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Tourisme, loisirs, sports

A l'ère du sport business

Problèmes économiques
N°3131 - Deuxième quinzaine avril 2016

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Année d'édition : 2016
Réf. : 3303332031313
64 pages, 21 x 27 cm

5,00

 

Le secteur du sport a connu durant de longues années un taux de croissance supérieur à celui du PIB mondial. La médiatisation des événements sportifs et la commercialisation des produits dérivés en font aujourd’hui une activité économique très rentable.

État des lieux de l’économie du sport
Observatoire géostratégique du sport
Entretien avec Wladimir Andreff
Pendant des années, le secteur du sport a connu un taux de croissance supérieur à celui du produit intérieur brut (PIB) mondial. Depuis 2008, il est également touché par la crise, mais la dynamique du sport de haut niveau et l’intérêt croissant de certains pays, notamment d’Asie centrale et du Golfe, soutiennent sa croissance. Pour les pays émergents, l’investissement dans le sport est avant tout un moyen de diversifier leurs économies. En ce qui concerne les ligues professionnelles, l’opposition entre les modèles de ligues ouvertes et fermées continue à animer les débats. Si le système des ligues fermées se rapproche en Amérique du Nord d’une forme d’économie planifiée, les ligues européennes sont, elles, confrontées au monopole des équipes les plus performantes, ainsi qu’à l’endettement croissant des clubs.

Droits du football : la surenchère
The Conversation
François Lévêque
Les transferts et les salaires des joueurs de football coûtent de plus en plus cher aux clubs. Les fonds qui permettent de financer ce système proviennent pour l’essentiel des droits de retransmission télévisée. En Angleterre, le championnat le plus riche du monde, le montant des droits que se partagent les clubs a été multiplié par huit en quinze ans. Les chaînes de télévision, intéressées par la retransmission des matchs de football sont mises en concurrence via un système d’enchères séquentielles qui entraîne une inflation des droits. Les acheteurs finissent par verser à la ligue professionnelle des montants équivalant à la totalité des profits escomptés auprès des abonnés et annonceurs de publicité.

Les clubs dominants du football professionnel
VoxEU. org       
Stefan Szymanski
La domination qu’exerce un nombre restreint de clubs est une caractéristique que partagent presque toutes les ligues de football. Ce phénomène s’observe indépendamment de la taille de la ligue ou du pays dans lequel la compétition se déroule. Souvent cette suprématie est associée à l’absence de concurrence. Cependant, dans les compétitions de football il s’agit d’une domination qui s’exerce en présence d’une concurrence. Une telle situation peut également être observée sur le marché des boissons sucrées : l’accès à ce marché n’est ni difficile, ni onéreux. Pourtant, Coca-Cola domine le secteur grâce à la notoriété acquise au moyen d’un budget colossal consacré à la publicité qui lui permet d’éloigner la menace des concurrents. Dans le football, un mécanisme similaire est à l’œuvre : les équipes victorieuses attirent les supporteurs et les revenus. Un nombre restreint de clubs prospèrent et deviennent ainsi des clubs dominants.

Le sport : une régulation insuffisante
Frankfurter Allgemeine Zeitung
Christian Eichler
Scandales de dopage, dérives financières, pots-de-vin… : une certaine défiance s’est aujourd’hui installée vis-à-vis du sport et notamment de ses instances dirigeantes. On leur reproche d’être devenues des structures inadaptées, incapables de se réformer. Dans de nombreux cas, les fédérations sportives sont en effet restées figées dans des formes établies au XIXsiècle quand le sport moderne est né sous le modèle de l’amateur-gentleman. Cette organisation repose sur la confiance, les systèmes de contrôle et la transparence y étant bien souvent inexistants. Face à l’importance des enjeux financiers et symboliques qui caractérisent le sport moderne, les instances dirigeantes sont souvent dépassées.

Tour de France : le spectacle et l’argent
La Vie des idées
Jean-François Mignot
Le cyclisme s’organise dès ses débuts comme un sport professionnel dans lequel les coureurs s’affrontent pour rafler les primes de course. Le Tour de France, créé en 1903 par le quotidien sportif L’Auto, s’inscrit dans ce contexte. Le Tour est aujourd’hui la course cycliste le plus prestigieuse au monde. L’essor de la société de consommation, de la civilisation des loisirs et des médias de masse a fait de cet événement sportif un véritable spectacle dans lequel les gains des coureurs ont toujours joué un rôle important. Les primes offertes qui s’ajoutent aux salaires mensuels fixes, doivent être suffisamment élevées pour attirer les meilleurs coureurs et pour les motiver à lutter pour la victoire. Depuis 1903, ces primes ont beaucoup varié, à la fois par rapport au revenu d’un salarié français moyen ainsi qu’entre le vainqueur de l’épreuve et un coureur moyen du Tour.

Sport et politiques publiques : vers une réorientation
Rapport public  – Synthèse
Cour des comptes
L’État joue un rôle majeur dans l’organisation et la régulation des activités sportives. Les montants financiers alloués à leur développement sont considérables: 4,3 milliards d’euros par an. Cependant, l’essentiel de l’effort financier est assuré par les collectivités : elles prennent en charge environ 70 % des dépenses publiques liées au sport. En ce qui concerne l’État, il poursuit deux grands objectifs : faire accéder le plus grand nombre de citoyens à une large variété de disciplines sportives et à amener la Franceà figurer parmi les nations les plus performantes dans le sport de haut niveau. Dans ces deux domaines, l’action publique mérite d’être réformée, selon un récent rapport de la Cour des comptes, qui souligne que l’intervention de l’État manque d’efficience et d’efficacité.

Également dans ce numéro

Crédits bancaires aux entreprises : à qui profitent les taux bas ?
Bulletin de la Banque de France
Sanvi Avouyi-Dovi et al.
Les taux d’intérêt des crédits bancaires aux entreprises ont baissé très nettement en France ces dernières années. Cette baisse, qui s’inscrit dans le cadre de la politique monétaire de la Banque centrale européenne (BCE), a surtout été sensible après la crise de 2008, la remontée des taux avec la crise de la dette souveraine dans la zone euro n’ayant été que de courte durée. Malgré cette baisse générale, la fourchette des taux pratiqués par les banques demeure assez importante. On constate même une tendance à une plus forte dispersion des taux depuis la crise. Par ailleurs, la proportion de crédits à taux bas accordés à des entreprises en difficulté a augmenté avec la crise mais elle reste faible. L’idée selon laquelle les banques maintiendraient en activité des entreprises insolvables grâce à une politique de taux particulièrement bas ne se vérifie pas dans les faits.

Situation et perspectives de l’économie russe
Géoéconomie
Entretien de Jean-François Daguzan avec Eugène Berg
Depuis 2014,l a Fédération de Russie fait face à une grave crise économique. La baisse du prix du pétrole – - 75 % entre 2014 et 2016  – a en effet provoqué une forte diminution des réserves financières et une chute importante du rouble. Les perspectives ne sont guerre encourageantes, dans la mesure où l’économie connaît également un taux d’inflation élevé (entre 10 et 12 % en moyenne), des salaires réels décroissants, une productivité du travail faible, et un secteur informel qui représente entre 20 et 25 % de la richesse nationale. Selon l’auteur, le pays ne pourra sortir de l’impasse que s’il parvient à limiter l’extrême spécialisation sectorielle de son économie – autrement dit à réduire sa dépendance à l’égard des ressources énergétiques et des matières premières – et à favoriser l’innovation.

Les maisons de vente face à la baisse du marché de l’art
Financial Times

Josh Spero et Mary Childs
Après dix années de prix record, les principales maisons de vente aux enchères d’art, Sotheby’s et Christie’s, font aujourd’hui face à un ralentissement du marché. Le résultat des grandes ventes d’art impressionniste et moderne  s’inscrit en effet nettement en baisse par rapport à celles de 2015. Ces ventes décevantes surviennent de surcroît à la suite d’un plan de départs volontaires chez Sotheby’s qui a réduit le nombre de ses collaborateurs de 5%. Les  difficultés rencontrées aujourd’hui par les maisons de vente s’expliquent par la conjonction de plusieurs facteurs : une correction du marché de l’art après dix années florissantes sur fond de ralentissement de l’économie mondiale – en particulier des pays émergents comme la Chine, la raréfaction des chefs d’œuvre susceptibles d’atteindre des prix records ainsi que les limites du  business model des maisons de vente, reposant sur un système de garantie accordé à l’acheteur et au vendeur,  qui finit par réduire à néant le profit.

 

 

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1 commentaire

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clarisse75, le jeudi 12 mai 2016 11:27:20
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Wladimir Andreff
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