisation fiscale, la main-d’œuvre bon marché, la réduction des droits sociaux, etc., ne sont pas des pratiques spécifiques aux activités de l’économie collaborative, comme celles d’Airbnb ou de BlaBlaCar, elles ont tout de même tendance à en constituer les principales caractéristiques. Règlementer ces activités, voire les interdire, risquerait de freiner le développement de l’économie collaborative, qui répond à une demande existante, et de favoriser la création d’un marché clandestin. Le Conseil national du numérique (CNNum) a recommandé au gouvernement, dans un rapport publié en 2015, de procéder à une régulation fiscale par seuil imposable et par secteur. D’autres proposent d’autoriser les activités de l’économie collaborative à condition que les bénéfices réalisés en France y soient déclarés.

Également dans ce numéro

Le retour de l’histoire économique ?
La Vie des Idées

Guillaume Calafat et Éric Monnet
Depuis plusieurs décennies, on observe une certaine désaffection de la science économique pour l’histoire, tant dans le cadre de l’enseignement à l’université que des programmes de recherche. Mais depuis la crise de 2008, la plus grave depuis celle des années 1930, le recours à l’histoire économique a permis de mieux comprendre cet événement et de nourrir le débat politique. Le succès grandissant des ouvrages d’histoire économique, comme celui du Capital au XXIe siècle de Thomas Piketty, paru en 2014, semble être le signe d’un retour au premier plan de cette discipline.

Les capitaux redécouvrent l’Afrique
Études

Alain Faujas
L’Afrique est devenue le continent de tous les espoirs. Les investisseurs découvrent que les perspectives de développement des 54 pays africains sont considérables avec l’émergence d’une importante classe moyenne qui aspire à la stabilité politique et à de meilleures conditions d’existence.  Les fonds privés se substituent désormais aux bailleurs de fonds multilatéraux ou publics. Les investissements en provenance des pays du Sud dépassent progressivement ceux des pays développés. Si cette amélioration de la situation économique est indéniable, elle ne doit toutefois pas  faire oublier que les handicaps de l’Afrique n’ont pas disparu : une épargne locale étique, des infrastructures en piteuses état ou inexistantes, un système bancaire embryonnaire, une aggravation des inégalités  et  une croissance insuffisante pour créer les emplois dont le continent a cruellement besoin.

Le dialogue social allemand à l’épreuve
Regards sur l’économie allemande
René Lasserre
L’efficacité du dialogue social, c’est-à-dire les modalités de concertation et de coopération entre les parties prenantes au sein des entreprises afin d’opérer un partage socialement équilibré de la valeur ajoutée entre le travail et le capital, est une donnée essentielle au bon fonctionnement du marché du travail et à la cohérence de la société. Le dialogue social tel qu’il est pratiqué en Allemagne fait souvent figure de référence. Il repose sur la stabilité des règles et pratiques qui ont fait leur preuve depuis 1948. Pourtant, un certain nombre de conflits très récents, notamment dans les transports ferroviaire et aérien, semble ébranler la qualité de la négociation collective outre-Rhin. En effet, cette dernière se trouve confrontée aux conséquences déstabilisantes de la montée des corporatismes catégoriels, remettant en cause l’un des principes fondamentaux du dialogue social allemand, celui de l’unicité de la représentation professionnelle.

 

 

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